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While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude

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MessageSujet: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Ven 2 Oct 2009 - 18:56



    While you can't change the Past...
    Beware, Futur can always turn around...



    Jude Ersley & Chiyo Kiyomi




    Cher journal,

    Pour la première fois depuis quarante et un jours, j’ai passé la nuit dans une autre maison que la mienne. Maia voulait que je passe la nuit chez elle, et elle a insisté alors que j’avais déjà décidé de refuser sans même avoir le temps de le faire. Tout le monde insiste, tout le monde veut me voir me remuer, j’ai l’impression. Mon père ne sait toujours pas comment s‘y prendre avec moi, et ça me va parfaitement comme ça. Je n’ai jamais aimé être trop distante avec lui, mais je ne suis pas prête à lui parler, pas prête à lui parler de celui que j’aime et que j’aimerai toujours, toute ma vie. Mon père ne peut pas comprendre cela, je sais bien ce qu’il a longtemps pensé et pense certainement toujours de celui à qui j’ai donné mon cœur, et je ne veux pas voir la pitié dans les yeux de mon père. Jamais. Je vois déjà la compassion en lui, c’est suffisamment difficile. Maia est souvent là, mais Enzo est là en permanence, comme s’il craignait que je ne me sente trop seule. Je suis consciente qu’il fait tout cela pour moi, je le remercie autant que je l’aime, mais je n’arrive pas à apprécier ses efforts à leur juste valeur. Il parvient même à m’agacer sans le vouloir, simplement par le fait d’être là, avec moi, à essayer de me faire sourire alors que le cœur n’y est pas. Depuis mon retour à l’université, j’ai l’impression de le voir partout. Lui, pas Enzo, même si c’est vrai que ce dernier aussi semble être à chaque angle de mur. Ce sont comme des hallucinations que me font plus de mal encore que si je ne voyais rien, si je demeurais dans le néant comme j’y suis restée plusieurs semaines.

    Je n’ai pas de nouvelles. Rien, absolument rien, seuls ses parents sont autorisés à garder contact avec lui, et j’ai l’impression qu’ils m’évitent chaque fois que je les croise à côté de chez moi, ce qui me fait peur. Ça me conduit à penser qu’ils se refusent à me donner de mauvaises nouvelles donc préfèrent ne pas avoir à m’aborder. C’est le flou le plus total, non pardon. Le néant. Comme le précipice qui se creuse dans mon cœur à chaque jour, chaque heure, chaque minute que je passe loin de lui. Je ne vois plus les jours passer, mais je ne vois pas non plus l’avenir, je me sens comme si je me trouvais prise au piège entre deux montagnes et que je ne pouvais voir au dessus d’aucune. L’une est barrée, je ne peux rien changer au passé. Je sais qu’il est derrière l‘autre, mais elle est bien trop infranchissable. Même si j’y mettais toute ma force, il faudrait qu’il vienne me hisser jusqu’au sommet. Dieu, j’espère tellement que tout va bien pour lui…

    Contre toute attente, la nuit que j’ai passé chez les Ersley a été la plus calme de toutes depuis son départ. Même s’il est absent, être chez lui me fait du bien, passer devant la porte de sa chambre fermée me rappelle que je ne suis pas la seule à l’attendre, et ça m’a apaisée, jusqu’à ce que je revienne ici. J’ai lutté de nombreuses heures contre le sommeil par peur de me mettre à hurler au beau milieu de la nuit et d’alerter toute la maison, tout en révélant à Enzo mon véritable état que je ne laisserais paraître pour rien au monde. Pourtant, j’ai finit par m’endormir, et rien. Pas de rêves, mais pas non plus de cauchemars, pour la première fois depuis qu’il est parti. Rien. Mais je suis rentrée, et j’ai terminé ma courte nuit une fois de nouveau dans ma chambre, et alors que je me sentais apaisée bien que chamboulée par le calme dont j’avais fait preuve la nuit dernière, je me suis remise à rêver. De lui, de ce qu’il a fait, de ce qu’il pourrait faire, de ce qui pourrait lui arriver, du moment où j’ai apprit qu’il partait loin d’ici en me laissant derrière lui… Mon père est arrivé, m’a sortie de mon sommeil, pour la quarantième fois. Il est patient, mais je commence à avoir peur qu’il s’inquiète vraiment à mon sujet. Je sais qu’il espère que ça passera, mais c’est toujours aussi douloureux, si ça n’est pas pire avec le temps. Si, je le sais, c’est pire. Mais je souris. Hier encore, j’ai répété douze fois que j’allais bien, j’ai forcé mes joues à sourire sept fois et me suis empêché de pleurer quatre fois. Je ne sais pas si mon jeu fonctionne en dehors de chez moi, mais pour le moment, personne ne semble se rendre compte de rien.

    30 Octobre 2009



    ***



    - Chiyoooo ?
    - Maiaaaa ?
    - Tu viens demain, pas vrai ?
    - Demain ? Où ? Pourquoi ?
    - Ne fais pas comme si tu ne t’en souvenais pas…
    - Mais écoute, je t’ai déjà dit que je ne voulais pas en entendre parler…
    - Mais ça va être génial ! Ça n’arrive que rarement !
    - Super, qu’ils pensent à le refaire dans ma prochaine vie, que je puisse en profiter…
    - Allez Chiyo, je te PROMET que tu seras contente, que tu t’amuseras…
    - Non… C’est pas mon truc…
    - Je m’en fiche, j’t’embarque.

    Elle soupira. Non, elle n’irait pas à cette fête, ni à n’importe quelle autre. Elle ne voulait pas avoir à se mêler dans la foule, à supporter le brouhaha, la musique trop fort au son de mauvaise qualité qui vous grillait instantanément les tympans si vous aviez le malheur de passer trop près des enceintes… Elle aimait, les parc d’attraction. Habituellement. Mais aujourd’hui, et depuis plus d’un mois, pour être exacte un mois et une semaine et demi, presque deux tiers, elle n’avait pas envie de s’amuser.

    Neuf heures, samedi matin. Elle ne dormait pas, rien d’étonnant. Elle avait prit sa douche à trois heures du matin, histoire de se donner quelque chose à faire pour occuper ses insomnie qu’elle savait bien trop puissante pour qu’un somnifère y fasse quelque chose. De toute façon, elle n’aurait rien avalé. Elle ne voulait pas dormir. Les médicaments n’empêchaient pas de rêver, de cauchemarder, et c’est-ce dont elle avait le plus peur. Assise en tailleur sur son lit qu’elle n’avait même pas défait, les cheveux attachés en arrière à l’aide d’une pince, elle tenait dans sa main un petit carnet à dessin rouge dont elle parcourait les rebords ainsi que la couverture du bout des doigts, silencieuse. Ce carnet appartenait à Jude, tout comme les quelques autres qui étaient soigneusement rangés dans le tiroir de sa table de chevet. Presque un mois et demi, et elle n’avait rien ouvert, elle ne faisait qu’en contempler l’extérieur, à la fois curieuse d’y jeter un coups d’œil sans pourtant en avoir envie, paradoxalement. Elle s’était promis qu’elle attendrait de pouvoir regarder les dessins que contenaient ces carnets pour pouvoir le faire avec lui. Elle ferma les yeux, se l’imaginant un instant. Si seulement il pouvait l’appeler, lui montrer un signe de vie, juste pour qu’elle prenne une bouffée d’air entre deux passages au beau milieu d’une maison incendiée…

    Elle sursauta. Quelqu’un venait de sonner à la porte. Son père était déjà parti, son travail de médecin l’obligeant souvent à travailler le week-end. Soupirant, elle entreprit de descendre doucement de son lit, sortir de sa chambre, descendre à l’étage inférieur jusqu’à la porte d’entrée, qu’elle ouvrit sans même entreprendre de regarder par la fenêtre la plus proche de qui il s’agissait. Comme de beaucoup de choses en ce moment, elle s’en moquait plutôt…

    - Salut ! Ha bah t’es prête, c’est super ! Je savais que tu allais changer d’avis !
    - Pardon… ? De quoi est-ce que tu… ? Oooh ! Oh non non non Maia je.ne.viens.pas.
    - Bien sûr que si, tu viens ! Ça va être super ! Tout le monde est debout à neuf heures pour ça ! Même moi è.é Allez allez, mets tes chaussures !
    - Mais non mais…
    - Tututut ! Pas de mais. On a un tas de petit monde à retrouver alors dépêche toi chintokounette !


    ***



    - Je n’arrive pas à croire que tu m‘aies trainé ici…
    - Ne t‘inquiète pas, tu ne vas rien regretter…
    - J’veux rentrer…
    - Mais Chi ! Bon on va retrouver qui on a à retrouver ensuite tu verras, j’te laisserais tranquille, mais j’suis sûre que tu vas t’amuser !

    Elle l’entraîna entre un stand de friandises et un autre où le principe était de tirer des ficelles pour essayer d’attraper la plus grosses peluches en direction du point culminant de la fête foraine installée sur la plage de Santa Monica, la grande roue. Chiyo était entourée de raisons pour lesquelles elle comprenait sa décision passée de pas venir ici. Premièrement, cette fête grouillaient de jeunes couples qui se déplaçaient main dans la main d’attraction en attraction. Elle n’en voulait à aucun d’entre eux, elle ne les enviait même pas, elle s’en fichait. Elle faisait comme si, en tout cas, passant à côté en se faisant la stupide remarque qu’elle ne faisait pas attention à leur présence alors que de toute évidence, puisqu’elle y pensait, c’était bien que le contraire s’imposait à elle-même. Deuxièmement, la dernière fois qu’elle était venue sur cette plage, c’était avec Jude. Lui et elle avaient marché des heures durant au bord de l’eau, avaient même participé à une fête arrosée ici même, et tout ces souvenirs lui frappaient l’esprit si bien qu’elle ne pouvait rien dire d’autre que des « Je veux rentrer… » tandis qu’encore et toujours, elle retenait les larmes qui, propulsées par son cœur douloureux, ne demandaient qu’à voir le jour. Maia lâcha sa main qu'elle tenait fermement pour l'obliger à avancer, elle en profita pour rester en arrière, ne désirant pas se mêler aux autres aujourd’hui. Son portable vibra dans sa poche. Elle l’en extirpa rapidement, marchant sans regarder devant elle, suivant quand même son chemin jusqu’à la grande roue où Maia disait devoir retrouver les autres….


Dernière édition par Chiyo Kiyomi le Sam 7 Nov 2009 - 7:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Mer 7 Oct 2009 - 13:27

    Toute cette histoire s'était déroulée un vendredi soir, comme quoi, Jude aurait au moins pu suivre sa première semaine de cours à l'université. Et ce vendredi là, tout semblait s'être allié pour faire de cette journée une des pires de son existence, certainement. Tout d'abord, la disparition de Brittany, puis de son site internet. Ensuite des disputes incontrôlables avec ses parents, pour suivre avec une chamaille avec nul autre que sa petite amie, Chiyo. Et enfin, comme partie principale du spectacle, sa propre disparition, à quelques centaines de kilomètres de Los Angeles. Comme quoi, ses parents avaient décidés de l'envoyer loin d'eux cette fois-ci, pensée que ne put s'empêcher d'émettre Jude. C'était sûr, à plus de six cent kilomètres de Los Angeles, il ne pourrait pas vraiment leur causer de tort. Il débarquerait dans une nouvelle ville, sans réputation, sans même devoir en avoir une, puisqu'il serait interné dans un charmant centre de « soins ». Au moins, là-bas, il ne pourrait embarrasser personne de son proche entourage. Avec un peu de chance, il se ferait même oublier, lui et le mal qu'il a causé tout autour de lui sans même s'en rendre compte, aussi égoïste cela puisse paraître. Jude Ersley égoïste, qui l'eut cru. Mais en fait, en étant égoïste, il avait œuvré pour ne pas l'être. Il avait agit par égoïsme en cachant à tout ses proches ses problèmes et ses douleurs, sans se rendre compte que par ces secrets, il les blessait, son premier but ayant été justement, de les préserver, de ne pas les inquiéter. C'était loupé.

    Après avoir formulé ses au revoir à Chiyo et sous la requête de sa mère, Jude se rendit où se situaient ses frères et soeurs. Ou plutôt, son demi-frère, sa demi-soeur, son frère jumeau, puis sa soeur. Beaucoup de mortels auraient apprécié ne jamais entrer dans cet espèce de centre des loisirs publics pour ne pas avoir à annoncer ce genre de nouvelles à ceux avec qui ils vivaient principalement. Beaucoup auraient appréciés partir loin, sans même se donner la peine d'avertir, question que le tout soit moins dur. Mais ce n'était pas raisonnable, et ça, c'était égoïste. De plus, ça reflétait l'impression que Jude s'en fichait éperdument de sa famille, ce qui était faux. Liam, ce résidu de poulpe ménauposé, il ne l'aimait guère, mais les trois autres, ils en valaient largement la peine.

    « Jude ! Tu viens jouer ? Chiyo est là aussi ? »
    « Non... Et elle est rentrée. Je passe en coup de vent, pour vous dire au revoir... Les parents m'envoient à six cent quatre kilomètres d'ici pour avoir la paix. »
    « Ha ! Une des meilleures décisions qui soient. »

    La remarque cinglante de Liam passa presque inaperçue, bien que les trois autres semblèrent avoir une sorte de rictus comme si leur frère aîné venait de faire crisser ses doigts sur un tableau noir. Mais c'était surtout l'incompréhension des plus totales qui régnait, le temps que la réflexion se fasse dans leur petite tête d'abasourdis, ou plutôt, le temps que Liam s'impatiente :

    « Vous vous grouillez oui ? Dites lui au revoir qu'on reprenne la partie et que je vous anéantisse tous comme de vulgaires et insignifiantes fourmis. »

    Jude jeta un coup d'oeil au trio immobile, attendant patiemment que les statues se mouvent, se faisant néanmoins à l'idée de partir sur cette note là, tant son père pouvait être impatient quand il le voulait. Toutefois, Leah finit par s'animer, se prenant maladroitement les pieds dans les pieds de la table et écrasant ceux de son frère aîné qui grogna au passage, pour finir tel un boulet dans les bras de Jude, imitée ensuite plus habilement par Maia et Enzo.

    « Fais attention à toi p'tit frère. Prend garde aux escaliers et fait bien tes lacets... »
    « Entendu... » répliqua un Jude amusé.
    « J'te déteste, tu l'sais ça ? T'as intérêt à venir illico presto pour mes devoirs, capitch ? »
    « J'vais essayer... »
    « Non, tu vas réussir mon idiot de frère... »
    « On s'revoit bientôt Jude. »
    « Veilles sur Chiyo, hein, et sur Maia et Leah, et Brittany et... »
    « Je veillerai sur le monde entier, mais toi, prends soin de toi. »
    « Surtout, reste aussi longtemps qu'il le faudra ! »

    Après un dernier regard noir lancé à Liam, Jude quitta sa fraternité pour affronter ce qui devrait être un nouveau chapitre à sa vie.

    ***


    Ce qu'il faut sûrement pour oser affronter tout ses démons et parvenir un jour à sortir triomphant de ces batailles-là sont de la détermination, de la motivation, et accessoirement, une bonne petite dose d'optimisme. Après, ça devrait finir par aller tout seul. Sauf que bien entendu, on ne guérit par d'une dépression comme d'une mauvaise journée. La mauvaise journée, on y survit et le lendemain, on l'oublie. La dépression, c'est un amas de mauvaises journées désordonnées et brouillées qui nous oppresse continuellement. Et dans ces cas-là, il faudrait un énorme cocktail de détermination, motivation et optimisme dans sa poche.

    La première semaine au centre fut et demeura certainement la pire que Jude ait vécu à San Francisco. D'accord, c'est souvent le cas lorsqu'on déménage, le temps de s'adapter, de prendre ses marques. Ensuite, on finit par se faire une raison et se faire à sa nouvelle vie. Sauf que dans le cas de Jude, cette première semaine ressemblait plutôt à l'extermination de sa vie. Simple base logique, on se rend compte du prix de ce qu'on possède que lorsqu'on le perd. Ainsi, même si Jude pouvait être malheureux, il était bien facile de lui donner un encore plus grand désarroi en le privant de ce qu'il lui restait. Des affaires futiles, ou au contraire, bien précieuses, telles que le collier que Chiyo lui avait confié, mais qu'on apprécie énormément lorsqu'on les récupère. C'était d'ailleurs une des stratégies du centre. On prive les patients de tout ce qu'ils ont, absolument tout, le moindre confort possible, comme si on les enverrait dans les tranchées de la seconde guerre mondiale sans le moindre équipement, et lorsque ces patients le « méritent » en réussissant par eux-mêmes à trouver le bonheur dans leur nouveau malheur, on leur offre une minime dose de leur liberté, de leur affaires personnelles ou de leur confort. Simple, presque cruel, mais tellement efficace et motivant. C'est ainsi que Jude se retrouva une semaine en solitaire dans une salle en retrait de l'établissement. Presque enfermé comme un prisonnier, avait été sa première pensée. Il avait même eut le costume d'ailleurs, avec le magnifique habit de malade du centre. Comme s'il allait se faire opérer, c'était dingue et extrêmement flippant. Mais bien heureusement, les jours avaient finit à passer, lentement, mais sûrement, jusqu'à l'arrivée de ce qui serait la première psychologue – et sans doute la seule – qui plut à Jude. A la base, il lui en aurait presque voulu de l'enfermer comme un rat et de lui donner l'impression qu'il n'existait même plus, mais il fallait avouer que de la compagnie ne se refusait pas, n'est-ce pas. C'est ainsi qu'adossé au mur et assis sur le plancher dallé de sa salle qu'il l'avait observé scrupuleusement, méfiant et silencieux. Après tout, elle pouvait très bien venir pour l'envoyer dans un endroit encore pire que celui-là, même s'il fallait l'avouer, cette salle possédait un certain charme cauchemardesque.

    « Bonjour, Jude »

    Wah, flippant, on aurait presque dit la réplique féminine de Jigsaw dans les Décadence, si bien que le « Jude » en question se leva, plaqué au mur froid, s'attendant presque à devoir retirer une clef derrière son orbite.

    « Je me présente, je m'appelle Alysun, mais tout le monde ici m'appelle Sun. »

    « Sun », quelle ironie. Une psychologue qu'on appelle comme le Soleil, comme cette immense étoile de feu qui cramerait quiconque s'en approcherait. Sun, psychologue, ça y est, ça le faisait presque sourire.

    « Ça doit te faire plaisir d'avoir de la compagnie, non ? »

    De la compagnie d'une boule de feu, oui, évidemment que ça lui faisait plaisir. Mais le mieux devait certainement être d'avoir autre chose à regarder que les coins de la salle. Jude commençait par connaître le décor par coeur, ainsi, une toute autre vision était rafraîchissante, il fallait l'avouer.

    « Est-ce que tu voudrais me dire quelque chose ? »

    Comme quoi ? Qu'il était épuisé et affamé ? Ou non, encore mieux, que ça faisait sept jours et quelques qu'il était dans cette fichue sale et qu'il commencerait bientôt à devenir fou ? Ou alors, elle s'attendait à ce qu'il lui raconte docilement sa vie et ses problèmes pour qu'il se « sente mieux » ? Dieu, qu'il avait envie de garder ce silence éternel, mais il ne pouvait s'empêcher à Chiyo et à sa promesse. Il lui avait annoncé qu'il se battrait pour elle, il lui avait donné sa parole, et elle comptait sur lui, comme certains de ses proches probablement. Il ne pouvait pas échouer dès la première occasion sous prétexte qu'il n'en « avait pas envie ». A défaut de le faire pour lui, il le ferait pour eux, pour elle.

    « Qu'est-ce que vous voulez savoir ? »

    Croisement de regard, ouh là, ça faisait bizarre de voir un truc bouger dans cette salle, c'était fou. Mais surtout, c'était vrai. D'accord, il voulait bien se résoudre à parler, mais il ne savait pas de quoi lui parler, à cette blonde-là !

    « N'importe quoi, dis moi ce qui te passe par l'esprit, à quoi tu penses. »

    Jude s'assit de nouveau sur le sol, se préparant à déclarer un tas indigeste de mots sans queue-ni-tête. En fait, même lui ne savait pas trop ce qu'il racontait sur le coup, et même plus tard, il ne s'en souviendrait pas, mais au moins, il avait décidé de parler, et ça devait être ça, l'essentiel. Et c'était sans doute cela qui l'avait fait passé au « niveau supérieur. »

    Deuxième stratégie du centre, ou plutôt, « organisation », selon Jude : le système de niveau. On commence au niveau zéro, dans cette fichue salle cadavérique. « Niveau zéro », comme si on n'était rien du tout, que du néant, et d'ailleurs, ce niveau-là et sa salle en donnaient vachement l'impression. Pour passer au niveau supérieur, il y a une « épreuve » à passer. La plupart du temps, on ne la voit même pas, on ne s'aperçoit même pas de cette épreuve, si bien que c'est vraiment une question d'instinct et d'impulsion qui font passer les malades aux différents niveaux. Et bien entendu, le niveau passé, la récompense. Pour conclure le fameux niveau zéro, Jude n'a jamais vraiment su ce qu'avait été l'épreuve, soit parler à cette Sun, soit la tentation du rasoir qu'ils lui avaient donné si généreusement. Face à la tentation, avec cette fichue lame étincelante et si tranchante. Il devait vraiment aimer Chiyo comme un fou pour ne pas avoir fait usage de cette lame si invitante. Mais d'un autre côté, s'il s'était fait quoi que ce soit, le personnel s'en serait rendu compte plutôt rapidement, avec la quantité d'analyses médicales et d'examens que les patients pouvaient avoir, cette dose se modifiant bien heureusement en fonction de sa place dans la hiérarchie des niveaux, et du cas traité.

    En quarante et un jours, soit, un mois, une semaine et deux jours, ou encore mieux, cinq semaines et deux jours, Jude avait eu le loisir d'en passer des niveaux. Le patient presque idéal, si bien qu'il était parfois confié aux stagiaires venus en formation, comme un espèce de chien qu'on confie à une coiffeuse avant qu'elle parte retailler des cheveux. En quarante et un jours, il avait dû changer deux fois de lieux, passant d'une chambre seule à l'étage le plus vilain du centre, à une chambre en colocation au deuxième étage, avec permission d'ouvrir la fenêtre pour son colocataire, attention, ce dernier étant plus avancé que Jude en terme de niveaux. Le mystérieux Colin qui, par Jude ne savait quelle raison, savait visiblement tout du passé de son colocataire tandis que le jeune Ersley ignorait tout de Colin. Il ne savait même pas pourquoi il était là, tout ce qu'il savait, c'était ce que Colin lui expliquait sur le centre et les conseils qu'il lui inculquait pour vite sortir d'ici – bien que ce-dernier était encore là, rappelons-le.- Mais au moins, Colin possédait des privilèges que Jude n'avait pas, et ce-dernier était parfois « contraint » d'en profiter également. Mais il ne faut pas croire que l'adolescent n'en avait pas emmagasiné à son tour, des privilèges. Il avait récupéré ce qu'il avait perdu, pratiquement, ou tout du moins, l'essentiel, comme des vêtements normaux. Et le plus beau, c'est qu'il avait une permission de papier depuis une semaine. Ainsi, il pouvait faire ce qu'il voulait de ces pauvres arbres décapités et mis en pâte. Bon, manger ses feuilles, c'était stupide et pas forcément nourrissant – même s'il y avait pensé un certain soir xD -, et bien qu'il avait une envie forte de dessiner sur ces feuilles, il avait préféré écrire à Chiyo. Allez savoir s'il pourrait lui envoyer ses lettres, mais au moins, ça lui procurait l'impression d'avoir toujours quelqu'un derrière lui, à six cent quatre kilomètres, malgré le temps passé.

    Et c'était fou le nombre de lettres qu'il lui avait écrit. A raison d'une feuille par jour, sur lesquelles Jude écrivait d'une écriture microscopique dans le but de pouvoir en mettre le plus possible, Chiyo avait certainement déjà un roman de son existence. Mais écrire à Chiyo, bien que ces lettres ne pouvaient être envoyées car le jeune homme devait « garder ses distances avec son monde extérieur par tous les moyens possibles », avait son effet thérapeutique, et le motivait pour continuer et sortir le plus vite possible de ce centre. Ce qui ne passa sans doute pas inaperçu à cette chère Sun.

    « J'ai été à Los Angeles cette semaine, et j'ai vu ton frère... jumeau »

    Jude fronça légèrement les sourcils, intrigué – et inquiété – par ce que venait de lui annoncer sa psychologue. Elle avait été voir son frère ? Qu'est-ce qu'Enzo avait dû lui raconter comme débilités encore une fois ? Ou non, encore mieux, pourquoi elle avait été voir Enzo ? Elle voulait approfondir son dossier, mieux connaître son cas... ?

    « Tu l'aimes bien, ton frère ? »
    « Evidemment, c'est mon jumeau. On est peut-être complètement différents question personnalité, mais on est extrêmement liés. On a tout fait ensemble, enfin, presque tout... »
    « Et si tu me parlais du reste de ta famille... »
    « J'ai une soeur, plus jeune d'un an, qui se plaint qu'on la protège trop, Enzo et moi, et une demi-soeur, plus vieille, qui est la fille la plus maladroite que j'ai jamais connue. »
    « C'est tout ? »
    « Non, un demi-frère, aussi. »
    « Pourquoi ne pas l'avoir mentionné ? »
    « Parce qu'il est insupportable. Il est comme mon père, en fait, il veut toujours avoir raison et a l'esprit fermé. »
    « Donc, tu n'aimes pas ton demi-frère et ton père ? »
    « Si... Enfin. J'aime mon père, c'est indéniable. »
    « Et ton demi-frère ? »
    « Je ne l'aime pas. »
    « D'accord... Et ta voisine, Enzo m'a parlé de votre voisine. »
    « Chiyo ?! »
    « Oui. »
    « C'est ma petite amie, c'est elle qui me motive pour réussir ici. »
    « Est-ce qu'il serait possible que tu leur en veuilles d'être ici ? »
    « … J'aurais aimé qu'ils m'aident »
    « Mais ne m'as-tu pas dit que tu ne voulais pas qu'il t'aide ? »
    « Oui, mais c'était parce que je ne voulais pas les inquiéter, les déranger. Je ne savais pas comment ils réagiraient par la suite, et j'avais peur qu'ils n'arrivent même pas à m'aider au final. Je ne voulais pas les importuner. »
    « Mais tu aurais aimé qu'ils te demandent de le faire »
    « Qu'ils me convainquent de le faire. »
    « Même si tu leur aurais rien dit, au final ? »
    « Exact. »
    « Pourquoi ne pas avoir voulu t'imposer auprès de tes proches pour qu'ils te portent secours ? Tu dis que tu ne voulais pas les déranger, as-tu une si faible estime de toi ? »
    « Je... C'est simplement que j'ai toujours été silencieux, me mettre à l'avant comme ça avec mes problèmes, ça n'aurait pas été Jude, ça aurait été un... Enzo. »
    « Jamais tu n'as voulu te confier à quelqu'un ? »
    « Si. Mais la personne avec qui je le faisais est partie du jour au lendemain »
    « Et tu n'as pu la remplacer ? »
    « J'ai jamais pu remplacer une personne par une autre, c'est impossible. Même si Chiyo voulait que je me confie à elle, je l'ai pas voulu, tout d'abord pour ne pas lui causer de soucis, et ensuite, pour ne pas oublier celle à qui je le faisais. »
    « Mais remplacer n'est pas synonyme d'oublier. Pourquoi ne pas accepter l'offre de Chiyo ? »
    « Parce que ça la blessera. »
    « En es-tu sûr ? »
    « La dernière fois que je l'ai fait, elle a été vomir dans la salle de bain, je préfère ne pas retenter le coup. »
    « Tu lui as écrit des lettres, à Chiyo ? »
    « Je... Comment savez-vous ça ? »
    « Quelqu'un m'a demandé de te donner la permission de les envoyer. Mais la question n'est pas là, dans tes lettres, tu t'es confié ? »
    « Oui... »
    « Quand tu retrouveras Chiyo, tu lui donneras tes lettres ? »
    « Sûrement... »
    « Avec tes parents, on a pensé à t'envoyer à Los Angeles durant quelques heures. Ça fait plusieurs semaines qu'on y pense dans l'équipe, vu les progrès considérables que tu as fait, mais pour cela, il faut l'unanimité du personnel. Si tu me promets de donner tes lettres à Chiyo et de te confier à elle, je t'envoie là-bas ce week-end, marché conclu ? »

    ***


    « Jude ! Jude est revenu ! »
    « ...Pour quelques heures... Bon sang, t'as fait une grève de la faim là-bas ? Et du sommeil ? T'as un de ces airs cadavériques. Peut-être que les vieux t'ont envoyé dans un mauvais centre, en fait. »
    « Liam, tais-toi. Jude, viens, je t'ai fait des gâteaux pour fêter ça, tu verras, tu vas a-do-rer. »
    « ...De te casser une dent. »
    « Mais non, mais non »

    Jude observa Leah s'activer dans la cuisine, alors qu'un Liam nonchalant zappait avec indécision. Il avait à peine eut le temps de dire quoi que ce soit que Leah l'avait presque étouffait en s'exclamant qu'il était revenu, il fallait l'avouer que ça faisait chaud au coeur. Tout comme l'accueil de ses parents, de son jumeau et de sa soeur cadette. Il ne manquait plus que Chiyo, la partie la plus excitante et inquiétante de l'histoire. Quarante et un jours s'étaient écoulés, comment était-elle, désormais ? Avait-elle changée ? L'aimait-elle toujours ? Jude ne se sentait pas forcément différent, bien que peut-être un peu moins à vif et avec – encore – quelques kilos en moins. Et probablement un air fatigué, vu la remarque désobligeante de l'aîné des Ersley. Un cookie fourré dans sa main par Leah, Jude s'assit docilement sur une chaise de la cuisine, se délectant du paysage familier et d'un fait aussi simple, tandis qu'il s'apprêtait à porter le gâteau à sa bouche.

    « Attention, Leah, n'empoisonne pas Bourriquet avant qu'il reparte au centre, ça serait dommage de subir encore un drame... »
    « JUDEEEEEEEEEE ! »

    Le trio sursauta en coeur à l'appel téméraire de Maia, tandis qu'elle descendait en trombe dans la cuisine, son téléphone portable dans une main, un prospectus dans l'autre.

    « Je t'interdis d'aller voir Chiyo ! Mais qu'est-ce que tu manges ? »
    « J'ai fait des cookies pour fêter ça. »
    « Oh, en plus de la fête ?! »
    « La fête ? »
    « Oui, LA fête ! »
    « Mais quelle fête ? »
    « La fête foraine ! J'vais y traîner Chiyo, et tu lui feras la surprise en te pointant avec Enzo ! C'est pas une idée Maiatesque, ça ? »
    « Maiatesque ? »
    « Ou Maialissime, comme tu veux ! Allez, va te préparer, on y va dans une heure ! Fais toi beau pour ta dulcinée ! J'vais la chercher, moi... Souhaitez moi bonne chance... »
    « Echec. »

    Poussé par Maia dans l'escalier pour qu'il grimpe dans sa chambre, Jude obéit, analysant scrupuleusement le moindre centimètre qu'il voyait et qui avait pu lui manquer là-bas. Rendu devant la porte de sa chambre, il se stoppa un moment, inquiété et excité à l'idée de retourner dans un endroit si intime de sa vie. Il s'était passé des tonnes de choses dans cette chambre-ci, des bonnes comme des mauvaises, malheureusement, mais ça demeurait son antre, son repère, son chez soi dans cette maison de fous. Délicatement, Jude tourna la clenche et entra dans la pièce, humant l'air de l'extérieur et ne résistant pas à l'idée de s'asseoir sur SON lit, et non un vulgaire lit du centre. Un léger sourire sur le visage, Jude expira doucement, fermant les yeux pour finalement se laisser tomber sur son matelas, exténué mais comblé.

    « Jude ! C'est pas le temps de dormir ! On a une fête ! »
    « La fête foraine ? »
    « Ouais. J'sors tes fringues, tu t'zapes vite fait bien fait, et on s'en va avant que Maia ait des envies de double homicide. »
    « Mais tout le monde va me voir ?! »
    « Et alors ? »
    « Bah... Ils vont me demander pourquoi je suis là et tout... »
    « Maman a inventé que t'étais reparti dans le Montana, t'auras qu'à dire que t'es là pour la semaine, et vu que de toute manière, tu ne sors jamais d'ici en temps normal, personne ne s'en rendra compte.  Allez, enlève ce tee-shirt informe que tu portes et enfile cette chemise. »

    Jude s'assit et attrapa au vol la chemise qu'il lui lançait, tâtant presque le tissu fin du vêtement. Ça faisait une éternité qu'il n'avait pas touché de chemises, aussi stupide cela puisse paraître. Tandis qu'Enzo mettait de nouveau les voiles pour aller lui-même se préparer, Jude s'appliqua à être aussi beau que son frère pour Chiyo et ses quelques heures en parfaite liberté.

    ***


    « Bon, alors, Maia a dit... Près du stand de friandises. Mais y'en a des tonnes des stands de friandises ! »
    « Tu crois qu'elle sera là ? »
    « Bah oui, elle vient de m'appeler pour me dire qu'elle y serait, au stand de friandises, à moins qu'elle voulait dire la grande roue... »
    « Non, je parlais de Chiyo. »
    « Oui, elle est là. »
    « ... »
    « T'inquiètes, elle t'a pas oublié. »
    « Maia est à ta droite, mais je vois pas Chiyo. »
    « Tsss. »

    Enzo sortit son téléphone, appelant machinalement la petite asiatique du groupe qui s'avançait dangereusement vers eux. Observant avec émerveillement l'installation de la fête foraine tandis qu'Enzo grognait à Chiyo de décrocher son téléphone, Jude finit par baisser les yeux sur une petite tête aux cheveux noirs qui lui paraissait plus que familière, si familière qu'un bond se fit sentir dans sa poitrine et que Jude attira l'attention d'Enzo vers leur voisine, qui prononçait :

    « Tourne la tête vers ta droite ma puce, tu vois double. »

    Jude jeta un coup d'oeil à Enzo qui raccrochait son téléphone portable et attira toute son attention vers une petite crapule perdue qui tournait la tête, l'air complètement désabusé vers les deux jumeaux. Ça y était, elle l'avait vu. Chiyo avait ses deux yeux noirs plantés sur lui, comme si elle croyait à un mirage, comme si elle n'avait pas assez dormi et qu'elle voyait double. Jude sourit doucement, lui aussi pensant rêver à ce moment précis. Dieu qu'elle lui avait manqué, que ce serait dur de la quitter de nouveau, qu'il avait envie de repartir tout de suite pour finir son séjour définitivement et ne pas avoir à lui redire au revoir. Mais surtout, Dieu qu'il avait envie de la prendre dans ses bras et d'emplir son corps des sensations qu'elle lui procurait à chaque fois. Qu'il avait envie de sentir son parfum, caresser sa peau douce, ses cheveux soyeux, embrasser ses joues tièdes et souvent rosit par l'embarras. Mais pour cela, il faudrait peut-être qu'il se défige, qu'il cesse de ressembler à une pauvre statue ahurie et s'avance vers celle qu'il aimait, et qu'il espérait énormément, qui l'aimait en retour.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 10 Oct 2009 - 15:46

    だから今愛にゆく
    そきめたんだ
    ポケットのこのきょくを
    君にきかせたい

    そっとぼりゅむをあげて
    たしかめてみたよ


    C’est décidé maintenant
    Je vais aller te retrouver
    Cette chanson dans ma poche
    Je veux que tu l’écoutes
    J’augmente doucement le volume
    Pour m’assurer que tu l’entendes…


    Cher journal,

    Hier, j’ai eu l’impression de me retrouver. L’espace d’un instant, d’un court instant, j’ai sentit qu’au fond je n’avais pas changé. Que j’étais toujours la petite et sage Chiyo telle que me voit mon père, telle que me voient tous les gens autour de moi. J’ai réussit à chanter, alors que je n’y trouvais même plus goût depuis quelques semaines. J’ai réussit à écrire, et je me rends compte à quel point cela m’a manqué. J’écris pour lui car je sais qu’il se bat pour moi et que de mon côté, je ne dois me laisser aller sous aucun prétexte. C’est pourtant ce que j’ai fait jusqu’à présent et continue à faire, j’en suis parfaitement consciente, mais je n’arrive pas à retrouver les saveurs de la vie telle qu’elles étaient lorsqu’il était près de moi. C’est comme si une fraise juteuse ne vous faisait plus réagir que parce qu’elle avait goût de terre ou qu’elle n’asticotait vos papilles qu’à la manière d’un doliprane effervescent. C’est mauvais, comme l’air sans son souffle ou l’espace vide de sa présence. Simplement mauvais, repoussant, effrayant. Mais malgré tout, en faisant ce pour quoi j’ai toujours eu l’impression d’être née pour, je me suis reconnue. J’ai trouvé au fond de mon immense façade et à travers la douleur que je ressens celle que je suis, et que je resterais pour lui. Je ne veux pas changer, je veux rester celle qu’il aime pour que, de son côté, ses sentiments ne changent jamais. J’aimerais qu’il l’entende, cette chanson en particulier, j’aimerais avoir tant de voix et de souffle que je pourrais transpercer les obstacles et l’espace qui nous sépare pour que ma voix résonne à ses oreilles, qu’il m’entende et sache que je ne l’oublie pas. Que je ne l’oublierai jamais, que je l’attends, et que je l’aime. De toute mon âme, je l’aime et je prie pour qu’il n’en doute jamais.

    Je crois que ça a fait plaisir à mon père de m’entendre chanter à nouveau, il me la fait remarquer ce matin. Même s’il est l’un des seuls dans les environs qui soit capable de comprendre mes chansons et qu‘il sait par conséquent que ce que je chante concerne celui que j‘aime, il ne peut sans doute s‘empêcher de remarquer que c‘est un progrès pour moi de reprendre la musique. Je sais que même lui, il ne pourra sans doute pas déchiffrer, mais en écrivant en Japonais, j’ai l’impression d’être protégée. De dire ce que j’ai à dire sans que personne ne m’entende, ne puisse comprendre et juger ce à quoi je pense, ce qui me fait vivre, ce qui constitue ma vie. Comme toujours, je demeure silencieuse même si je n’ai qu’une envie, celle d’hurler à pleins poumons et pleine gorge volontairement. En parfaite âme et conscience, de crier par delà les montagnes et d’écouter les échos de mes cris de douleur pour que je puisse essayer de déchiffrer ce son que je ne comprends pas totalement moi-même. Pourquoi est-ce que j’ai aussi mal ? Je sais qu’il va revenir, je sais qu’il m’aime, mais l’absence est bien trop difficile. J’aurais dû le suivre… Allez à l’université là-bas, même sans le voir, il serait resté proche de moi. Ici, j’ai l’impression qu’il m’échappe et qu’il ne reviendra peut-être plus jamais, en tout cas pour moi. Ce n’est pas par manque de confiance, non, j’ai une entière confiance en lui. Cependant, j’ai cette crainte qui m’habite à chaque seconde de mon existence et qui ne cesse encore de grandir avec le temps. Loin des yeux loin du cœur… Et si ses sentiments pouvaient changer parce qu’il était loin de moi, qu’il ne me voyait plus ? Je suis consciente que je n’ai pas réussit à l’aider comme il me l’a demandé. S’il se rendait compte que je ne pouvais rien faire pour lui, que je n’étais pas autant que ce qu’il pensait à ses yeux ? Je crois que c’est-ce qui me fait peur, de me rendre compte que j’ai échoué et que par cette défaite, je pourrais le perdre…

    Je sais que je suis peut-être naïve, c’est sans doute la raison pour laquelle je refuse d’en parler autour de moi. Je ne peux pas vivre sans lui. Lorsque je regarde par la fenêtre de ma chambre, je parviens presque à le voir, mais il n’est pas là, ça n’est qu’une illusion, et la douleur est chaque fois moins supportable lorsque je m’en rend compte. Plus que folle, je me sens vulnérable, faible, dépendante de lui plus encore que ce que tout ce que j’avais imaginé lorsqu’il était là. J’ai mal, partout. Je veux qu’il revienne, je veux le voir, pour de vrai, je veux qu’il me prenne dans ses bras, je veux sentir ses lèvres contre les miennes, je veux respirer son souffle, je veux sentir son parfum, je le veux lui, plus que jamais je le veux.

    J’ai confiance en toi mon amour, guéris, je ne te demande que ça, guéris pour moi…



    Oh Goodbye days
    今, 代わるきがする
    昨日までに
    so long,
    かっこよくない
    優しさがそばに在るから
    La la la la la with you...


    Oh jours d’adieu
    Jusqu’à maintenant tu étais à mes côtés…
    Mais tu as disparu depuis longtemps…


    14 Octobre 2009.


    Quelle fête pourrie. Quelle idée de l’avoir traîné jusqu’ici alors qu’elle n’en avait pas envie. Qu’elle n’avait d’ailleurs envie de rien, donc encore moins de faire la fête. Pourquoi personne ne voulait-il la laisser tranquille ? La laisser vivre sa vie comme elle l’entendait, broyer du noir si c’était ce dont elle rêvait ? Personne. C’était bien le problème, en tout cas son problème. Elle ne voulait pas qu’on s’occupe d’elle, qu’on essaye de faire disparaître la muraille qu’elle avait dressé autour d’elle-même. Elle voulait demeurer protégée dans son mal-être, dans sa douleur, même si cela pouvait être assez paradoxal. C’était assez ironique de se rendre compte qu’elle comprenait presque ce que Jude avait pu ressentir lorsqu’il avait refusé l’aide de tout le monde. Personne ne pouvait l’aider, personne ne pouvait la comprendre, alors qu’ils aillent tous voir ailleurs si elle y était. Seule, elle se sentait bien mieux qu’accompagnée.

    Trainant des pieds, les bras le long du corps, elle suivait Maia sans même lever les yeux, se faisant bousculer par certains étudiants qui pestaient contre elle, ce dont elle se moquait éperdument. Une loque, voilà ce qu’elle avait conscience d’être, et acceptait parfaitement, aussi triste et pathétique cela pouvait-il être.

    - Je n’arrive pas à croire que tu m‘aies trainé ici…
    - Ne t‘inquiète pas, tu ne vas rien regretter…
    - J’veux rentrer…
    - Mais Chi ! Bon on va retrouver qui on a à retrouver ensuite tu verras, j’te laisserais tranquille, mais j’suis sûre que tu vas t’amuser !
    - J’en ai rien à faire de retrouver qui que ce soit tu sais…

    « De toute façon, celui que je veux n’est pas là, lui. » pensa-t-elle.

    - Tu ne sais pas ce que tu dis. Affirma Maia avec un sourire qui fit arquer un sourcil à la petite asiatique. Bien sûr que si, elle savait ce qu’elle disait. Elle savait très bien où en étaient les choses et dans quel était elle se trouvait, ainsi que pourquoi. Donc si, elle savait de quoi elle parlait et savait aussi que peu importait la bande d’étudiants que Maia désirait retrouver, elle n’en avait rien à faire, ça n’avait pas d’importance. Si le monde entier était venu à sa rencontre, elle n’y aurait même pas accordé plus d’attention que cela. Elle s’en moquait de tout le monde, c’était lui, qu’elle voulait.

    - Maia ? Maia ?!

    Et merde, elle avait disparu. Génial. OH MAIS OUI GENIAL. J’me tire. Voilà quelle furent les pensées de la petite asiatique tandis qu’elle sentait dans sa poche son portable vibrer, signe d’un appel ou d’un message texte. Alors qu’elle continuait inconsciemment d’avancer vers le point de rendez-vous, elle déchiffra la raison pour laquelle son cellulaire s'était mis à vibrer. Appel d’Enzo. N’était-il pas censé être ici aussi ? Pourquoi est-ce qu’il prenait encore le temps de s’occuper d’elle alors que tous ses amis étaient ici ? Pourquoi ne la laissait-il pas simplement tranquille, juste pour une fois ? Soupirant mais décidant tout de même de répondre à l’appel de son meilleur ami, elle porta son cellulaire jusqu’à son oreille.

    - Allô ?
    - Chiyo ? T’es où ?
    - J’en sais rien…
    - T’es à la fête foraine ?
    - J’imagine que oui… Quelle drôle d’idée.
    - Y’a la grande roue devant toi ?
    - Heu… Ouais. Enfin je la vois mais j’vais plutôt vers le tir à l’arc…

    Elle regarda autour d’elle tandis qu’elle prenait finalement le chemin de la grande roue, regardant à droite à gauche pour essayer de retrouver une trace de Maia ou au moins celle d’Enzo. Quelques secondes plus tard, elle sursauta lorsque la voix d’Enzo se refit entendre au bout du combiné.

    - Tourne la tête vers ta droite ma puce, tu vois double.

    Double ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Tournant machinalement la tête vers la droite l’air blasé, ses yeux s’arrêtèrent un instant sur Enzo, tandis qu’elle fronçait les sourcils, s’interrogeant sur le sens de sa phrase. Puis elle le vit. Enfin, cru le voir tout du moins. Les sourcils froncés, elle ouvrit de grands yeux trahissant sa surprise tandis que sa respiration se stoppait si vite que l’effet aurait été le même si quelqu’un lui avait donné un énorme coup de pieds dans le ventre. Son cœur fit un bon dans sa poitrine, un bond si douloureux qu’elle se retint de se mettre à pleurer. Il paraissait plus faible que dans ses précédents rêves et hallucinations. Elle avait toujours rêvé de lui comme s’il ne changerait pas, tout du moins jusqu’à ce que ses rêves ne se transforment en cauchemars, comme c’était toujours le cas. Elle croisa son regard, ses yeux si bleus et brillants, tels qu’elle les avait toujours aimé, qu’elle avait toujours continué d’imaginer, ces yeux dont elle avait si souvent rêvé. Il était là, ses cheveux blonds un peu plus longs que la dernière fois qu’elle l’avait vu.

    C’était fou, comme ses hallucinations étaient de plus en plus nettes à présent, et par-dessus le marché de plus en plus plausibles, même si le fait qu’il soit ici ce soir était tout sauf plausible, tout sauf réel. Elle baissa les yeux, les fermant un instant aussi fort que si elle avait voulu faire disparaître un fantôme, mais lorsqu’elle les rouvrit, il était toujours là, se faisant comme elle bousculer par des passants, comme s’il était un véritable obstacle, comme s’il était vraiment là physiquement, et pas seulement pour elle, mais également pour tous les autres étudiants de UCLA. Jetant un coups d’œil à Enzo pour essayer de paraître la plus naturelle possible afin qu’il ne sache jamais qu’elle avait ce genre d’hallucinations, elle finit par hausser les épaules, se demandant la raison pour laquelle il attendait là bêtement, avec cet air surpris et choqué sur le visage. Puis elle reporta son attention à Jude, vers lequel elle s’avança la tête baissée, essayant de se convaincre que cette hallucination, aussi vraie puisse-t-elle paraître, n’était que le résultat d’une attente de plus en plus longue. Elle se retenait de hurler « MAIS DEGAGE ! Je veux pas te voir comme ça ! JE VEUX PAS TE VOIR ! CA FAIT MAL ! Pourquoi est-ce que je te vois partout ?! Je veux pas ! Je veux pas ! » Mais le faire aurait été un moyen des plus simples pour se trahir devant Enzo. Alors elle restait silencieuse, avançant vers celui qu’elle aimait, du moins ce qu’elle voyait jusqu’à s’arrêter à quelques centimètres de lui, en prenant bien soin de ne pas le toucher. Finalement, elle leva les yeux vers son visage, croisant son regard dont l’expression était semblable à celle qu’arborait Enzo. L’incompréhension, la surprise, presque la peine. Bah pourquoi était-il triste ? Ce n’était pas ainsi qu’elle avait l’habitude de le voir. Non… Non elle ne le toucherait pas, elle ne se jetterait pas dans les bras d’un mirage, c’était trop… Bizarre, et bien trop douloureux. Bof, de toute façon, elle ne parviendrait pas à l’atteindre, donc à quoi bon se poser autant de questions ? Elle parvenait à se contenir de mieux en mieux avec le temps, c’était au moins bon à retenir… Alors qu’elle se trouvait à quelques centimètres du mirage, elle tourna les yeux vers son meilleur ami :

    - Mais Chi’, qu’est-ce que tu f… ?
    - Enzo, t’as déjà eu une hallucination si nette que c’est à te demander si tu n’avais pas une tumeur cérébrale ?

    Consciente qu’Enzo la regardait, elle leva le bras droit et du bout de l’index, toucha le torse du jeune homme qui se dressait devant elle. Il ne parlait pas mais jetait vers son frère des regards surpris, affolés… C’était dur, bien là, physiquement là. Mais c’était impossible, im.po.ssible. Purement. Déglutissant tandis que son manque de souffle commençait à la faire souffrir, elle leva les yeux, croisant le regard du jeune homme qui se tenait devant elle, et, oubliant l’espace, le temps et la présence de centaines d’autres personnes autour d’elle, se mit silencieusement à pleurer…
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 10 Oct 2009 - 18:38

    Même si la réaction n'avait rien de très séduisant, tout était majestueux aux yeux de Jude. Comment, presque au ralenti, elle avait tourné la tête, avec son air profondément blasé laissant imaginer au jeune garçon toutes les déceptions et agacements que sa petite amie avait pu avoir ces derniers temps, ou tout simplement, cette soirée. Elle avait longtemps fixé Enzo, réfléchissant activement au sens de la phrase de ce dernier, jusqu'à ce qu'elle daigne enfin le voir lui. Celui qui, sans le savoir, devait porter tout l'espoir des amis de Chiyo. Après tout, c'était lui et seulement lui qui l'avait plongé dans cette dépression nerveuse des plus floues. C'était à lui que revenait le pouvoir de redonner un sens à la vie de leur petite japonaise, une satisfaction, une saveur douce et non acerbe marqué par son départ précipité. Mais quoi qu'il en soit, elle avait le don d'être parfaitement hilarante comme cela, avec ses yeux grands ouverts, ses sourcils froncés, son air souverainement perdu, plongé dans un différent univers. Et elle restait là, plantée au beau milieu du chemin, tandis que les deux jumeaux Ersley l'attendaient, n'osant pas bouger non plus vu la réaction des plus troublantes que venait d'avoir Chiyo. Alors qu'il se sentait complètement dévisagé, Jude lança un coup d'oeil inquiet à son frère. Il lui avait demandé de veiller sur sa petite amie, pas de la rendre complètement ahurie et encore plus bizarre qu'elle ne l'était. Sauf que visiblement, même Enzo tombait des nues devant la réaction de Chiyo. Bon, suffisait de l'encourager et de la réconforter un peu alors... Doucement, l'air néanmoins hésitant et intrigué, Jude sourit à sa petite amie, dans le but de l'encourager à avancer, ce qu'elle fit, à son plus grand bonheur.

    Enième contemplation. Elle était désormais à ses pieds, le fixant de bas en haut – ce qui pouvait être assez embarrassant, d'ailleurs -, le scrutant comme si elle s'apprêtait à voir à travers son être, à ce qu'il ne soit qu'une vision parallèle, qu'un drôle de spécimen sortant tout droit d'un cirque... C'était peut-être ça, d'ailleurs ? Elle craignait peut-être Jude, de ce qu'il était devenu là-bas, dans son centre de malades mentaux en tout genre, de ce qu'il avait subit, de ce qu'il était avant de partir. Il n'avait pas été des plus sains d'esprit, avait même eu des réactions complètement effrayantes, ainsi, peut-être que Chiyo avait subit un quelconque traumatisme ? Probablement avait-elle peur d'être de nouveau blessée par celui qu'il était et un de ces agissements incontrôlables témoignant presque de psychoses répétées. Elle tourna finalement la tête, sèchement, coupant tout lien entre eux deux, laissant comme un vide au creux de l'estomac de Jude, comme si elle venait de le rejeter, de le dénier. Comme si elle était fâchée de le voir, comme si elle ne l'aimait plus, que tout était finit, qu'il avait un sale toupet de se présenter ici un mois et demi après et de penser la récupérer comme cela. « Elle ne t'as pas oublié » lui avait dit son frère. D'accord, peut-être ne l'avait-elle pas oublié, mais peut-être avait-elle perdu ses sentiments pour lui ? Les jumeaux restèrent perplexes, l'esprit sans doute traversé des même pensées, qu'Enzo tenta d'expliciter, l'air dérouté :

    « Mais Chi’, qu’est-ce que tu f… ? »
    « Enzo, t’as déjà eu une hallucination si nette que c’est à te demander si tu n’avais pas une tumeur cérébrale ? »

    Une hallucination ? L'avait-elle tant espéré pour croire qu'il n'était pas vraiment là, que son imagination lui jouait un tour des plus vicieux ? C'était ça, l'explication de sa réaction ? Elle pensait que Jude n'était pas là, que c'était sa vision qui se troublait, que c'était son cerveau qui s'affolait. Si Chiyo n'aurait pas eu cet air profondément terrifiée en pressant le torse de Jude du bout de son index, ce-dernier aurait très bien pu éclater de rire nerveusement. Qu'est-ce qu'elle pouvait être bizarre, sa Chiyo, quand elle le voulait. Elle pouvait avoir de ces réactions complètement imprévisibles... Comme celle de se mettre à pleurer silencieusement juste devant les deux garçons dès qu'elle sembla avoir enfin comprit que non, Jude n'était pas un fantôme, et que oui, il était bel et bien là, pour elle, pour ce soir, pour la fête.

    Perplexe, Jude et Enzo échangèrent des regards quelques secondes, tous les deux complètement abasourdis par le cas en face d'eux. Tandis qu'Enzo observait les alentours, cherchant visiblement une solution ou craignant l'annonce d'un drôle de gaz étant libéré par une des attractions rendant complètement bizarre, Jude s'avança tendrement de Chiyo, faisant glisser une de ses mains dans le dos de l'adolescente comme il avait l'habitude de faire et l'inciter doucement à se blottir contre son torse, à se rendre compte qu'il était bien là, et qu'elle n'avait pas à en pleurer. D'une main douce, il caressa lentement ses cheveux si soyeux qui lui avait tant manqué. A son départ, il s'était promit de se rappeler du plus possible de sensations concernant Chiyo, mais au bout d'un certainement moment, il avait beau se concentrer des heures durant dans son lit au centre, il en avait oublié certaines. Comme la douceur de ses cheveux, ou la simple sensation de paix lorsqu'il l'avait tout contre elle, la place qu'elle prenait dans cette simple étreinte, sa façon qu'elle avait de le serrer contre lui. Tout ces petits détails qui leur était propre et qui faisait de leurs actes des moments uniques. Il était ainsi temps de rattraper une partie du temps perdu, et de redécouvrir toutes ces sensations desquelles il était dépendant. Doucement, Jude déposa un baiser sur la tête de Chiyo, se délectant au passage de l'odeur suave de ses cheveux. En ce moment même, il pouvait la comparer à une mine d'or de sensations. Il récupérait tout, tout ce qui lui avait donné l'impression d'être coupé de son monde, de ne même plus être humain certains soirs. Il retrouvait tout, et se rendait compte comment c'était bon de revoir Chiyo, sa Chiyo, comment c'était bon d'être tout simplement proche d'elle, de la voir froncer les sourcils et ouvrir de gros yeux, ou de sortir son air particulièrement blasé. Tout concernant Chiyo était bon à retrouver, absolument tout. D'un air attentionné, Jude caressa doucement le dos de sa petite amie dans le but de la consoler, tout en lui susurrant d'un ton qui se voulait rassurant :

    « Pleures pas ma crapule, je suis là, je suis bien là... »

    « Hallucination », il avait du lui manquer un minimum pour qu'elle réagisse si violemment à son apparition. A lui, elle avait manqué horriblement. C'était pénible de passer des journées entières loin d'elle, sans aucune nouvelles. C'en était affolant, tellement effrayant que l'adolescent faisait des cauchemars de n'importe quel accident possible qui aurait pu survenir et blesser sa crapule. Tout y était passé, des accidents de véhicules aux incendies, passant par Alexander Boyle et sa clique. Et le pire, c'est qu'il était impuissant. Impuissant face à ce genre de malheurs qu'elle avait peut-être eu à vivre. Il était un être passif envoyé à des centaines de kilomètres, qui avait peut-être été oublié. Et c'était sans doute cela le pire, la peur d'être oublié, alors que lui, il aimait toujours autant, voire plus, désormais qu'il se rendait compte de l'importance que Chiyo avait dans sa vie.

    Jude jeta un coup d'oeil à Enzo qui observait la scène, l'air à la fois impuissant et jaloux du fait de ne rien pouvoir faire pour apaiser les sanglots de sa meilleure amie. Jude laissa passer quelques minutes durant lesquels Chiyo demeurait dans ses bras, Enzo se résignant à partir vers ses amis après avoir fait un signe à son frère. Lentement, Jude finit par se distancer légèrement de Chiyo et pouvoir ainsi apercevoir son visage ruisselant de larmes. S'adossant légèrement au niveau d'une barrière derrière lui, de manière à être au niveau de son interlocutrice, Jude planta son regard sur la jeune femme, un sourire aux lèvres bien que peiné de la voir dans un tel état. Délicatement, il passa son pouce sur une de ses joues pour essuyer les larmes qui y coulaient, remarquant néanmoins ses traits tirés et répliqua :

    « Allez, viens, je sais ce qui va te remonter le moral... »

    Saisissant instinctivement la main de Chiyo, tout en la couvant du regard continuellement, il l'entraîna vers un stand de gaufres au nutella où il en commanda deux. Le bonheur en main, il se dirigea vers une aire de tables à pic-nique légèrement en retrait de la cohue générale régnant près des stands et attractions, s'asseyant sur l'une d'entre elle, posant la gaufre de Chiyo sur la place en face de la sienne pour l'inviter à le rejoindre.

    Et maintenant, une des joies du monde extérieur : la nourriture. Au centre, les repas avaient plutôt tendance à se suivre et se ressembler. Si bien que rapidement, n'importe quelle diversité alimentaire faisaient envie. Ainsi, une gaufre au nutella pouvait paraître simplement divine. Déjà qu'en temps normal, Jude adorait, alors privé de ce genre de possibilité pendant plus d'un mois, il s'en délectait. Du chocolat, le rêve. Il en avait presque oublié la sensation, comme celle des cheveux de Chiyo et ses pupilles s'émoustillait rien qu'à la vision de l'arôme. Après avoir avalé plusieurs bouchées avec bonheur intense, Jude confia à l'adresse d'une Chiyo silencieuse :

    « Purée, j'ai l'impression que ça fait une éternité que j'ai pas mangé quelque chose d'aussi délicieux...On devrait retourner à la prochaine fête foraine tu sais, rien que pour en acheter d'autres et avoir l'impression de rêver en entrant ici... »

    Et il en aurait presque mangé le papier donné avec pour ne rien perdre de la gaufre et du nutella, comme quoi, s'il le voulait, il pouvait paraître aussi goinfre qu'Enzo. Mais les yeux de Jude parcourait déjà les alentours du parc, émerveillé par le fait d'être, d'une part sortie, et d'autre part, d'avoir été emmené dans un endroit si festif. C'en était littéralement utopique. Lui, à Los Angeles, avec Chiyo, lors d'une fête foraine. Si ce n'était pas merveilleux, comme situation. Tout simplement magique. La gaufre rapidement engloutie, Jude retourna son regard un moment Chiyo, comblé de pouvoir la revoir enfin en chair et en os plutôt que de l'apercevoir dans des simples souvenirs ou rêves étranges. Toutefois, sa curiosité brisa rapidement le silence qu'ils avaient fait régner :

    « Alors, dis-moi, qu'as-tu fais pendant ces quarante-et-un jour à part supporter mon ignoble jumeau ? x) »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 10 Oct 2009 - 20:06

    Les larmes s’étaient mises rapidement à couler sur les joues de la petite brune refroidies par la brise d’automne, traçant de fines lignes humides sur leur passage. Une première larme s’échappa sur coin de son œil, puis une seconde, jusqu’à ce qu’elle soit presque aveuglée par le liquide légèrement salé trahissant tout les sentiments qu’elle était capable de ressentir à la fois en un seul et même moment. Ronald Weasley s’y serait évidemment perdu s’il avait tenté de comprendre Chiyo à ce moment précis. Comme beaucoup d’autres, il n’aurait pas comprit la raison pour laquelle elle pleurait. Elle aurait dû être heureuse, tout simplement. Elle aurait pu pleurer, de joie, mais n’aurait pas eu l’air aussi triste. Non, elle n’était pas triste, ça n’était que le résultat de tant de semaines de souffrance accumulées. La surprise était de taille, et le bonheur lorsqu’elle avait comprit que Jude était réellement ici, à quelques centimètres d’elle et qu’il n’était finalement pas une hallucination avait été tel qu’il la faisait de nouveau souffrir. Il était là, bien là, physiquement, mentalement, il la regardait elle, il était là pour elle, tout près, là. Elle en avait tellement rêvé, elle avait tellement imaginé le moment où elle pourrait enfin revoir Jude, que le fait qu’il lui tombe dessus sans crier gare comme cela était merveilleux tout en étant effrayant. Il était revenu ? Mais pour combien de temps ? Était-il toujours aussi amoureux d’elle ? Avait-il changé ? Qu’en était-il de leur histoire ?

    Mince… Dieu ce qu’elle pouvait l’aimer… Comment avait-elle pu tomber autant amoureuse de lui ? Comment pouvait-elle être devenue si dépendante de celui qui se trouvait devant elle ? Elle avait tellement espéré son retour chaque jour qu’elle avait du mal à le croire lorsqu’elle se disait qu’il était bel et bien là. Chaque heure, chaque seconde, elle l’avait attendu, en se disant qu’elle ne tiendrait pas l’heure suivante, mais en poussant encore et encore sa force, en se donnant chaque fois les moyens de continuer pour tenir jusqu’à son retour, jusqu’au moment où il plongerait à nouveau son regard dans le sien avant de glisser délicatement ses bras dans son dos pour la serrer dans une douce étreinte, où elle pourrait de nouveau respirer son parfum… A présent, elle comprenait pourquoi elle avait tant attendu. Pourquoi est-ce qu’elle avait eu aussi mal. Parce que maintenant qu’il était revenu, elle souffrait, encore et toujours. Jamais elle ne se permettrait de le laisser partir pour toujours, de le perdre. Non, elle était bien trop heureuse avec lui, elle avait bien trop besoin de sa présence, bien trop besoin de sentir ses mains caresser délicatement ses cheveux noir de jais, bien trop besoin, de le serrer fort dans ses bras comme elle le faisait à ce moment précis. Elle avait tout simplement bien trop besoin de lui pour envisager une seule seconde de vivre sans. Il était tout, c’était simple et compliqué. Sans lui, la vie n’avait plus de sens, sans lui, elle se renfermait, ne voyait plus la lumière du soleil, ne respirait plus les parfums qui habituellement lui plaisait tant. Sans lui, son monde s’effondrait. Elle l’avait bien comprit. Mais il était là, il était là ce soir…

    - Pleures pas ma crapule, je suis là, je suis bien là…

    Pourtant, ses sanglots redoublèrent d’intensité tandis qu’elle le serrait de toute sa petite force dans ses bras. Les dernières semaines écoulées avaient été les pires de toute sa vie. Sans aucun but, sans aucun sens, sans aucune envie ni même sensation. Le néant, le noir complet. Non, disons simplement qu’elle avait vécu en noir et blanc, car les couleurs, c’était lui qui les lui apportait. Elle avait trop souffert, mais elle ne voulait pas le lui dire, elle ne voulait pas qu’il sache qu’elle était allée mal, elle ne voulait pas qu’il se rende compte à quel point elle était dépendante de lui, de tout ce qu’il lui apportait. Il prendrait peur, sans aucun doute. Qui ne réagirait pas de cette manière ? Elle serra les points dans le dos de son petit-ami, froissant sa chemise au passage, attendant que ce soit lui qui brise leur étreinte, car elle, elle se refusait à le lâcher. Et elle ne disait rien, ne sachant même pas quoi lui dire. Tout n’aurait été que « Je t’aime », de toute façon. Elle aurait pu dire tous les mots du monde, jamais elle ne parviendrait à lui faire comprendre ce qu’elle ressentait. Jamais.

    - Allez viens, je sais ce qui va te remonter le moral…


    Affirma-t-il en s’éloignant finalement d’elle, acte qui lui demanda une immense inspiration, une nouvelle force dont elle avait besoin pour accepter de ne plus le serrer contre son corps. Regardant le vide, elle s’efforçait de reprendre ses esprits tandis que sa tête se faisait étrangement lourde. Jude entremêla ses doigts avec les siens comme il avait toujours eu l’habitude de le faire et l’entraîna vers un stand très proche de là où il commanda deux gaufres au Nutella, ce qui, enfin, fit sourire la petite asiatique. Elle se souvenait avoir déjà parlé une fois de ces friandises avec lui, et se rendre compte qu’il n’avait rien oublié d’un détail aussi anodin la réconfortait, aussi idiot cela puisse paraître. Puis ils s’installèrent à une table, où Jude se mit à déballer un flot de paroles qui prirent sa petite-amie au dépourvu tandis qu’elle s’efforçait de porter la gaufre à sa bouche, ne détachant plus ses yeux noirs du visage de son petit-ami, comme figée, envoutée. Il n’y avait que lui qui comptait, elle n’entendait même plus les autres autour d’elle ni même la musique incessante de mauvaise qualité qui la gênait habituellement tant. Plus rien, excepté lui.

    - On devrait retourner à la prochaine fête foraine tu sais, rien que pour en acheter d'autres et avoir l'impression de rêver en entrant ici...


    Chiyo fronça un sourcil puis ouvrit enfin la bouche, lui adressant la parole pour la première fois depuis plus de cinq semaines :

    - Tu veux dire « rêver » plus que maintenant ?

    Le plus frustrant était de ne pas savoir comment tout s’était passé de son côté. Comment se faisait-il qu’il soit ici ? Avait-il eu le droit de sortir car il s’en sortait bien ou bien avait-il abandonné ? Après tout les patients de ce genre de centres s’y trouvaient volontairement et avaient le droit d’en sortir. Se pouvait-il que Jude ait craqué ? Après tout, toutes les réponses à ces questions demeuraient floues, et Chiyo voulait tout savoir. Pourtant, avant qu’elle n’ait le courage de poser la moindre de ces questions, Jude reprit à nouveau la parole, plus bavard que jamais, ce qui commençait à l’intriguer plus que la surprendre.

    - Alors, dis-moi, qu'as-tu fais pendant ces quarante-et-un jour à part supporter mon ignoble jumeau ? x)
    - Quarante deux, on est le soir…

    Elle lui sourit timidement, ses larmes enfin arrêtées. Elle baissa le regard, puis le releva aussitôt, ouvrant la bouche en prenant une bouchée de sa gaufre en réfléchissant à la question de son petit-ami. Déprimer, pleurer, crier, veiller… Voilà ce qu’elle avait fait, mais c’était aussi ce qu’elle ne lui dirait pas, c’est donc le plus naturellement possible qu’elle répondit :

    - J’ai attendu…


    Elle posa la paume de sa main libre sur son propre front, tandis qu’elle reprenait :

    - Je suis un peu en mode « stop », et j’attends d’appuyer sur lecture.

    Elle l’observa une nouvelle fois, le dévorant encore et toujours du regard tandis qu’elle restait bouche bée devant sa contemplation, sentant son cœur battre si fort lorsqu’elle croisait son regard qu’elle en était déboussolée. C’était cela, qui avait manqué lorsqu’elle avait rêvé de ce regard, les vrais, réels battements de son cœur, cette sensation de pouvoir décrocher la lune si elle avait dû le faire. Tout ça n’avait lieu que lorsqu’il était vraiment là, qu’elle distinguait clairement la brillance et le bleu de ses yeux, les différents tons de ses mèches blondes, les quelques imperfection de sa peau qui pourtant le rendaient si parfait… Tout cela était ce qu’elle aimait, à elle. Et elle, elle lui appartenait, aussi longtemps qu’il le voudrait. Elle baissa finalement le regard, posant sa gaufre sur la table puis reprit :

    - Jude, qu’est-ce que tu… Comment t’es… Je… Ouah… T’es pas bien de me faire ça… Je comprends rien… Tu m’as manqué… Putain…

    Impossible de faire une phrase. Génial. Elle demeura silencieuse un instant avant de contourner la table et de venir s’asseoir timidement sur les genoux de son petit-ami sans le quitter des yeux une seule seconde. Enfin, après l’avoir de nouveau dévisagé pendant près d’une minute, elle lui sourit bêtement, tout en poussant un petit rire nerveux qui lui fit baisser les yeux vers ses deux mains liées. Ça aussi, elle avait presque oublié. Ce qu’elle ressentait lorsqu’elle gardait ses yeux plantés dans les siens trop longtemps. Un mélange de bonheur et de malaise, un moment de béatitude embarrassant, simplement parce qu’il lui scrutait le visage. Personne ne réussissait à l’atteindre aussi simplement que lui.

    - Ça va sinon ? Ça se passe comment ? C’est horrible pour moi de pas savoir si tu savais comme tu m’as manqué…


    Une nouvelle larme coula le long de sa joue, larme qu’elle essuya aussitôt, s’excusant timidement pour sa réaction et ces stupides pleurs qui perpétuaient.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Mar 20 Oct 2009 - 12:33

    Un flot de paroles spontanées semblait s'évader de ses lèvres sans retenu. Cela faisait plus d'un mois que Jude n'avait pas revu sa famille, ses amis, et surtout, Chiyo, ainsi, son excitation euphorique était telle qu'il ne pouvait s'empêcher de combler les silences qu'il jugeait bien inutiles dans un moment si privilégié. Il n'avait même pas une journée à vivre à Los Angeles avant de retourner à San Francisco, il ne voulait pas en gâcher la moindre seconde. Et surtout, il voulait rattraper le temps perdu, notamment concernant la vie de Chiyo durant son absence. Qu'avait-elle fait ? Qu'était-elle devenue ?Avait-elle changé, avait-elle fait de nouvelles connaissances, eut de nouveaux passe-temps, avait-elle regardé ses cahiers de dessins, avait-elle était à une soirée à Nick alors qu'il était confiné dans un internat ? Tant de questions lui traversaient l'esprit, si bien que Jude passait souvent ses soirées à s'imaginer ce que faisait Chiyo à plus de six cent kilomètres de lui. Au moins, elle allait bien, c'était le principale, elle était en face de lui, tenait debout, souriait même. Certes, elle avait l'air fatiguée et affaiblit, mais elle était toujours en vie, là, devant lui, et assez forte pour être à une fête foraine et pour le corriger comme elle aimait tant le faire.

    « Tu veux dire « rêver » plus que maintenant ? »

    Jude sourit. Sa seule présence la faisait rêver, réellement ? Elle ne l'avait donc pas oublié, ou remplacé. Elle l'aimait toujours, toujours autant qu'au moment où il était parti et qu'elle lui avait donné son coeur en promesse d'être toujours là pour lui. Elle ne l'avait pas quitté, elle ne l'avait pas oublié, elle rêvait, et lui aussi.

    «  Alors, dis-moi, qu'as-tu fais pendant ces quarante-et-un jour à part supporter mon ignoble jumeau ? x) »
    «  Quarante deux, on est le soir… J'ai attendu. »

    Attendu ? C'était un peu vaste comme réponse. Jude avait du mal à s'imaginer Chiyo passer son temps à l'attendre. Elle devait bien sortir, aller à l'université, avoir rencontré de nouvelles personnes, ou même partager sa chambre avec une nouvelle fille. Elle avait dû travailler, voir Enzo, Maia, Chelsea et compagnie. Il y avait plus charnue comme réponse que « J'ai attendu ». L'adolescent fronça les sourcils, attendant une suite qui ne venait pas, tandis que Chiyo posait une main sur son front tout en se prenant pour un magnétophone en mode « stop » qui ne demande qu'à se mettre sur « play », clouant le bec à un Jude manifestement placé en mode « stop ».

    « Jude, qu’est-ce que tu… Comment t’es… Je… Ouah… T’es pas bien de me faire ça… Je comprends rien… Tu m’as manqué… Putain… »


    L'adolescent eut un rire franc à la suite des babillages incontrôlés de Chiyo. Question surprise, Maia avait fait fort, c'était certain. A la base, Jude aurait sagement été voir Chiyo – au risque de se faire arrêter par M. Kiyomi -, mais sa soeur cadette en avait décidé autrement, voyant les choses en grand comme elle avait souvent l'habitude de le faire. Et il fallait l'avouer, Jude avait apprécié le jeu de la surprise, jusqu'à ce que Chiyo se comporte telle une martienne et se mette à pleurer en beau milieu du parc d'attraction. Un sourire aux lèvres, il répliqua, suivant sa petite amie des yeux qui venait s'installer sur ses genoux, comme à son habitude. Dieu qu'elle lui avait manqué, à lui aussi.

    « Faut t'en prendre à Maia ma crapule, c'était son idée. »

    Les yeux de Jude parcoururent le visage fin de Chiyo. Doux visage qu'il n'avait pu voir la proximité durant quarante-et-deux jours. Enfin, il avait mieux que des images, que des souvenirs, il possédait la réalité. La joie d'avoir Chiyo juste en face de lui, de pouvoir l'observer de près et en réalité. De pouvoir la toucher, de sentir son poids plume s'excercait sur ses cuisses, de pouvoir poser ses mains sur sa taille comme il le faisait automatiquement à chaque fois, ne trouvant de meilleurs endroit où les placer.

    « Ça va sinon ? Ça se passe comment ? C’est horrible pour moi de pas savoir si tu savais comme tu m’as manqué… »

    Etait-il vraiment nécessaire de parler de l'endroit dans lequel il était confiné pendant ces longs jours maintenant qu'il était sortit, qu'il pouvait aller n'importe où, qu'il était libre, en quelque sorte, bien qu'il savait qu'il devrait y retourner bientôt, que ce n'était qu'un « test », presque une ruse de la part des soignants pour le faire faiblir, pour le confronter à toutes les difficultés qu'il pourrait rencontrer et le soumettre à un échec brusque s'il ne décidait pas de se battre continuellement pour son bonheur. Ses pupilles suivant doucement le trajet d'une nouvelle larme coulant sur la joue de son interlocutrice, l'adolescent finit par répondre, un fin sourire aux lèvres, pensant davantage à Chiyo qu'à ce qu'il avait pu enduré là-bas.

    « Mouais, c'est parce que j'ai pas le droit à avoir des contacts extérieurs là-bas, du coup, personne a vraiment de nouvelles. Un peu mes parents, mais c'est tout. »


    Silence. Il y avait ses lettres aussi, enfin, ce n'était pas un contact de la part du monde extérieur, mais une sorte de témoignage qu'il aurait voulu lui envoyer, ou plus précisément, envoyer à Chiyo. Ces lettres qu'il possédait pieusement sur lui et qu'il comptait offrir à Chiyo, aujourd'hui, même si tout au fond de lui, ça pouvait lui faire peur que sa petite amie puisse pénétrer si profondément dans son être et en savoir autant sur lui et son séjour à l'institut. Dans ces lettres, il avait tellement parlé sincèrement, qu'il avait l'impression de ne pas avoir écrit avec de l'encre mais avec des petits bouts de son coeur.

    « Mais sinon c'est... Enfin, on s'y habitue. Et on obtient une nouvelle manière de voir les choses... »

    Jude planta son regard dans celui de Chiyo, réfléchissant à quoi ajouter de plus. Il la savait avide de connaissance, mais les « banalités » du centre, elle les aurait dans ses lettres. Il y expliquait tout, dans les moindres détails, pire que s'il écrivait un roman descriptif sur la vie dans ce centre de San Francisco, tout en mélangeant cela à la nostalgie de la rupture avec Los Angeles et tous les siens.

    « D'ailleurs, profite bien de moi tu sais, parce que je repars demain, j'suis qu'en permission, comme un soldat x) »


    Il avait dit ça presque sur le ton de la plaisanterie, bien que ça lui avait déchiré le coeur d'annoncer cette mauvaise nouvelle à Chiyo. Enfin, « mauvaise », il déclarait ne pas être guérit et devoir repartir, mais au moins, il n'avait pas clamé un abandon, il continuait son combat, aussi dur cela puisse être de devoir rompre une nouvelle fois avec son quotidien et celle qu'il aimait tendrement. Un sourire toujours aux lèvres, Jude posa ses mains contre le bois du banc de la table, s'apprêtant à se lever, bien que Chiyo demeurait sur ses genoux, avant de proposer, enthousiaste et joueur comme jamais :

    « Allez, viens on bouge. Faut que j'te gagne quelque chose pour que t'aies un souvenir de cette fête, sinon, c'est pas marrant. »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Ven 23 Oct 2009 - 14:39

    - Faut t’en prendre à Maia ma crapule, c’était son idée.

    Chiyo se leva, faisant mine de tourner la tête à droite puis à gauche à la recherche de quelqu’un qui n’était autre que son amie Maia. Ha celle là, lorsqu’elle lui mettrait la main dessus elle ne manquerait pas de lui signaler que si elle désirait une Chiyo morte d’une crise de fausses hallucinations, c’était exactement le genre de surprise dont elle devait avoir l’idée. Bon, en réalité, elle était très heureuse que Maia ait eu cette idée, car retrouver Jude comme une apparition à l’endroit exact où elle s’était attendue à tout sauf à le voir, c’était le plus beau cadeau qu’elle pouvait lui faire. Elle aurait bien aimé qu’il vienne la réveille en pleine nuit également, mais elle aurait eu encore bien plus de difficultés à comprendre que sa vision n’était pas qu’une illusion mais la réalité.
    Résignée, faisant la moue, Chiyo vint finalement s’asseoir sur les genoux de son petit-ami qui l’accueillit comme il avait toujours l’habitude de le faire, entourant sa taille de ses bras sur lesquels Chiyo posa les mains .

    - Quand je la retrouve celle là… Elle tourna ensuite toute son attention sur le visage du jeune homme qu’elle observa l’espace de quelques secondes qui lui parurent de nouveau irréelles, puis reprit la parole : Ça va sinon ? Ça se passe comment ? C’est horrible pour moi de pas savoir si tu savais comme tu m’as manqué…

    Bien sûr, elle désirait parler de tout avec Jude sauf de la raison pour laquelle ils avaient été si longtemps séparés. Ceci dit, elle se posait tant de questions en permanence sur la façon dont il vivait si loin d’elle qu’il lui était quasiment impossible de garder en elle toute cette inquiétude et toute cette curiosité. Elle avait tellement peur que la vie soit si difficile pour lui là-bas qu’elle le détruise plus encore qu’il ne l’était déjà par tout ce qu’il s’était passé avant son départ. S’il souffrait, alors elle avait des raisons de souffrir autant lorsqu’il était absent mais si tout se passait bien, au moins, elle aurait cette inquiétude de moins qui la rongerait en permanence.

    - Mouais, c'est parce que j'ai pas le droit à avoir des contacts extérieurs là-bas, du coup, personne a vraiment de nouvelles. Un peu mes parents, mais c'est tout.
    - Ouais, je sais que tes parents en ont de temps en temps. Je ne leur ai jamais rien demandé. J’pense qu’ils ont d’autres chats à fouetter que ta petit amie triste et malheureuse. Ajouta-t-elle avec un sourire, tournant la situation à la dérision bien que lorsqu’on avait connu son état ces dernières semaines, il n’y avait pas grand-chose de dérisoire.
    - Mais sinon c'est... Enfin, on s'y habitue. Et on obtient une nouvelle manière de voir les choses...

    « C'est-à-dire ? » S’empêcha-t-elle de lui demander afin d’éviter de le harceler de questions ce qui , elle le savait, risquait de l’agacer plus qu’autre chose. Au moins, il ne semblait pas traumatisé parce qu’il avait vécu là-bas. Bon, il est vrai que le but du centre n’était pas de le traumatiser et de l’enfermer comme un prisonnier mais Chiyo savait comment était Jude. Il avait quand même dû mettre un certain temps avant d’accepter de parler.

    - D'ailleurs, profite bien de moi tu sais, parce que je repars demain, j'suis qu'en permission, comme un soldat x)

    Si Jude avait tenté de tourner à son tour la situation à la dérision, il n’y était pas parvenu. Il repartait. Le calvaire était loin d’être terminé. Lorsqu’elle avait enfin comprit qu’il était bel et bien revenu aujourd’hui, Chiyo s’était bien dit qu’il ne resterait pas, qu’il y avait une arnaque dans l’histoire, mais inconsciemment, elle s’en rendait compte à présent, elle avait espéré qu’il ne reparte jamais. En tout cas, pas dès le lendemain.

    - Je veux pas que tu repartes…

    S’autorisa-t-elle à dire, la tête baissée tandis qu’elle essayait d’ignorer les douleurs qui criaient à nouveau dans son ventre, comme depuis qu’il était parti. Elle inspira profondément puis releva la tête.

    - Maiiis t’as pas le choix, donc moi non plus. On fera avec j’imagine.

    Elle planta son regard dans le sien et lui sourit tandis qu’elle faisait enroulait ses bras autour de son cou, collant son front au sien. Elle aurait pu rester comme cela l’éternité, simplement à le regarder, à sentir son souffle contre son propre visage et sa peau contre la sienne. Finalement, elle réduisit la distance séparant leurs lèvres et colla les siennes contre celle de Jude quelques secondes, l’embrassant tendrement. Ce fut presque magique, la vitesse avec laquelle son cœur s’emballa à ce moment précis. Elle n’avait pas oublié l’effet que lui faisait Jude, mais apparemment, le manque l’avait encore renforcé avec le temps. Le feu d’artifice qui envahissait son cœur lui fit presque perdre l’esprit, oublier le temps et l’espace, ainsi que les centaines d’autres étudiants qui se trouvaient autour d’eux. Enfin, elle rompit le baiser et s’éloigna à quelques centimètres du visage de son petit-ami, hébétée, chamboulée par l’effet que ce geste qui avec le temps était devenu une habitude et auquel justement, elle avait prit goût. Après ça, elle en avait conscience, ce serait plus dur encore de le laisser partir, mais au moins, elle se forgeait avec lui des souvenirs bien frais auxquels elle pourrait se raccrocher les semaines suivantes. Quelques secondes plus tard, ce fut Jude qui brisa le silence entre les deux adolescents.

    - Allez, viens on bouge. Faut que j'te gagne quelque chose pour que t'aies un souvenir de cette fête, sinon, c'est pas marrant.

    Dans l’absolu, un souvenir de cette fête, elle en avait déjà pour son compte. Mais la soirée ne faisait que commencer et se dire une chose pareille était bien plus réconfortante que continuer de penser que celui qu’elle aimait allait de nouveau lui échapper le lendemain. Jude s’apprêtait à se lever, c’est donc presque à contre cœur, tellement bien installée que Chiyo se leva afin de lui permettre de le faire. Elle entremêla ses doigts aux siens, bien décidée à ne pas le laisser s’éloigner d’elle ne serait-ce qu’un millième de seconde.

    - T’inquiète, j’ai déjà pas mal de souvenirs de cette fête. Où veux-tu aller ?
    - Jude ! Chiyo !

    Elle fit volte face et se retrouva face à Nick Harrison, le cousin de Jude qui, de toute évidence, était au courant de la réapparition de son plus jeune cousin puisqu’il ne sembla pas extrèmement surpris de le voir. Comme à l’habitude, il lui serra la main avec un sourire tandis que Chiyo lui demandait la raison de son appel :

    - Que se passe-t-il ?
    - Vous avez vu Chelsea ?
    - Non…
    - Jay ?
    - Non plus.
    - Je vois… Jay est parti avec Chelsea et genre… Y’a Gabrielle qui pète sa crise Julian va finir par l’étriper. J’comprends pas pourquoi Jay la plaque pas tout simplement, on sait tous la raison pour laquelle il a disparu avec Chels’.
    - En effet. Bah écoute je t’appelle si je les vois. Et Gabrielle t’as qu’à l’assomer à coups de… Carabine. Rit-elle lorsqu’elle eut aperçu le stand qui se trouvait à quelques mètres de là.
    - Pas mauvaise idée… Affirma Nick qui se tourna vers son cousin. Je l’ai surveillé. Dit-il avec un air faussement sérieux en faisant un signe de tête en direction de Chiyo. Elle regarde même pas les autres mecs. Dommage pour eux, j’entends partout que pas mal la trouve jolie…
    - Harrison, go away.
    - Hey, c’est juste pour le rassurer.
    - Tu le rassures mal, allez va voir ailleurs toi.
    - Tu sais que tu deviens presque méchante ?
    - Il faut bien.
    - Si vous voulez faire un tour dans la grande roue, n’y allez pas trop tard, il paraît que ce truc est déglingé et qu’il met un temps fou à faire un tour.
    - C’est noté.
    - Appelle moi sérieux, si tu vois Jay et Chels’.
    - T’inquiète pas.
    - Quel enfoiré Jay de nous laisser avec sa plaie de copine… Bref on se voit plus tard Chy. Jude, à tout à l’heure !

    Il disparu dans la foule, allant certainement rejoindre Julian, Jasper et peut-être Enzo ou simplement continuer de chercher Jason et Chelsea. Depuis quelques semaines, elle s’entendait de mieux en mieux avec Nick. Oh bien sûr, leur relation ne reposait que sur l’ironie et l’énervement mutuel, mais au moins, ils se parlaient. Simplement parce que Nick avait été une des seules personnes avec qui Chiyo avait accepté de parler lors de l’absence de Jude. Ce dernier pouvait être intrigué de les voir s’adresser la parole comme s’ils étaient plus ou moins ami, c’est vrai. Mais sans doute serait-il plutôt content de s’en rendre compte, lui qui s’entendait si bien avec son cousin. Chiyo se retourna vers lui, souriant en pensant à Jason et Chelsea puis lui demanda :

    - Donc ? Tu veux aller à quel stand ?
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Ven 23 Oct 2009 - 18:29

    « D'ailleurs, profite bien de moi tu sais, parce que je repars demain, j'suis qu'en permission, comme un soldat x) »
    « - Je veux pas que tu repartes… »

    Elle n'était pas la seule, lui non plus n'avait pas envie de repartir, surtout maintenant qu'il était chez lui, à Los Angeles, avec toute la liberté qu'il avait toujours eu et dont il était privé au centre. Il ne mourrait pas d'envie de retourner s'« enfermer », même si c'était pour son bien, et surtout, pour Chiyo. Toutefois, une partie de lui ne pouvait s'empêcher de lui hurler que c'était parfait, qu'elle l'aimait toujours, et qu'elle ne voulait pas qu'il reparte, donc il devait rester, question de ne pas avoir à la faire attendre encore plusieurs semaines et de peut-être la perdre. Finirait-elle par se lasser d'attendre après quelqu'un si loin si longtemps ? Jude craignait de voir un garçon quelconque surgir dans la vie de Chiyo et lui volait la vedette, qu'il ne devienne que son « ex cinglé interné à San Francisco », et non « celui dont elle était amoureuse ». Il avait peur de cette éventualité, car même si Chiyo le trouverait absurde de penser de telles choses tant elle ne pouvait pas avoir confiance en elle et avait la capacité de se sous-estimer, Jude était persuadé qu'il n'était pas exclu que quelqu'un vienne courtiser Chiyo durant son absence. Et sur ce coup-là, il faudrait compter sur l'amour qu'elle a pour lui, pour sa fidélité, sa confiance en lui. Or, loin des yeux n'est pas sensé correspondre à loin du coeur ? D'une manière où d'une autre, sa petite amie était confrontée à l'inconnu, une attente sans limites, et ça devait être ça le pire. Comme lui, elle ne pouvait pas cocher des cases sur un calendrier, compter les jours jusqu'à son arrivée. C'était flou, vague, insondable.

    « Maiiis t’as pas le choix, donc moi non plus. On fera avec j’imagine »

    Ses yeux rivés sur le visage fin de Chiyo, voulant photographier mentalement chaque particule qui consistait son visage, Jude demeura silencieux, tirant légèrement sur les pans du blouson de Chiyo pour refermer un peu plus son manteau, comme si elle avait peur qu'elle attrape froid en demeurant immobile sur ses genoux. « T'as pas le choix », bien sûr qu'il avait le choix, non ? Il n'avait pas signé de contrat pour y retourner, à Andrew's Saltire Center. Logiquement, ils pouvaient très bien refuser de continuer le traîtement. Mais ce serait du beau gâchis, n'est-ce pas ? Il avait déjà tellement avancé, et risquer tout perdre pour céder à une tentation si forte pouvait être complètement épouvantable. Et puis, il avait beau vouloir rester, d'un autre côté, il voulait repartir également. Comme s'il craignait qu'en restant trop longtemps ici, le travail qu'il avait fournit là-bas s'envolerait en fumée, qu'il reculerait chacun des pas difficiles qu'il était parvenu à franchir. D'une manière ou d'une autre, il avait peur de ne pas être prêt à être « lâché » de nouveau dans son monde et de devoir l'affronter avec le peu d'armes qu'il avait. Il craignait tellement de perdre tout ce qu'il avait acquis à San Francisco que l'idée de se retrouver de nouveau encadré dans son centre le rassurait.

    Néanmoins, une partie de ses craintes s'envola un instant de l'esprit de Jude lorsqu'il sentit le doux contact des lèvres de sa petite amie sur les siennes. Enfin il pouvait l'embrasser. D'antan, il avait l'impression de pouvoir embrasser Chiyo tous les jours de la semaine, mais maintenant qu'il était à ces centaines de kilomètres d'elle, il avait oublié la plupart des sensations que lui procurait ce moment qui pouvait paraître si banal dans un couple. Cette douceur, cette chaleur, cette simplicité, ce léger goût, son souffle contre son visage, tout l'envahissait progressivement, de sorte que Jude prolongea le baiser encore et encore, sa main caressant doucement la joue de Chiyo et glissant dans ses cheveux. Elle lui avait tant manqué et il avait tant besoin d'elle. Comment réussirait-il à repartir en ayant passé que quelques heures pour combler une absence de plusieurs semaines ?

    Au moins, une chose était sûr, il voulait tout faire pour que cette soirée se passe bien, et qu'il en garde de bons souvenirs. Et aussi, il voulait donner quelque chose à Chiyo pour qu'il se rappelle de lui, aussi idiot cela puisse paraître. Un souvenir matériel, plus que des images et des sentiments. Un truc stupide, mais présent, qu'on peut toucher physiquement, et non spirituellement. Et pour exaucer son vœu, il fallait avouer qu'ils étaient situés dans un des meilleurs endroits.

    « Allez, viens on bouge. Faut que j'te gagne quelque chose pour que t'aies un souvenir de cette fête, sinon, c'est pas marrant. »

    Ses doigts fins recherchant les siens, Jude saisit délicatement la petite main de Chiyo, alors que Nick s'approchait à grands pas vers eux.

    « - T’inquiète, j’ai déjà pas mal de souvenirs de cette fête. Où veux-tu aller ? »
    « - Jude ! Chiyo ! »

    Et un charmant dialogue s'ensuit, durant lequel Jude ne comprenait pas grand chose, il fallait l'avouer. Jason ? Chelsea ? Gabrielle ? Qu'est-ce qu'il y avait dans cette histoire ? Avant de partir, il savait bien que Jason sortait avec Gabrielle, tout en étant meilleur ami avec son ex Chelsea qui éprouvait encore des sentiments pour lui, mais comment avait évolué leur relation ? Chelsea et Jason étaient-ils devenus si proches pour que Nick parle de rupture et de certaines actions que visiblement, même Chiyo connaissait -donc devaient être assez évidentes et connus de tous -. Décidément, il avait loupé un épisode, si bien qu'il garda le silence, un air interrogateur néanmoins sur le visage, attendant que son cousin partage tout ce qu'il avait à annoncer à sa petite amie et finisse par... Oh... Parler de garçons. Bien Nick, sympa d'aiguiser la jalousie d'un garçon en « permission ». De quoi le faire flipper énormément. Bien sûr qu'il se doutait que Chiyo pourrait réussir à plaire et avoir des milliers de prétendants, mais l'entendre de la bouche d'un autre, de son cousin qui plus est, était tout sauf rassurant. « Tu le rassures mal » c'était le cas de le dire, il balisait royalement. Et Jude comptait bien le faire payer à son cher cousin dès qu'il aurait le moment, alors qu'il partait déjà vers d'autres horizons, après leur avoir donné quelques informations sur les lubies de la grande roue.

    « J'ai l'impression d'avoir loupé pas mal d'épisodes durant mon absence. Jason trompe Gabrielle avec Chelsea ? »

    Bon, il fallait l'avouer, ça sonnait assez cru et cruel pour Gabrielle comment Jude le disait, mais comment le demander autrement ? Et ça attisait sa curiosité. De plus, sans Chelsea sur MSN pour le mettre aux informations, il était plutôt dépaysé quant aux évolutions relationnelles de son entourage.

    « Donc ? Tu veux aller à quel stand ? »
    « Euh... »

    Jude lança un regard circulaire aux nombreux stands proposés, ses yeux s'arrêtant néanmoins sur une fille avec un air totalement paniqué qui accourait vers eux. Brune, bouclée, yeux verts, le prototype parfait de la Catherine du GPS, mais le plus effrayant c'est qu'elle avait vraiment l'air de leur en vouloir. Ou plutôt, d'en vouloir à Chiyo, qu'elle apostropha littéralement, laissant un Jude nouvellement paumé en reste :

    « CHIYO ! Faut trop que tu viennes, on a un ENORME problème avec la radio, et on a ABSOLUMENT besoin de toi. Je te jure, c'est la CATA. Allez, viens, viens, viens, vite, sinon tout va exploser o.o »

    Puis, sans ménagement, la brune attrapa littéralement le poignet libre de Chiyo, l'entraînant à vive allure vers l'aménagement de la radio, n'ayant visiblement toujours pas remarqué la présence de Jude. Bon, il était bon pour passer une partie de la soirée en solitaire. L'adolescent haussa les sourcils, dans un air qui voulait dire « C'est pas grave, on s'revoit plus tard », tout en lui balançant :

    « Rejoins moi quand t'auras finit, j'sais pas moi... Vers... »
    « Grande roue. »

    Bon, grande roue. Jude fit un signe d'au revoir à sa petite amie, tournant les talons vers les stands et ce qui devait être la population étudiantes de Los Angeles. Tant pis, il lui trouverait son souvenir matériel tout seul, et en passant, il irait bien se prendre une autre gaufre au nutella...

    ***


    21h42, et il fallait l'avouer, Jude avait rapidement fait le tour de tout le parc d'attraction spécialement aménagé par le comité de l'université, rencontrant certains de ses amis au passage et pouvant passer du temps avec eux. Sans compter Maia, Enzo et Nick avec lesquels il resta une bonne partie du temps durant laquelle Chiyo devait se battre supposément avec la « radio ». Toutefois, vers 21h30, chacun avait finit par partir de son côté, Enzo et Nick remarquant un troupeau de pom pom girls sans défense tandis que Maia lorgnait à un garçon que Jude ne connaissait même pas. Enfin, autant ne pas coller aux basques de sa sœur durant le reste de la soirée pour voir ce qu'elle trafiquait avec ce drôle de bonhomme, il laisserait cette tâche à Enzo. Et surtout, il devrait aller faire un tour pour la deux centième fois vers la grande roue pour voir si Chiyo n'était pas réapparue. Ainsi, d'un bon pas, Jude se dirigea vers l'installation, et ne trouvant pas trace de jeune Kiyomi dans les parages, opta pour faire le guet à quelques dizaines de mètres de la grande roue, s'allongeant dans l'herbe, souvenir dans une main et téléphone portable dans l'autre.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 24 Oct 2009 - 9:48

    - J'ai l'impression d'avoir loupé pas mal d'épisodes durant mon absence. Jason trompe Gabrielle avec Chelsea ?

    Chiyo n’y avait en effet pas réellement pensé, au fait que puisque Jude avait été absent aussi longtemps, il n’était pas au courant des dernières péripéties concernant les jeunes de Los Angeles. Chiyo eut un petit rire et lui répondit simplement, cherchant autour d’elle vers quel stand ils pourraient se diriger pour continuer la soirée.

    - Et bien… Jason aime Chelsea, Chelsea aime Jay. Mais Jay sort avec Gabrielle, une espèce de pimbêche surperficielle qui le prend à la fois pour son prince charmant et pour son majordome. Chels’ refuse d’avoir le mauvais rôle et Jay veut pas faire de mal à Gabrielle. Tu m’diras, maintenant il fait du mal aux deux. Mais bon, comme l’a dit Nick, on sait pourquoi il a préféré laisser Gabrielle seule ce soir et plutôt que Chelsea. Mais il m’énerve lui, Jay, il fait les choses mal, Gabrielle le prendra aussi mal aujourd’hui que demain, si ça n’est pas pire. Donc pour répondre à ta question finalement : Ouais, on peut dire que Jay trompe Gabrielle avec Chels. Je sais que Chels’ aime Jay mais je trouve qu’elle gère pas du tout sur ce coups là, on pique pas le copain d’une autre, elle pourrait attendre… Enfin bon ça semble moins choquer les autres que moi, j’dois être faite à l’envers.

    Elle fit « non » de la tête, exaspérée à la fois par ce dont elle parlait, mais également par elle-même. Elle n’arrivait pas à comprendre Chelsea sur ce coups là. Bon il était vrai que si Jude décidait de se mettre avec une autre fille, elle aurait tout fait pour le récupérer, quitte à avoir l’air ridicule. Elle savait Chelsea très amoureuse de Jason, donc pour ce point, elle la comprenait. Mais de là à sortir en douce avec lui alors que la nuit suivante, il était dans le lit d’une autre, Chiyo aurait eu du mal à l’accepter. Rectification, elle ne l’aurait pas accepté, définitivement. Possessive ? Aussi difficile à avouer cela puisse être, plutôt oui. Jalouse ? Complètement. Elle n’aurait par conséquent jamais pu partager Jude comme Chelsea partageait Jason. Par ailleurs, elle trouvait cela assez malsain.

    - Donc, tu veux aller à quel stand ? Lui demanda-t-elle finalement.
    - Euh…
    - CHIYO !

    La petite brune fit volte face en direction de là vers où se dirigeait le regard de son petit ami et aperçu, arrivant en courant vers le couple une de ses coéquipières de la radio étudiante à UCLA, apparement paniquée par elle ne savait trop quoi.

    - Faut trop que tu viennes, on a un ENORME problème avec la radio, et on a ABSOLUMENT besoin de toi. Je te jure, c'est la CATA. Allez, viens, viens, viens, vite, sinon tout va exploser o.o
    - Oui mais c'est-à-dire que là…

    Tu parles, elle n’avait même pas eu le temps d’en placer une qu’Alice lui attrapait le poignet pour l’entraîner vers la station de radio. Mais, elle n’y travaillait pas aujourd’hui, pourquoi est-ce que c’était toujours elle que l’on appellait lorsqu’il y avait des problèmes techniques ? Elle n’était pas magicienne, et encore moins mécanicien. Paniquée, elle jeta un regard à l’adresse de Jude qui semblait lui faire remarquer que ça n’était pas si grave que ça le paraissait. Alors quoi ? Il en restait que quelques heures et elle elle devait… S’occuper de la radio ? Mais c’était une mauvaise blague ou bien… ?

    - Rejoins moi quand t'auras finit, j'sais pas moi... Vers... »
    - Grande roue.

    C’était la première chose qui lui était venue à l’esprit. Au moins là bas, elle aurait Jude rien que pour elle. Adieu la foule et tout ceux qui venaient briser leur moment. Nom d’un chien, elle n’en revenait pas. Est-ce qu’un seul jour dans leur vie ensemble ils auraient leur minute de chance ? Elle suivit finalement Alice, résignée tout en essayant de se dépêcher. Plus vite elle réglerait le problème, plus vite elle pourrait rejoindre Jude.

    - Que se passe-t-il ? Lui demanda-t-elle tandis qu’elles couraient en direction de la station.
    - Et bien Edward a voulu tout débrancher parce que le son passait mal et puis y’a eu un court circuit bizarre. Résultat, tout semble grillé.
    - Mais j’y connais rien moi en mécanique et électricité.
    - Non mais tu t’y connais un peu en tout, tu pourras peut-être régler le problème…

    La tâche dura presque trois quart d’heures. Tout ça pour une prise qui dès le départ ne fonctionnait pas et une résistance trop lourde au niveau du branchement des casques, ce qui empêchait la retransmission au départ. La réparation ne fut pas extrêmement longue, puisque rien n’était vraiment grave, mais alors que tout semblait grillé, comme l’avait dit Alice, l’ensemble du matériel se remit à fonctionner comme par magie sans que personne ne s’en rende compte :

    - Ça fonctionne ? demanda Alice.
    - Non…
    - Mais si ça fonctionne imbécile !
    - Comment tu le sais ?
    - Bah c’est rouge regarde, et la barre de son monte quand on … Parle … ?
    - Mais j’entends rien dans le casque !
    - Tu l’as pas branché mais d’où tu soooors ?!

    Edward avait branché son casque alors même que la radio était retransmise dans toute la fête foraine, produisant un bip strident durant quelques secondes qui agressa les oreilles de tous les adolescents.

    - Faut éteindre !
    - Qu’est-ce que j’en sais moi ?
    - Donne !

    Puis plus rien, elle avait enfin réussit à mettre fin à la plaisanterie. Démoralisée, Chiyo quitta finalement ses coéquipiers qui la remerciaient pour une chose dont ils auraient très bien pu se rendre compte tout seul. Bon, ils avaient quand même réussit à griller les circuits d’un des amplis qui permettait la retransmission de l’émission au sein de la fête foraine, mais c’était irréparable pour le moment. Tant pis, l’administration de l’université ne porterait pas préjudice à l’association si celle-ci leur annonçait que le matériel était défectueux dès le départ et même si elle aurait pu le faire, Chiyo s’en moquait éperdument pour le moment. Tout ce qui comptait, c’était Jude, ils avaient déjà perdu bien assez de temps comme cela. Elle se rendit donc jusqu’à la grande roue en courant mais ne l’y trouva pas. Bien sûr, il n’avait pas dû l’attendre comme un poteau devant et avait dû prendre le temps de faire un ou plusieurs tours. Elle s’installa sur un muret où plusieurs dizaines d’adolescents dégustaient leur sucreries qui leur serviraient ce soir de dîner puis attendit. Jude ne tarda pas à se montrer, ce qui la rassura. Si elle avait dû l’attendre plus longtemps, elle aurait certainement piqué une crise intérieurement et aurait encore plus de choses à reprocher à Alice et au reste de l’association. Elle courut finalement jusqu’à lui :

    - J’suis vraiment désolée c’était tout sauf prévu j’ai dû me retenir pour ne pas la tuer. Normalement j’devais pas m’occuper de ça ce soir, si t’avais pas été là j’en aurais rien eu à faire ça m’aurait occupé mais… Enfin bref j’suis désolée.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 24 Oct 2009 - 13:44

    « Ça fonctionne ? »
    « Non… »
    « Mais si ça fonctionne imbécile ! »
    « Comment tu le sais ? »
    « Bah c’est rouge regarde, et la barre de son monte quand on … Parle … ? »
    « Mais j’entends rien dans le casque ! »
    « Tu l’as pas branché mais d’où tu soooors ?! »

    Jude et Nick se lancèrent des regards interrogateurs, après avoir grimacé face au son strident sortant tout droit des haut-parleurs provenant de la radio. Ils rêvaient ou c'était bien Chiyo qui parlait à l'Université de Los Angeles pratiquement au grand complet ? Enfin, directement, elle n'était pas en train de leur parler, elle était plutôt en train de leur donner des informations sur le fonctionnement de leur radio, tout en traîtant son coéquipier de parfait imbécile.

    « Faut éteindre ! »
    « Qu’est-ce que j’en sais moi ? »
    « Donne ! »

    Jude et Nick éclatèrent de rire en cœur, face à l'énervement de Chiyo. Sur ce coup là, ils avaient fait fort. Comme quoi, désormais, l'UCLA pouvait se poser des questions face aux capacités des régisseurs de la radio étudiante. En tout cas, maintenant que sa petite amie semblait avoir « éteint » ce qui devait se faire éteindre, elle ne devrait pas tarder à le rejoindre au niveau de la grande roue ? C'est ainsi qu'après avoir quitté ses amis qu'il se dirigea vers l'attraction, s'asseyant sur l'herbe fraîche du terrain à quelques dizaines de mètres de la grande roue tandis qu'une voix jaillissait derrière lui.

    « J’suis vraiment désolée c’était tout sauf prévu j’ai dû me retenir pour ne pas la tuer. Normalement j’devais pas m’occuper de ça ce soir, si t’avais pas été là j’en aurais rien eu à faire ça m’aurait occupé mais… Enfin bref j’suis désolée. »

    Jude sourit, invitant Chiyo à s'asseoir à ses côtés. La fête foraine commençait à perdre un peu d'étudiants, ces derniers ayant certainement une soirée bien arrosée de prévue après avoir exploité toutes les attractions possibles qui leur étaient offertes. Et surtout, la grande roue avait tellement de problèmes mécaniques que plus personne ne semblait décider à vouloir l'essayer, de peur sans doute de rester bloquer au sommet de l'attraction, ou demeurer la tête en bas pendant plusieurs heures.

    « C'est pas grave... Qu'est-ce que tu veux faire ? J'ai un peu fait le tour du parc donc... On va où toi tu veux. D'ailleurs... »

    L'adolescent sourit d'un air malin, tirant de derrière son dos un dragon des mers en peluche. Certes, ce n'était pas la réplique même de celui qu'il avait dessiné sur le plâtre de sa petite amie après une malheureuse rencontre avec Alexander Boyle et sa clique, mais ça pouvait leur rappeler de bons souvenirs de cette soirée assez tumultueuse aussi, n'est-ce pas ? Et puis, c'était un de leur souvenir, donc lui offrir une preuve matérielle de leur mémoire pouvait s'avérer judicieux. En plus, il était doux et moelleux, des atouts essentiels pour être de bonne compagnie. L'air joueur, Jude caressa le nez de Chiyo avec le museau du dragon des mers, riant en voyant sa voisine froncer le nez à ce contact.

    « J't'avais dit que j't'offrirai un cadeau. En plus, il est tout doux. »

    Jude déposa doucement l'animal en peluche sur les genoux de Chiyo, avant de s'allonger dans l'herbe, les yeux rivés vers le ciel étoilé légèrement voilé par les nombreuses lumières fournit par les différentes attractions et banderoles. Son regard se stoppant sur l'étoile polaire, si lumineuse parmi ses compères, le garçon prononça :

    « J'adore être dehors, y'a tellement de choses à voir et faire. Au centre c'est un peu ennuyant. »

    L'air frais, un ciel étoilé, de l'herbe, tout ce dont il avait été privé en était confiné dans un centre avec le même décor encore et encore. Demeurer éternellement dans les mêmes pièces, s'ennuyant à mourir avec un quotidien rythmé par des visites médicales ou un emploi du temps des plus sanitaires, Jude avait l'impression de revivre en sentant tout simplement le vent indomptable contre son visage, ou franchir plusieurs mètres sans avoir à ouvrir une porte ou foncer dans un mur. D'ailleurs, ça devait être une des choses qui manquaient le plus aux autres malades du centre. Le fait de demeurer toujours à l'intérieur. Ils avaient pratiquement l'impression d'être dans un sous-marin, ne pouvant savourer l'immensité du monde extérieur que par des fenêtres qu'on ne pouvait pas trop approcher sous peine de se faire interroger par un des psychologues employé.

    « Mais on s'occupe comme on peut. L'autre soir avec Colin on s'est même barrés du centre pendant la nuit pour aller acheter des chewin-gum à un ami. Il arrêtait pas de dire qu'il en voulait, et vu que c'était son anniversaire, on a fait le mur pour aller lui en chercher. On est passé par la fenêtre et tout on a cru qu'on allait se faire déchirer par les surveillants après. Surtout qu'on a faillit s'faire attraper par le pire de tous en plus. Mais on a eu d'la chance, et notre ami son cadeau d'anniversaire. On s'est bien marré après d'ailleurs... »

    Jude eut un léger rire, lançant un coup d'oeil à Chiyo qui semblait l'écouter attentivement.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 24 Oct 2009 - 18:18

    - J’suis vraiment désolée c’était tout sauf prévu j’ai dû me retenir pour ne pas la tuer. Normalement j’devais pas m’occuper de ça ce soir, si t’avais pas été là j’en aurais rien eu à faire ça m’aurait occupé mais… Enfin bref j’suis désolée.
    - C'est pas grave... Qu'est-ce que tu veux faire ? J'ai un peu fait le tour du parc donc... On va où toi tu veux. D'ailleurs...

    Sous le regard curieux de Chiyo, Jude dévoila ce qu’il cachait derrière son dos depuis qu’elle l’avait aperçu à quelques dizaines de mètres de la grande roue où elle lui avait donné rendez-vous. Un dragon des mers en peluche, pas exactement le même mais un beau clin d’œil au dessin qu’il avait jadis colorié sur son plâtre au poignet gauche qu’elle avait gardé quelques semaines après une mauvaise chute lors d’une bagarre qu’elle avait justement voulu éviter. Seulement, sa colère avait prit le dessus lorsque son ennemi de toujours, Alexander Boyle, avait prit le dessus, et son emportement avait causé sa perte. Leur perte, elle s’en voulait d’ailleurs toujours de s’être emportée ce jour là, vu l’état dans lequel était rentré Jude. Sur sa bouille d’afficha un sourire radieux telle une enfant qui découvre la nature de son cadeau de Noël après en avoir déchiré le papier d’emballage. Elle s’en saisit et le serra contre elle tandis qu’elle s’approchait de Jude et l’entourait lui aussi de ses bras.

    - Merci, maintenant j’dormirais entre lui et ma peluche de Yoshi x)

    Elle s’éloigna de lui et se dressa sur la pointe des pieds afin de déposer un rapide baiser sur ses lèvres, lequel comme le précédent, alluma en elle toutes les fusées prêtes à décoller. Elle revint à sa taille normale, baissant un instant les yeux en sentant ses joues s’empourprer stupidement. Elle avait la folle impression de revenir presque à la case départ tellement un contact aussi simple soit-il avec Jude la mettait dans tous ses états. Et si elle rougissait, c’était parce qu’elle n’avait aucune idée de la façon dont elle pouvait gérer l’effet qu’il lui faisait.

    - J'adore être dehors, y'a tellement de choses à voir et faire. Au centre c'est un peu ennuyant.

    Chiyo resta silencieuse, attendant la suite. Apparemment, Jude n’épprouvait pas de difficultés à parler du centre dans lequel il vivait depuis plusieurs semaines, ce qui au fond, l’étonnait un peu. Il avait toujours été très réservé, même avec elle, lorsqu’il s’agissait de parler de sa tentative de suicide comme du fait qu’il était malade. Il n’en parlait pas ouvertement, mais au moins, parler du centre n’était pas tabou, ce qui en soi, rassurait Chiyo quelques peu.

    - Mais on s'occupe comme on peut. L'autre soir avec Colin on s'est même barrés du centre pendant la nuit pour aller acheter des chewin-gum à un ami. Il arrêtait pas de dire qu'il en voulait, et vu que c'était son anniversaire, on a fait le mur pour aller lui en chercher. On est passé par la fenêtre et tout on a cru qu'on allait se faire déchirer par les surveillants après. Surtout qu'on a faillit s'faire attraper par le pire de tous en plus. Mais on a eu d'la chance, et notre ami son cadeau d'anniversaire. On s'est bien marré après d'ailleurs..

    Elle eut un petit rire, contente au moins d’entendre que là-bas, il avait des amis. Que ça n’était pas qu’une prison où il devait tout affronter tout seul. Cependant, avec un ton faussement accusateur, elle répliqua :

    - Jude Ersley, t’es un vrai délinquant. Imagine si tu te fais choper. Ils vont appeler tes parents et tu te feras super gronder ! La prochaine fois, sors pour faire quelque chose d’utile, du genre venir chez moi x)

    Elle lui sourit timidement et se retourna vers la grande roue qui se dressait devant eux, imposante. Les rumeurs sur sa mauvaise qualité avaient vidé la file d’attente, mais celle-ci semblait tout de même se remplir et se vider à un bon rythme. Elle entremêla les doigts de sa main libre avec les siens et le tira jusqu’à l’entrée avec un sourire.

    - Au moins personne ne viendra nous séparer la dedans.

    Ils firent la queue quelques minutes et finirent par pouvoir enfin entrer dans l’une des cabines arrivant à un rythme régulier au pied de la roue alors que d’autres adolescents en sortaient, certains apparemment chamboulé par le vertige dont ils avaient été l’objet durant le temps de l’attraction. Du haut de ses un mètre cinquante-cinq, Chiyo n’eut même pas à baisser la tête pour y entrer, ce qui ne lui échappa pas, étant donné que Jude devait limite se plier en deux pour le faire. Décidémment, elle était vraiment minuscule, c’était dans des moments comme celui-ci qu’elle s’en rendait compte. Elle se rapprocha de Jude lorsque celui-ci fut entrer et lorsqu’ils eurent enfin quitté la terre ferme, elle sortit son téléphone portable :

    - Allez, on prend des photos, j’veux pouvoir en rajouter sur le mur de ma chambre =)
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Dim 25 Oct 2009 - 16:01

    Un sentiment de fierté envahit Jude tandis qu'un sourire illuminait le fin visage de celle qu'il aimait tant en apercevant le dragon des mers qu'il lui avait gagné. A défaut de la faire souffrir avec ses états d'âmes et ce qui pouvait être considéré comme une « maladie », cette fois-ci, il était parvenu à la faire sourire, à la rendre heureuse. Et surtout, elle l'aimait encore, si bien qu'elle le serait dans ses bras, et que Jude ne put s'empêcher de retenir l'étreinte, inspirant profondément le doux parfum de Chiyo, s'en enivrant totalement, son cœur battant la chamade d'amour pour elle. Elle ne l'avait pas oublié, elle l'aimait toujours, et c'était tout simplement merveilleux. Beaucoup de filles ne se seraient pas embêtées à attendre un petit copain dépressif et suicidaire en cure à des centaines de kilomètres, beaucoup auraient trouvé cela trop dur, auraient préféré tourner la page d'un chapitre malheureux pour en commencer un tout nouveau, avec de nouveaux acteurs, de nouvelles péripéties. Mais Chiyo n'en avait rien fait, elle l'avait attendu, elle avait été déterminée à préserver son amour pour lui, comme lui se battait pour elle à chaque minutes de ces longues journées au centre.

    « Merci, maintenant j’dormirais entre lui et ma peluche de Yoshi x) »

    Sa peluche Yoshi, ce truc bleu immense – pratiquement plus grand que Chiyo, il fallait le préciser – qui envahissait son lit en permanence. Aucun doute, lorsque Jude et Yoshi étaient dans la même chambre, Chiyo avait à faire un choix. Les trois ne rentraient tout simplement pas dans le mobilier, ce qui pouvait amuser Jude d'ailleurs, qui voyait ce cher dragon se faire relayer au second plan lorsqu'il était là. Il était privilégié, plus important que cette peluche avec laquelle Chiyo avait passé pourtant plus d'heures qu'avec lui. Mais l'avantage du dragon des mers que Jude avait gagné, c'était qu'ils entreraient certainement à trois dans le même lit, bien que ce dernier était de taille conséquente tout de même. Un sourire tendre aux lèvres, l'adolescent commenta :

    « Tu seras bien accompagnée, alors. »

    Chiyo l'embrassa de nouveau, s'appuyant sur la pointe de ses pieds pour être à peu près à sa taille. Jude savoura de nouveau ce moment, si simple mais si important, si privilégié et si rare ces dernières semaines. Comme il aurait aimé pouvoir voir Chiyo plus souvent, bien plus souvent, pouvoir la tenir dans ses bras, pouvoir l'embrasser de nouveau, ou simplement caresser ses joues rosies par l'embarras qu'elle éprouvait en permanence. Son pouce passant sur les joues douces de Chiyo, et replaçant quelques mèches rebelles d'ébène qui cachaient le visage de la jeune Kiyomi, Jude changea de sujet, dans le but de lui partager un petit bout de sa vie à San Francisco, mais aussi d'expulser loin d'eux une probable gène que pouvait éprouver sa voisine.

    Alors qu'il lui racontait une de ses anecdotes les plus récentes et audacieuses qu'il avait eut au centre, le jeune homme observa la grande roue qui semblait « buguer » à plusieurs moments, procurant certainement aux passagers des sensations tout à fait inédites. Puis, son récit achevé, il entendit.

    « Jude Ersley, t’es un vrai délinquant. Imagine si tu te fais choper. Ils vont appeler tes parents et tu te feras super gronder ! La prochaine fois, sors pour faire quelque chose d’utile, du genre venir chez moi x) »
    « Mais ça je le ferai de retour à Los Angeles, voire même cette nuit... »

    Un sourire malin sur les lèvres, l'adolescent sentit de nouveau la petite main de Chiyo prendre refuge dans la sienne pour l'entraîner vers la Grande roue suspecte. Bon, au moins, elle avait raison sur un point : personne ne pourrait les séparer dans une des nacelles de l'installation. Absolument personne, ils seraient rien qu'eux deux, à quelques dizaines de mètres du sol, avec l'impression de toucher le ciel. Après plusieurs minutes de file d'attente, Chiyo et Jude finirent par prendre place dans une des nacelles, qui se mit rapidement à se mouvoir.

    « Allez, on prend des photos, j’veux pouvoir en rajouter sur le mur de ma chambre =) »

    L'adolescent émit un léger rire, alors que Chiyo commençait déjà à bombarder la cabine de photographies. Se prêtant au jeu, le garçon déposa un baiser sur la joue de Chiyo, juste avant que finalement, la cabine s'arrête net, le téléphone valsant au passage sur le sol de la nacelle. Par réflexe, Jude se pencha pour rattraper le téléphone portable de sa petite amie, au même moment où toutes les lumières de ce qui semblait être le parc d'attraction s'éteignirent, plongeant les californiens dans une obscurité des plus totales et effarantes. Ses doigts se refermant sur le téléphone portable, Jude se rassit convenablement aux côtés de Chiyo, plaçant dans sa main son moyen de communication tandis qu'un horrible hurlement strident survint. Un cri à glacer le sang, il fallait l'avouer, comme s'il y avait un psychopathe qui venait d'égorger des dizaines d'adolescents en même temps en bas. Fronçant les sourcils, Jude jeta un coup d'œil à l'extérieur. Bien, ils étaient pratiquement au sommet de la grande roue, donc inutile de vouloir sauter à moins de vouloir mettre fin à ses jours. Quelle bonne position. Les yeux de Jude scrutèrent l'obscurité, voyant une sorte de mare se déplacer sous lui, mare constituée d'élèves en furie effrayés et alertés par le cri épouvantable de la jeune femme. Alors que un véritable brouhaha s'intensifiait là-bas, le jeune Ersley revint vers Chiyo, grimaçant.

    « J'sais pas trop c'qu'il se passe là-bas mais j'pense que c'est pas bon signe pour nous... »

    Il observa le parc d'attraction se vider progressivement, pour finalement ne rester plus que ceux qui étaient emprisonnés dans les attractions. Bien, il faudrait attendre que quelque daigne remettre les pieds dans le coin pour ne pas espérer fêter leur centenaire sur une grande roue. Sa vision s'adaptant lentement à l'obscurité, le jeune Ersley finit par saisir son propre téléphone, envoyant un SMS à Nick, Maia et Enzo pour d'une part s'informer de leur état de santé, et d'autre part, en savoir un peu plus sur ce qu'il se passait. Une dizaine de minutes plus tard, il avait reçu deux réponses.

    Nick Harrison a écrit:
    J'sais pas, c'est l'bordel, y'a une fille qu'a gueulé, et tout l'monde s'est mit à courir dans tous les sens. J'suis rentré chez moi, comme une bonne partie de la populace.


    Enzo Ersley a écrit:
    Rassure moi, t'es avec Chiyo ? J'suis rentré avec Maia, enfin, on s'est rejoint à Sunset Hills, c'était plutôt la panique au parc. Et puis les jetons ont du sauté, donc, c'plus intéressant. T'es où ? Tu rentres ? Maman est en train de flipper grave ! En tout cas, nous on ressort au Viper Room, alors, bonne soirée !

    Jude pianota sur son clavier téléphonique pour envoyer sa situation à Enzo, et se retourna vers Chiyo, la mettant aux informations :

    « Mystère et boules de gomme. Mais tout l'monde va bien. Et j'espère que tu n'es pas claustrophobe puisqu'il est envisageable qu'on soit bloqué tous les deux ici ma crapule... »

    L'adolescent sourit dans l'obscurité, discernant de mieux en mieux les traits de son interlocutrice, qu'il embrassa doucement sur les lèvres, profitant de ce moment de calme total qui reposait, il fallait l'avouer, grandement ses oreilles. Il détacha ensuite ses lèvres de celles de sa petite amie, demandant, d'un air faussement sérieux, trahi totalement par son large sourire :

    « Tu penses me supporter pendant tout ce temps ? »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Dim 25 Oct 2009 - 20:34

    Chiyo ne put s’empêcher de sourire lorsque Jude lui annonça qu’il passerait peut-être le reste de la soirée, si ça n’était pas la nuit – au cas où il ne préférerait pas retrouver son propre lit -, avec elle. Elle en rêvait toutes les nuits, de le voir passer par la fenêtre à deux heures du matin alors que son père dormait en lui annonçant qu’il venait lui dire bonne nuit ou lui disant qu’il préférait dormir avec elle plutôt que seul dans sa chambre. Le simple fait de l’imaginer à nouveau dormir paisiblement avec elle relevait plus du rêve que de la réalité à présent, si bien qu’elle avait du mal à y croire. Mais s’il disait vrai, elle était sur le point de passer la plus belle nuit depuis bien des semaines.

    Une fois installés dans la cabine de la grande roue qui, comme ils avaient pu l’entendre plusieurs fois parmi la foule d’élèves de UCLA, ressemblait à une véritable antiquité, Chiyo sortit donc son téléphone cellulaire de sa poche et commença à bombarder de photos l’intérieur de la cabine avant de se concentrer sur Jude et de prendre en cliché chacune de ses expressions, le prenant parfois par surprise et déposant de temps à autres des baisers rapides sur ses lèvres qu’elle immortalisa à l’intérieur de son portable, à la manière d’une gamine de quatorze ans qui s’amuse avec son nouveau jouet que lui a offert le père Noël. Elle s’installa timidement juste à côté de Jude pour les prendre en photos tous les deux et alors que Jude la prenait par surprise en déposant un baiser sur sa joue, elle cessa de bouger lorsque la lumière s’éteignit non seulement à l’intérieur de la cabine mais également partout autour d’eux, tandis que la roue s’arrêtait bel et bien de tourner dans un bruit mécanique assez peu encourageant concernant la suite de la soirée. Enfin, le son se coupa également, plongeant l’ensemble de la fête non seulement dans l’obscurité mais dans le silence le plus complet. Un silence qui fut quelques secondes à peine plus tard brisé par un cri effroyable qui fit sursauter la petite asiatique tandis qu’elle se mordait la lèvres, essayant de comprendre ce qu’il pouvait bien se passer à plusieurs dizaines de mètres en dessous d’eux.

    - J’vois rien… Ca fiche les jetons…
    - J'sais pas trop c'qu'il se passe là-bas mais j'pense que c'est pas bon signe pour nous…

    Elle jeta un coups d’œil inquiet par la fenêtre de la cabine, observant une mare d’étudiants courir vers la sortie du parc dans un brouhaha perpétuel, ce qui ne manqua pas de la faire paniquer.

    - Purée ça craint, ça craint…

    Telle une enfant dans une voiture, elle se hissa assez bien pour pouvoir tout regarder tandis que son cœur s’affolait et que son ventre se faisait douloureux. Elle n’avait pas le vertige, elle n’était pas non plus très claustrophobe – tant que ça n’était pas combiné à une agoraphobie maladive -, donc ça allait. Cependant, elle et son petit ami étaient tout de même coincés à une distance mortelle du sol et même s’ils n’étaient certainement pas les seuls à être dans cette situation, oui, elle avait peur. Jude, de son côté, saisit son téléphone portable et commença à taper des messages textes, ce que Chiyo imita presque aussitôt, prenant des nouvelles de Chelsea et Ryo, certaine que Jude s’était chargé de se renseigner sur son frère. Les réponses ne se firent pas attendre :

    Ryo a écrit:
    Bof, j’suis coincé avec ma copine et deux potes dans le train fantôme et la sécurité est passée en nous disant de ne pas bouger. Ce qui est con. On s’emmerde et il caille. En plus, ces espèces d’enfoirés ont l’air d’avoir abandonnée les UCLAens ici. Bref, c’est la lose.

    Chelsea a écrit:
    Je venais juste de laisser Jay près des auto-tamponneuses. Tout s’est éteint et une fille a crié, tout le monde s’est mit à paniquer. Y’a la foule c’est super dur de sortir et tout l’monde dit qu’il leur manque des amis. En gros j’suis toute seule mais j’ai l’impression que y’a pas que moi. Ça fait flipper.

    - Mystère et boules de gomme. Mais tout l'monde va bien. Et j'espère que tu n'es pas claustrophobe puisqu'il est envisageable qu'on soit bloqué tous les deux ici ma crapule...
    - Oui de mon côté aussi, mais ils ont tous l’air septiques. Chelsea a même un peu les jetons, alors qu’elle elle est sur la terre ferme. Y’a une drôle d’ambiance en bas apparemment…

    Chiyo rangea son cellulaire dans la poche de son jean et posa ses deux mains sur ses jambes qu’elle remuait nerveusement tandis que Jude semblait tourner la situation à la dérision. Ce n’était pas pour elle qu’elle s’inquiétait, c’était pour l’ambiance spéciale qui avait lieu plusieurs dizaines de mètres en dessous d’eux. C’était quoi ? Une mauvaise farce d’Halloween ou une réelle panne qui pouvait se révéler inquiétante ? Elle espérait que tout le monde allait bien, y comprit la jeune fille qui avait crier, même sans connaître son identité. Elle sentit Jude se rapprocher d’elle puis l’embrasser délicatement sur les lèvres, baiser qui l’émoustilla autant que tous les autres qu’ils avaient partagé depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Souriant et sur un ton faussement sérieux, il brisa le silence :

    - Tu penses me supporter pendant tout ce temps ?

    Elle sourit, laissant échapper un petit rire nerveux tout en baissant la tête.

    - Tu plaisantes ? Être enfermée ici avec toi était le plus beau cadeau qu’ils pouvaient me faire. Tu peux plus t’échapper maintenant…

    Elle enroula ses bras autour du cou de son petit-ami et déposa délicatement ses lèvres sur les siennes, lui offrant tout d’abord un tendre baiser sans presque même remuer les lèvres, tout en douceur extérieure mais en explosion intense intérieure, un baiser simple qui lui fit plus de bien que tout ce qu’elle avait pu essayer de faire ces dernières semaines pour se redonner le sourire. Cependant, elle l’intensifia, juste parce qu’elle en avait besoin, simplement parce que sentir sur ses lèvres le souffle de Jude lorsqu’ils les séparaient l’espace d’une demi seconde la comblait de bonheur, et lui faisait rechercher plus. Plus, à chaque fois qu’elle posait ses lèvres sur les siennes. Ce doux baiser se transforma en baiser amoureux, puis fougueux tandis qu’elle entremêlait ses doigts entre les mèches blondes du jeune homme, se rapprochant chaque fois un peu plus de lui, mordillant de temps à autre sa lèvre inférieure tandis qu’elle rendait sa propre respiration haletante, se donnant à peine le temps de respirer entre chaque contact. Les yeux fermés, elle ne pensait plus qu’à lui et à l’énergie digne de faire décoller une fusée que ce simple baiser lui apportait. Ce petit jeu dura plusieurs dizaines de secondes et, respiration oblige, elle mit fin au baiser, baissant simplement la tête. Elle inspira profondément, un sourire béat sur le visage, l’air chamboulée. Enfin, elle releva les yeux puis s’installa à genoux sur la banquette, les fesses posées contre ses talons afin d’être à la hauteur de Jude puis posa son front contre le sien sans même retirer ses bras posés sur ses épaules, puis profita quelques secondes supplémentaires du souffle de Jude sur son visage, humant son parfum et s’en imprégnant autant qu’elle en était capable tandis qu’avec un sourire timide, elle remarquait :

    - Ouah… J’en reviens pas que tu sois là…
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Mer 4 Nov 2009 - 18:05

    Jude ignorait quelle ambiance était la plus sinistre entre celle de la fête foraine et celle du centre. Dans les deux cas, il vivait une situation des plus nouvelles, et n'avait absolument aucun contrôle sur ce qui arriverait, tout en l'ignorant royalement. Sauf qu'après réflexion, Jude choisirait certainement celle de la fête foraine, car contrairement au centre de San Francisco, il n'était pas seul, mais avec Chiyo. Là-bas, le poids de la solitude l'étouffait comme jamais il l'avait fait, et bien que le centre avait des vertus bénéfiques sur lui, être dans des circonstances effrayantes avec Chiyo était bien plus agréable, voire rassurant. Le besoin d'autrui, certainement, ou la simple assurance d'avoir quelqu'un sur qui compter, à qui parler, qui était indéniablement dans la même situation que nous-même. Et puis, plus généralement, ils étaient plusieurs dans la panique. Certes, peu d'entre eux étaient accrochés à plusieurs dizaines de mètres du sol dans une cabine de grande roue, mais ils constituaient une plus grande communauté d'êtres en péril qu'il pourrait jamais y en avoir dans l'institut où Jude était interné.

    La première dizaine de minutes se déroula de façon plutôt naturelle. Jude et Chiyo s'étaient penchés de concert pour essayer de comprendre ce qu'il se passait en bas, bien qu'avec l'obscurité régnant nouvellement, il ne parvenait à distinguer quelque chose, sinon qu'une vague d'élèves rythmée par des bruits divers et variés, dont cris et hurlements. Puis, ça avait été le temps des messages textes qui, comme s'ils avait prit ce réflexe là depuis l'arrivée des téléphones portable, avaient été effectués presque par complémentarité, Jude joignant sa famille tandis que Chiyo essayait de voir du côté de son cousin et de sa « grande soeur ». Au moins, ils avaient l'assurance qu'ils allaient tous bien, même si Ryo était toujours dans un manège et ne pouvait pas rentrer chez lui comme l'avait fait les autres – quoi qu'à y réfléchir, Ryo devait sûrement être mieux lotit que Chiyo et Jude question dangerosité. - Quoi qu'il en soit, se faisant à l'idée qu'ils resteraient certainement coincés plusieurs heures le temps que tout rentre dans l'ordre ici-bas, Jude s'amusa à tourner la situation à la dérision, comme pour rassurer à la fois Chiyo et une partie de lui-même qui serait enchantée de connaître l'identité de tous les problèmes présents.

    « Tu penses me supporter pendant tout ce temps ? »

    Rire, que Jude tenta d'enregistrer dans son cerveau comme s'il n'était nulle autre qu'un magnétophone. L'adolescent caressa doucement la joue douce de Chiyo, après que celle-ci ait baissé la tête, comme elle le faisait toujours dans ce genre de situation. Dieu qu'elle lui avait manqué, et que c'était bon de la revoir ; mais que ce serait difficile de la quitter de nouveau...

    « Tu plaisantes ? Être enfermée ici avec toi était le plus beau cadeau qu’ils pouvaient me faire. Tu peux plus t’échapper maintenant… »

    Il sourit, sentant les bras de sa voisine s'enrouler autour de son cou avant de l'embrasser de nouveau. Jude prolongea doucement le baiser, sa main caressant de nouveau la joue de Chiyo, tandis qu'il sentait les mains de sa petite amie passer dans ses mèches blondes comme à son habitude. Un baiser qui dura environ une minute, passant du tendre et innocent baiser à la fougueuse union, jusqu'à ce que l'adolescente rompe le baiser, se réinstallant de nouveau sur la banquette de la cabine. Qu'ils pouvaient avoir l'air bizarre, d'ailleurs, à s'embrasser dans ce genre de situation. N'importe qui paniquerait jusqu'à l'excès, mais non, eux, il se réjouissait d'être mis en situation presque mortelle, et s'embrassaient comme si de rien n'était, comme s'ils étaient sur la terre ferme ou dans la baignoire haineuse des Kiyomi.

    « Ouah… J’en reviens pas que tu sois là… »

    Et lui n'en revenait pas qu'elle était venue à cette fête foraine, qu'elle l'avait attendu tout ce temps et qu'elle l'aimait encore. Qu'aucun garçon n'ait prit sa place, que son amour soit resté intacte, et que leur cœur battaient toujours à l'unisson. Un léger sourire sur les lèvres, Jude se rapprocha de Chiyo qui déposa ses jambes sur ses cuisses, afin d'être un minimum en face l'un de l'autre, bien que partageant la même banquette.

    «  Et moi j'en reviens pas comment tu m'as manqué. »

    Il baissa les yeux sur les genoux de Chiyo s'étonnant que le brouhaha à l'extérieur se soit calmé, leur donnant presque l'impression qu'ils n'étaient plus perchés à plusieurs dizaines de mètres du sol à une fête foraine récemment très fréquentée. Mais ce silence lui rappela surtout pourquoi il était là, et pourquoi il devrait repartir. Il n'était pas « guérit », il devait y retourner, à son centre, et les seules raisons pour lesquelles on l'avait laissé sortir était d'une part pour le tester, et d'autre part pour qu'il acquisse une confiance envers lui et Chiyo, par l'intermédiaire de ces fameuses lettres, bien cachées dans sa chambre à l'heure qu'il était. Il devrait lui donner, aussi dur cela puisse lui paraître, et ceci avant qu'il reparte, sinon, sa « permission » n'aurait servit, médicalement parlant, à rien. C'est ainsi que les yeux rivés sur les fines jambes de sa petite amie que Jude prononça :

    « Si on sort d'ici avant l'aurore, tu viens chez moi ? J'ai quelque chose à te donner, en plus... Mais j'te dis pas ce que c'est avant d'être rendus chez moi x) »

    Forcément, il repoussait le moment jusqu'aux extrêmes, tout en soulageant sa conscience car en invitant Chiyo, elle l'obligerait, indirectement, à lui donner ses lettres. En plus, il venait certainement d'attiser sa curiosité. Mais ce n'était pas le moment de penser au futur, n'est-ce pas ? Ils devraient plutôt trouver quelque chose à faire pour s'occuper jusqu'à l'arrivée des secours. Bien que ça ne risquerait pas d'être difficile, seulement couvrir l'intégrale de leurs diverses aventures durant ces quarante et un jours pourrait durer des heures. Déposant un délicat baiser sur les lèvres de Chiyo, Jude remarqua :

    « Ça fait un sacré rendez-vous en amoureux, dit donc. C'est pas tout le monde qui a droit à une cabine de grande roue rien que pour eux aussi longtemps. »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Ven 6 Nov 2009 - 15:11

    C’était tel un rêve. Un rêve si crédible et réaliste que Chiyo pouvait s’y sentir mieux que nulle part. Seulement, ça n’en était pas un, et c’était cela, le plus merveilleux. Cependant, elle n’arrivait pas à croire que ce dont elle rêvait depuis des semaines avait ce soir lieu dans la pure réalité, ainsi s’emparait-elle de tous les souvenirs de Jude dont elle était capable comme si elle avait peur de se réveiller en sursaut après un rêve pour une fois beau et sans mouvements ni cris de douleur. C’est pour cette raison sans aucun doute que chacun des baisers de Jude avait un effet particulièrement violent sur la façon dont Chiyo se sentait et se comportait. Lui sauter dessus, très peu pour elle, elle était bien trop réservée pour cela. Mais aujourd’hui, c’était différent. Elle avait besoin de lui, besoin de sentir sa présence, ses bras autour d’elle lui caressant les cheveux et le dos, son parfum remplir l’atmosphère dans un rayon de quelques centimètres autour de lui. Elle avait besoin de tout cela, en était purement et simplement dépendante.

    Elle aurait décroché la lune pour un de ses baisers, une de ses caresses. Elle aurait tout donné sans hésitation pour être sûre que lorsqu’il reviendrait une bonne fois pour toutes, elle aurait toujours le droit de prendre soin du cœur de Jude Ersley. Elle voulait que rien ne change, qu’ils soient heureux tous les deux comme elle ne serait jamais heureuse avec personne d’autre. Elle avait besoin de cet appui, besoin de se dire que Jude l’aimait toujours et l’aimerait éternellement comme elle, elle était certaine de l’aimer pour toujours. Mais la menace de la lassitude, de l’ennuie, la menace de cette citation idiote « Loin des yeux, loin du cœur » pendait au dessus de sa tête à la manière une épée de Damoclès prête à s’abattre et lui transpercer le cœur. Mais les pensées noires qu’elle avait eu pendant ces longues semaines loin de lui semblaient s’être estompée, comme si Jude avait prit sa gomme et effacé toutes les lignes qu’elle avait écrites dans son journal intime comme si jamais rien ne s’était passé. Mais c’était ainsi, la douleur avait bien existé et persistait, sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle avait peur, était terrifiée à l’idée qu’il repartirait le lendemain, qu’elle ne l’aurait pour elle que durant quelques heures et que ce bref moment de répits ne rende les semaines à venir plus difficiles encore à supporter. Comment allait-elle accepter de le laisser partir une seconde fois ? Elle voulait l’en empêcher, mais c’était bien trop égoïste. Jude avait dû faire de sérieux efforts pour avoir le droit de lui rendre visite aujourd’hui, et le chemin qu’il avait sans doute parcouru était déjà peut-être bien supérieur à celui que Chiyo avait espéré. Il allait mieux, mais ça n’était pas finit. Et jamais elle ne le laisserait bâcler sa convalescence à cause d’elle et de son égoïsme.

    - Ouah, j’en reviens pas que tu sois là…
    - Et moi j’en reviens pas comment tu m’as manqué.
    - Tu m’as manqué aussi, il ne passait pas une seconde sans que je pense à toi ici.

    L’embrasser aussi fougueusement comme elle l’avait fait précédemment était quelque chose de nouveau chez Chiyo. Elle était habituellement bien trop réservée pour faire quoi que ce soit de trop osé, et cela même avec son petit ami. Cependant, elle n’avait que partiellement l’impression de se contrôler. Tout ce qu’elle voulait, c’était plus de Jude, toujours plus de Jude et peu importait la manière dont elle lui demandait.

    - Si on sort d'ici avant l'aurore, tu viens chez moi ? J'ai quelque chose à te donner, en plus... Mais j'te dis pas ce que c'est avant d'être rendus chez moi x)

    C’était bien Jude, ça. Attiser sa curiosité avec si peu de précision. Quelque chose à lui donner ? Voilà qui était assez étrange. Qu’avait-il bien pu faire durant les quelques semaines passées loin de Los Angeles pour avoir quelque chose à lui remettre ? Ou bien était-ce quelque-chose comme ses carnets à dessin, qu’il lui avait remit le jour de son départ mais qu’elle n’avait pas encore ouvert, préférant les regarder avec lui. Ils étaient soigneusement rangés dans le tiroir de sa table de chevet, et tous les soirs elle en inspectait les couverture, mais pas une seule fois elle ne les avait ouvert. Bien sûr, elle avait été tentée de le faire, par curiosité, mais savait que le faire seule la ferait plus souffrir qu’autre chose. Elle voulait simplement le faire avec Jude. Affichant une mine boudeuse, elle répondit :

    - Mais si dis moi. Dis moi dis moi. C’est méchant.

    Elle eut un petit rire et lui sourit timidement, le visage à quelques centimètres seulement de celui de Jude tandis qu’elle passait délicatement une jambe au dessus de celles de son petit-ami afin de se retrouver à califourchon sur celui-ci, les bras toujours enroulés autour de son cou.

    - Ça fait un sacré rendez-vous en amoureux, dit donc. C'est pas tout le monde qui a droit à une cabine de grande roue rien que pour eux aussi longtemps.
    - Bah attends. On mérite bien ça quand même x). Et comme j’l’ai dit, personne ne viendra nous déranger ici…

    Elle lui caressa doucement les cheveux de sa main gauche tandis qu’elle laissait glisser l’index de sa main droite autour des traits du visage de son petit-ami, partant de sa tempe jusqu’au coin de son œil avant de glisser délicatement tout le long de sa joue jusqu’en dessous de son menton tout en l’observant sans ciller, absolument absorbée par sa contemplation.
    Remarquant qu’elle se perdait dans ses pensées, elle baissa un instant les yeux, ses joues s’empourprant légèrement face à sa propre idiotie. Elle détestait être ainsi le centre de l’attention de quelqu’un, rougissait quand Jude s’attardait sur son visage, et se demandait si oui ou non Jude ressentait ce même malaise lorsqu’elle l’observait sans ciller. Elle releva la tête, puis lui sourit, approchant son visage sur sien puis lorsque son front fut collé à celui de son petit-ami, elle murmura un « Je t’aime… » timide, sentant son propre cœur s’emballer à l’écoute des paroles qu’elle prononçait. Oh mon Dieu ce qu’elle pouvait l’aimer, en effet. Ce qu’elle pouvait apprécier chaque seconde passée à ses côtés comme un cadeau venu du ciel. Elle savait pourquoi elle était amoureuse de lui. Parce qu’elle aimait tout ce qu’il était, physiquement comme moralement. Détruit, il l’avait été, mais il était toujours resté une des meilleures personnes que Chiyo connaissait. Il faisait partie de ce cercle peu nombreux de ceux qui voient le monde comme une communauté, et pas seulement comme une foule dans laquelle il faut réussir à exister. Sur ce point, ils avaient la même vision des choses, comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs. Il l’avait sauvé, il y a bien des années de cela et à plusieurs reprises il avait été là pour elle. Même lorsqu’elle était effondrée au moment où elle avait comprit qu’elle était amoureuse de lui, même lorsque son chagrin le concernait, il avait toujours été là, était sorti avec elle sans même avoir plus de sentiments que cela. Aujourd’hui, il l’aimait, et c’était grâce aux efforts qu’il avait fournis pour elle. Et puis… Il y avait cette part de l’amour qu’elle éprouvait à son sujet qu’elle ne comprenait pas. La petite partie de surnaturel qui vous permet d’aimer à la folie à sacrifier jusqu’à sa vie pour l’être à qui vous avez donné votre cœur. C’était de cette manière là que Chiyo aimait Jude.

    Elle avança doucement ses lèvres des siennes et les y déposa une nouvelle fois. Tendrement, si délicatement qu’on aurait pu avoir l’impression qu’elle n’avait fait que les frôler puis embrassa sa joue, tandis qu’elle retirait les trois premiers boutons de la chemise de Jude afin de pouvoir embrasser son torse chaud. Elle y déposa donc de délicats baiser avant de remonter jusqu’à son cou et de promener ses lèvres sur celui-ci jusqu’à s’arrêter quelques instants, y déposant sa langue et aspirant délicatement la peau de Jude, laissant en pleine âme et conscience un énorme suçon à cet endroit précis, un sourire discret sur le visage en pensant qu’au moins, il ne repartirait pas indemne sans aucune marque d’elle. Elle tira sur les pans de la chemise du jeune homme à l’arrière et passa ses deux mains plutôt froides de par la température extérieure sur le dos brûlant de Jude qu’elle sentit frissonner. Elle eut un petit rire puis remonta de son cou jusqu’à son visage, lui souriant en plissant les yeux, son air angélique réapparaissant à l’étirement de ses petites lèvres roses.

    Pour tout dire, elle se moquait éperdument de l’endroit où elle se trouvait. Elle en avait presque oublié la panique qui avait failli la prendre de cours lorsqu’elle avait réaliser qu’ils étaient coincés suspendus à plusieurs dizaines de mètres du sol. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle n’avait envie que d’une chose : lui. Ce soir, tout de suite, elle en avait besoin. Elle le voulait maintenant, parce qu’il lui avait bien trop manqué. Que se dire qu’il allait devoir disparaître à nouveau de son champs de vision pour une durée indéterminée était inconcevable, que ça lui donnait envie de pleurer et de s’enfermer seule pour le faire. Alors non, pas de tristesse ce soir. Rien que de la passion, du bonheur, de l’amour, parce qu’il était là, avec elle, pour la première fois depuis quarante-deux jours. Elle fit disparaître une nouvelle fois son visage dans le cou de son petit-ami puis redescendit tandis qu’elle déboutonnait plus encore la chemise de celui-ci jusqu’à ce que les pans se sépare et tombent chacun d’un côté de son corps. Oh contemplation diabolique ce que tout ça avait pu lui manquer. Elle passa une de ses jambes entre celle de Jude, puis l’autre, tandis qu’elle frôlait de ses lèvres l’ensemble du torse du jeune homme, déposant de temps à autre de petits et doux baisers.

    ***


    - Chiyo ! Viens par là s’il te plaît !
    - Que se passe-t-il ?
    - Tu veux bien nous aider ? Avec Ryo on comprend rien à ces histoires d’enzymes et d’hormones. C’est notre spé héhé. Mais bon, le cours est nases donc…
    - Mais t’es pas bien de parler comme ça à Chiyo toi, c’est une gamine et elle sait même pas comment on fait les bébés !
    - Je sais comment on fait les bébés espèce de nase…
    - Et tu sais ce qu’est… Une capote ?
    - Un préservatif, on dit.
    - Mais c’est qu’elle est presque douée. Dommage que la motiv’ manque.
    - Mec tu dis vraiment d’ces trucs…
    - Et une pipe ? Tu sais c’que c’est une pipe ?
    - T’es vraiment qu’un gros crado Nick Harrison.
    - HA. Tu dis ça maintenant mais on verra dans quelques années.
    - T’es complètement fou, Chiyo ferait jamais ça.
    - En effet. C’est vulgaire et complètement déplacé.
    - Et ce que vous appelez vulgairement une pipe bande d’imbéciles, c’est une fellation. Intervint Maia qui revenait de la chambre de Chiyo où les deux jeunes filles étudiaient également.
    - Et le mot que t’arrives pas à lire depuis tout à l’heure, c’est endocrines, c’est les cellules qui sécrètent les hormones.
    - Comment t’épelles ça ?
    - A – N – D – E – A – U – K – R – I – N - E.
    - Voilà exactement. Renchérit Chiyo en étouffant un rire.

    ***


    La scène avait eu lieu plus de deux ans auparavant. Et tout ce que Chiyo avait dit était vrai. Elle le pensait, à l’époque. Aujourd’hui était un autre jour. Une autre vie, presque. Elle aimait Jude, de tout son cœur, et pour cette simple raison, tout avait changé. Sa façon de penser, d'aborder les sujets qui avaient longtemps été tabous pour elle et dont tout le monde se faisait un plaisir d'aborder devant elle en connaissant son malaise. Aujourd'hui, tout était différent. Nick avait sans doute raison, finalement. Il lui avait tellement manqué qu'elle n'avait qu'une idée en tête, en profiter un maximum, et peu importait ce qu'elle pensait de ce qu'elle avait envie de faire. C’est donc sans cérémonie qu’elle détacha le bouton du jean du jeune homme, les mains quelques peu tremblantes, l’adrénaline de cette appréhension ne servant cependant que de catalyseur. Tout s’accélérait. Son cœur, son envie, son amour, ce qu’elle voyait, ce qu’elle ressentait. C’était comme si le monde s’était arrêté de tourner autour d’eux. Mais qu’à l’intérieur de cette cabine suspendue à des dizaines de mètres de la terre ferme, le temps tournait dix fois plus rapidement.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 7 Nov 2009 - 17:38

    «  Le jour où tu es tombée du ciel
    L'amour a changé ma vie
    Tu es mon ange providentiel
    Je t'aimerai jour et nuit »


    « Si on sort d'ici avant l'aurore, tu viens chez moi ? J'ai quelque chose à te donner, en plus... Mais j'te dis pas ce que c'est avant d'être rendus chez moi »

    « Mais si dis moi. Dis moi dis moi. C’est méchant. »

    Jude sourit, alors que Chiyo riait timidement avant de s'installer à califourchon sur lui, comme il l'aimait tant. A ce moment même, il ne pouvait que s'interdire de penser qu'il rentrerait bientôt, que son séjour ici n'était que très rapide et que bientôt, il n'aurait plus le loisir de sentir son poids plume s'exerçait sur ses jambes, sentir son parfum, caresser ses cheveux, et l'embrasser comme ils étaient en train de le faire.

    « Ça fait un sacré rendez-vous en amoureux, dit donc. C'est pas tout le monde qui a droit à une cabine de grande roue rien que pour eux aussi longtemps. »
    « Bah attends. On mérite bien ça quand même x). Et comme j’l’ai dit, personne ne viendra nous déranger ici… »

    Un léger sourire étirant ses lèvres, Jude déposa un baiser sur le front de Chiyo, se disant qu'après tout, elle avait raison, ils l'avaient mérité, même si les circonstances n'étaient pas les plus romantiques et sereines qui soient. Mais ce qui était certain, c'est que personne ne viendrait les déranger ici, du moins, pas pour le moment, le temps que secouristes daignent venir leur porter secours. Et cela, Chiyo semblait l'avoir bien compris, de sorte qu'elle déposa une nouvelle fois ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui se voulait encore plus amoureux, plus passionné, voire plus fougueux que les autres. Le type de baiser que personne ne voudrait interrompre, qu'on voudrait faire durer éternellement, mais que l'instinct de survie nous force toujours à stopper pour pouvoir reprendre un souffle diminué par l'excitation et l'action du baiser. C'est ainsi que prolongeant le baiser jusqu'aux extrêmes, sentant les doigts de Chiyo se perdre dans ses mèches alors que ses mains parcouraient ses mèches d'ébènes, glissaient doucement sur son dos et remontaient pour caresser ses joues douces et tièdes, Jude lutta contre cet instinct de survie qui voulait le séparer de sa bien-aimée.

    Quelques dizaines de minutes plus tard, le baiser se rompit finalement, laissant place à une contemplation de quelques minutes, durant laquelle Jude ne put s'empêcher d'embrasser une nouvelle fois le front de Chiyo. Qu'est-ce que ces simples moments de tendresse avaient pu lui manquer là-bas. Le simple fait de se sentir aimé, presque chérir, et d'aimer et chérir à son tour. Au centre, ce n'était qu'amitié et affection. Avec Chiyo, c'était le feu d'artifices des sentiments les plus forts et dangereux qui soient. Ainsi, ça pouvait être fou comme la simple caresse venant de sa part lui procurait des réactions maximisées par l'absence de douceur et d'amour qu'il avait subit. Ce fut donc avec des milliers de frissons qu'il recueillit les baisers de sa petite amie, passant de ses lèvres à son cou, tandis qu'une de ses petites mains déboutonnait lentement sa chemise, sans que Jude ne fasse le moindre mouvement, presque par peur qu'il l'arrête, qu'il l'intimide, qu'il la stoppe dans son élan des plus téméraires. Sa chemise glissant mollement sur ses épaules, il frissonna de plus belle lorsque les mains froides de Chiyo parcoururent son dos qui lui paraissait brûlant au moment même. Mains froides cœur chaud ? En tout cas, sa voisine semblait prendre plaisir à redécouvrir son corps, s'attardant sur son cou sur lequel elle laisserait certainement un suçon d'après Jude. Mais il s'en fichait, il s'en moquait de ce que dirait ceux du centre par rapport à ce qu'il avait bien pu faire à Los Angeles, il n'en avait rien à faire de ce que ceux de Los Angeles penseraient même à l'idée que Jude et Chiyo aient pu être assez proche pour que l'adolescente marque le cou de son petit ami. Tout ce qui l'importait, c'était elle, elle et ce qu'elle faisait, ce qu'elle voulait.

    Et elle lui sourit. D'un air à la fois satisfait et diabolique, qui fit sourire Jude à son tour et ne put l'en empêcher de la qualifier une énième fois de crapule tandis qu'il embrassait doucement son cou, ses mains se délectant lentement du dos de la jeune Kiyomi qui laissait glisser ses jambes entre les siennes pour lui retirer intégralement sa chemise et embrasser son torse nu. Dieu, elle finirait par l'achever. Pourquoi tout lui donnait des sensations si intenses lorsqu'il s'agissait de Chiyo ? Pourquoi le simple baiser anodin avait le pouvoir de le transporter à plusieurs kilomètres de hauteur s'ils venaient simplement d'elle ? Pourquoi fallait-il qu'à chaque baiser sur son torse, il frisonne comme si sa petite amie venait de lui déposer un glaçon sur un torse aussi brûlant qu'un feu ardent ? Pourquoi fallait-il que ces actions-là venant de Chiyo le fassent passer pour un être prude et timide alors que non, il ne l'était pas, pas avec sa petite amie en tout cas. Et il maudissait tout ces frissons qui, bien qu'en intensifiant encore plus les baisers de Chiyo, pouvaient très bien l'inciter à s'arrêter.

    Néanmoins, plus rien ne semblait apte à arrêter les agissements de celle qu'il aimait. Sans cérémonie, elle venait de détacher le bouton de son jean, d'une habilité – bien que ses mains tremblaient – qui l'avait royalement étonnée. Sa Chiyo, dont les doigts étaient tout bonnement en train de dévoiler son caleçon, agissait d'une manière si audacieuse qu'il avait presque envie de demander « Mais qui êtes-vous, qu'avez-vous fait à ma petite amie ?! » A croire que quelqu'un s'était envahit de son corps lorsqu'elle s'était mise à pleurer lorsqu'elle l'avait vu avec Enzo. Quoi qu'il en soit, Chiyo ou pas, Jude demeurait immobile, tel un pantin dont seule cette-première semblait capable de tirer les ficelles. Mais le pire de l'histoire, c'est que Jude ne savait même pas ce que sa petite amie avait en tête, ou plutôt, sur ce coup-là, ils n'avaient pas la même longueur d'onde. Oh oui, maintenant qu'il frémissait en sentant les doigts de Chiyo s'approcher de plus en plus d'une quantité faramineuse de terminaisons nerveuses, il n'avait aucune envie de l'arrêter, aucune envie de se poser la moindre question. Il fallait simplement en profiter, laisser faire, et... Savourer.

    Et voilà qu'une véritable fanfare de surprises et de sensations s'abattait sur Jude. Mon Dieu, si jamais il avait su ce que Chiyo avait en tête... Il ne savait même pas ce qu'il aurait fait, en fait. Tout ce qu'il arrivait à faire, c'était de fermer les poings, tandis que l'émotion le subjuguait, que l'excitation croissait à mesure de secondes, que sa respiration s'accélérait, lâchant de temps à autres quelques soupirs et gémissements de satisfaction. Mais qu'était-il passé par la tête de sa petite amie pour qu'elle s'en prenne à ce genre d'activités ? C'était bon, certes, plus que bon, mais tellement... Surprenant. D'un autre côté, cette surprise devait donner une touche encore plus excitante à la chose. Puis, tout finit par s'accélérer, plongeant Jude dans une idylle des sensations les plus extrêmes et meilleurs qui soient, manifestée par un gémissement rauque. Il avait beau serrer les fesses, serrer les poings, serrer n'importe quoi, c'était arrivé, c'était là, et il ne pouvait retenir quoi que ce soit. Il aurait aimé que ça dure éternellement, que tout dure éternellement, mais c'était terminé, dans une explosion utopique.

    Tourment, sérénité, repos, euphorie. Décidément, la soirée était prometteuse en émotions en tout genre. Délicatement, Jude se redressa, installant Chiyo sur ses genoux comme elle l'était quelques temps auparavant. Il en avait le souffle coupé, ce qui avait le don de l'agacer et l'intriguer en même temps. Après tout, ce n'était pas sa « première fois », mais sans doute la première fois que c'était Chiyo, celle qu'il aimait comme un fou (xD) qui agissait. Doucement, la respiration saccadée, Jude enfuit ses lèvres dans le cou de sa petite amie, dans le but de s'enivrer de son parfum et d'essayer de retrouver un rythme cardiaque frôlant la normalité. Mais ça ne devait pas s'arrêter là, n'est-ce pas ? Il en fallait encore, il en voulait encore. Et surtout, Chiyo avait certainement envie de plus de sensations que celles qui avaient pu la transporter. C'est ainsi que les mains de l'adolescent saisirent l'extrémité du haut de sa petite amie, la remontant avec attention jusqu'à la faire passer par sa tête et ses bras et la jeter sur la banquette en face d'eux. Renouveau. Tableau parfait. Dieu qu'elle lui avait manqué.

    Il déposa ses lèvres sur le cou tiède de Chiyo, et descendit lentement sur sa poitrine, ses mains glissant dans son dos au même rythme, et incitant Chiyo à se rapprocher de lui le plus possible, afin que leur peau se touchent, se percutent presque, et surtout, que Jude la sente enfin contre lui, si proche de lui qu'il avait l'impression qu'ils étaient liés ensemble, liés à tout jamais, plus que mentalement et psychologiquement. L'adolescent déposa de nouveau ses lèvres sur celles de Chiyo, l'embrassant dans un nouveau baiser passionné, mais surtout amoureux, tandis que d'une main, il déboutonnait son pantalon blanc et le faisait glisser contre ses fines jambes, sans même rompre le baiser. Et maintenant, qu'allait-il faire ? Il irait dégrafer son soutien-gorge, sans aucun doute, et chérir ce que personne n'aurait vu ni même sentit tellement les vêtements de Chiyo avaient le don d'être amples. Il ferait tout pour lui procurer une infinité de sensations, d'émotions, et lui faire sentir qu'il avait beau être parti durant ces fameux quarante deux jours, ses sentiments pour elle étaient demeurés intactes, ou sinon, s'étaient intensifiés. Et Jude était bien déterminé à faire comprendre cela à Chiyo, bien déterminé à l'adorer, la vénérer, pour être certain qu'après son départ, elle garde une marque de lui et que jamais, ô diable jamais, elle n'en regarde un autre sans penser à ce qu'il lui avait fait ce soir là, lui avait offert et lui avait fait ressentir.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 7 Nov 2009 - 19:55

    Pour tout expliquer en quelques mots, Chiyo n’avait plus conscience que le monde autour d’elle existait. Pendant les quelques dizaines de minutes qu’elle allait passer en compagnie de celui qu’elle aimait, elle se formait littéralement une coquille à travers laquelle personne ne pouvait entrer. Il n’y avait que Jude et elle, rien d’autre, personne d’autre. Simplement eux et l’amour qu’ils éprouvaient l’un envers l’autre. Ce qu’elle avait fait, elle ne l’avait pas réellement comprit, et évidemment pas anticipé. Ça n’avait été qu’une envie, celle de montrer à Jude à quel point elle l’aimait, à quel point elle ferait tout pour lui, et par-dessus tout à quel point rien n’avait changé pendant son absence, et rien ne changerait jamais. Pour la vie, elle en était certaine. Elle l’aimerait d’aujourd’hui à demain, de demain jusqu’à après demain, et tous les jours suivants. Pour toujours. Alors oui, ce qu’elle avait fait, elle ne l’avait fait qu’en partie consciente, car elle ne se contrôlait même pas. Les baisers que lui offrait le jeune homme déclenchaient en elle plus de sensations que n’importe quoi d’autre ne pourrait jamais engendrer. Elle frissonnait, pétillait de toutes parts, se délectant de chaque instant, en perdant tellement ses esprits qu’en se baissant pour déboutonner le pantalon de son petit-ami, elle n’avait pas réfléchit. Elle n’avait fait qu’agir, et ce pour la première fois de sa vie. Chiyo Kiyomi avait agit sans réfléchir au préalable, c’était à marquer dans les annales. Choquée, oui elle l’était, lorsqu’elle réalisa, mais les frémissements et soupires de satisfaction que laissait s’échapper Jude ne faisait que lui dire de continuer. Mais elle en avait peur. Elle avait peur de se rendre compte qu’elle ne contrôlait plus ses envies, et avait peur parce qu’elle avait le sentiment d’avoir prit le dessus sur Jude, que c’était elle qui menait la partie, la danse. Et cela, c’était difficile à assumer, pour elle habituellement si réservée. Qu’est-ce qui avait pu lui prendre, dites le lui ?

    Comment avait-elle pu y penser ne serait-ce qu’une seule seconde et oser le faire par-dessus tout ? Après réflexion, cela risquait-il de choquer Jude ? Pourquoi s’inquiétait-elle de tant de choses après tout ? Il aimait, c’était le principal, mais lorsqu’elle se redressa, elle prit conscience de tout ce qui était énoncé précédemment. Et oui, elle était terrifiée. Terrifiée de cette dépendance à lui si forte et inexplicable qui lui faisait perdre ses esprits aussi simplement que par un baiser. Dieu ce qu’elle pouvait être amoureuse de lui, et comme cela pouvait être dangereux. Son cœur battait tellement vite qu’il frappait sa poitrine de l’intérieur, les papillons dans le ventre l’excitant au plus au point accompagnant celui-ci. Elle n’y pouvait rien, son amour était à son apogée, tel le soleil à Midi. Elle avait la sensation qu’elle ne pourrait jamais l’aimer plus encore à moins de mourir le jour où il repartirait. C’était apaisant d’aimer, et de savoir être aimée en retour, mais bien trop dangereux et douloureux. Qu’adviendrait-il de tout ces sentiments d’extase une fois que Jude déserterait une fois de plus Los Angeles ? Ils s’ajouteraient au reste et se retourneraient contre elle tel un pieux creusant un trou béant dans son cœur à l’endroit même où la cicatrice de son absence tentait doucement et contre tout de se refermer.

    Elle sentit finalement les mains de son petit-ami l’aider à se redresser puis la positionna sur ses genoux avant de plonger son visage dans son cou, l’embrassant par endroit, la jeune fille se délectant de chaque contact entre les lèvres du jeune homme en la peau douce de son cou légèrement hâlé. Celui-ci tira son haut par le haut tandis qu’elle levait quelques instants les bras, se retrouvant une nouvelle fois en petite tenue devant lui, l’embrassant sur les lèvres, de doux et amoureux baiser trahissant sa délicatesse habituelle, montrant bien que derrière ces envies contre lesquelles elle semblait incapable de lutter, il existait bien la sage et timide Chiyo, celle qui frissonna lorsqu’elle sentit les doigts de Jude déboutonner son jean et le faire glisser sur ses jambes, celle qui, alors qu’elle reprenait ses esprits, sembla hésiter, l’espace d’un instant, saisissant dans sa main celle de Jude, la ralentissant dans son mouvement. Paradoxal, tout cela, n’est-ce pas ? Mais qui pouvait espérer que Chiyo change à ce point là ? Personne, parce qu’elle était ce qu’elle était et même si elle semblait avoir été guidée l’espace de quelques minutes par ce que l’on pouvait très justement la folie, elle n’était pas prête de changer. Sans bouger, elle plongea alors son regard dans celui de Jude, à sa hauteur, sa respiration haletante se mêlant à celle du jeune homme tandis qu’elle essayait doucement de déglutir convenablement, cillant de temps à autres tandis que, sans détacher son regard de celui de son petit-ami, elle amenait sa main jusqu’à son boxer qu’il fit glisser autour de ses jambes tandis que de son autre main, il dégrafait son soutien gorge qui délicatement, glissa le long de ses bras, la découvrant cette fois entièrement.

    Elle ne savait pas si Jude se doutait de ce à quoi elle pensait à présent. Oui, bien sûr qu’elle voulait aller plus loin, bien sûr qu’elle désirait la suite. Mais à quel prix ? Ils n’étaient pas protégés, elle comme lui. C’était irresponsable, complètement impensable. Mais elle se doutait que Jude ait emporté quoi que ce soit… Elle s’interdisait de faire quoi que ce soit d’irresponsable, d’autant qu’elle avait bien ce qu’il fallait, mais comment expliquer à Jude qu’elle ait dans la poche de sa chemise ce dont ils avaient besoin alors qu’elle n’était pas censée être au courant que celui-ci passait le week-end à Los Angeles ? Comment ne pas paraître louche ?

    ***


    - Nick !
    - Chiyo ! Bah décidément on arrête pas de se croiser ce soir ! T’as laissé tomber Jude ?
    - M’en parle pas, j’vais le rejoindre là, une espèce d’imbécile nous a séparé parce que la radio ne fonctionnait pas.
    - Oui je sais, on a tout entendu d’ailleurs, bien joué.
    - Tu sais où il est ?
    - A la grande roue il me semble, c’est là que vous deviez vous retrouver non ?
    - Ouais…
    - Tiens.

    Un emballage en plastique dans la main, Nick arborait un sourire des plus mâlin parmi tout ceux qu’il était capable d’afficher. Grimaçant, Chiyo leva les yeux vers lui :

    - Pourquoi tu m’donnes ça ? T’es bizarre toi comme mec…
    - Arrêtes de faire comme si t’étais toujours prude et chaste. J’suis le cousin de Jude, je sais tout. Tout j’te dis. (a)
    - Mh… Et bien c’est… Bien pour toi.
    - Bof, j’ai aucune envie d’vous imaginer faire quoi que ce soit crois moi. Le seul truc c’est que ça serait con si vous me faisiez un filleul tout de suite, si tu vois c’que j’veux dire.
    - Crétin.
    - Bon tu le veux ou pas ?
    -
    - Pf. Tu sais c’est pas une maladie hein.
    - De quoi j’me mêle ? Tu pourrais au moins donner ça à Jude…
    - Allez va, tu m’remercieras, j’en suis sûr !

    Il laissa tomber l’emballage dans la poche de la jeune fille qui s’assurait que personne ne regardait autour d’eux, puis fit volte face.

    - De rien. Allez bonne soiréééée (a)
    - C’est ça…

    ***


    Sans détacher son regard de celui du jeune homme, elle se pencha en arrière pour attraper sa chemise et de la poche droite en sortit le petit emballage carré que Nick y avait glissé, contre lequel elle dû se battre, ses mains tremblant encore et toujours. Elle reporta ensuite son attention sur l’intimité du jeune homme, et il ne lui fallu pas plus de quelques secondes pour faire ce qu’elle avait à faire, frôlant parfois la peau de celui-ci le sentant frissonner à ce contact. Savoir que de son côté, il semblait avoir le même genre de sensation qu’elle lorsqu’elle sentait sa peau contre la sienne était aussi apaisant qu’excitant, et c’est de cette adrénaline qu’elle avait besoin, parce que c’était à elle d’aller plus loin cette fois-ci. Jude, caressait délicatement ses cheveux tandis qu’elle enroulait une nouvelle fois ses bras autour de son cou, se rapprochant de lui autant qu’elle ne pouvait afin de sentir le plus possible sa peau au contact de la sienne tandis qu’elle était repartie dans un baiser passionné, nue et à califourchon sur le jeune homme, savourant ce moment de volupté parfaite.

    Posant finalement chacune de ses mains sur les épaules de Jude, elle se redressa délicatement, tous les sens en alerte, avant de redescendre doucement, de petits gémissements de plaisir s’échappant de temps à autres de ses lèvres, des gémissements qu’elle se donnait toutes les peines du monde à garder silencieux même si ce soir, ses facultés de dissimulation semblaient bien inexistantes. Le dos cambré, la gorge serrée, le cœur battant à cent à l'heure, le sentiment que les nerfs de votre corps tout entier se contractent et vous donne l'impression d'être dans un autre monde, voilà ce qu'elle ressentait. Plongés dans le noir, à des dizaines de mètres du sol, c’était maintenant qu’elle avait choisi de ne plus reculer, et de ne plus avoir peur avec Jude. Si vous faites partie de ceux qui avez déjà dit que Chiyo Kiyomi était « bizarre », cette soirée vient de vous donner raison, plus que jamais.


    Bon désolée c'est hyper nase x_x
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Dim 8 Nov 2009 - 11:35

    C'était fou comme tout semblait s'accélérer tout en demeurant lent. Chaque instant semblait durer normalement, mais tant les sensations étaient puissantes, tant elles nous donnaient l'impression d'être rapides. Et bien que Jude tentait de les prolonger un maximum, tout finissait par avoir une fin, comme n'importe quoi d'autre d'ailleurs. Ça pouvait paraître frustrant, certes, mais l'être humain était fait de sorte qu'il se comblait facilement de ces moments aux allures rapides. Mais le plus important demeurait que Chiyo était là, sur lui, en petite tenue que l'esprit de l'adolescent ne put s'empêcher de mémoriser, tandis que sa main caressait son dos, épousait ses formes, frôlait son ventre plat qui frissonna à ce contact. Elle était à lui, intégralement à lui. Personne ne l'aurait, personne n'aurait ce que lui a le droit d'avoir, de voir, et c'était sans doute cela qui stimulait Jude à en vouloir encore et encore. A désirer Chiyo comme il la désirait depuis plusieurs mois, à la chérir et à s'arrêter alors qu'elle stoppait sa main en la prenant dans la sienne. Game over ? Il croisa le regard de sa petite amie, qui semblait plutôt dépassée par les événements, ou plutôt, en prenait pleinement conscience. Délicatement, Jude dégagea les mèches noires qui voilaient le visage de Chiyo l'embrassant tendrement sur les lèvres, alors qu'il sentait sa main se faire diriger vers le boxer de la jeune femme qu'il fit glisser le long de ses jambes, tout en dégrafant son soutien-gorge.

    En tenue d'Eve, devant lui, sur lui. Ils étaient fous, tout de même. Le courant pourrait très bien se remettre d'une minute à l'autre, les autres pouvaient très bien les entendre, aussi discrets tentaient-ils en vain de paraître. Une cabine de grande roue n'était pas forcément l'emplacement le plus privé qui soit, bien qu'ils n'étaient tout de même pas exposés au reste du monde. Mais tout de même, n'importe quoi, n'importe qui pouvait les interrompre, les surprendre. Néanmoins, cette facette de la situation ne devait que les propulser encore plus haut dans leur désir l'un de l'autre, par goût du danger et de la redécouverte. Jude passa ses mains dans le dos chaud de Chiyo, qui se faisait basculer légèrement en arrière dans le but d'attraper sa chemise. Les sourcils légèrement froncés, il l'observa chercher un fameux emballage carré dans la poche de son vêtement, avant de mener un combat pour l'ouvrir, sous les yeux plutôt hébétés de Jude. C'était dans la nature de sa petite amie de se balader avec des préservatifs dans ses poches, maintenant ? Il aurait bien aimé prononcer quelques mots, question d'y voir plus clair, voire de se moquer de cette découverte qui rendait Chiyo encore plus audacieuse que comme il avait pu la laisser. Mais à quoi bon ? Il lui faisait confiance, n'est-ce pas ? Il frémit, d'un mélange de crainte et de surprise en sentant les doigts de sa petite amie placer comme il se doit ce qui devait les empêcher de « faire un filleul » à Nick.

    Il la sentit s'approcher de lui, sa peau frôlant la sienne, enrouler ses bras autour de son cou pour l'embrasser passionnément. Pendant un moment, Jude ne put s'empêcher de se dire que c'était beau d'être libre, de choisir ce qu'ils voulaient faire et ce qu'ils feraient, sans avoir personne pour nous en empêcher, nous fixer des barrières, nous guider sans arrêt vers des directions contraires à celles qu'on aimerait prendre. Ses mains caressant les cheveux soyeux de Chiyo, l'adolescent sentit ses mains se poser sur ses épaules afin de prendre appui sur lui pour se redresser et ne faire enfin plus qu'un.

    La discrétion ? Non, ils ne connaissaient pas. Et honnêtement, Jude s'en fichait pas mal, entendre les gémissements de Chiyo s'intensifier à mesure de ses mouvements, à mesure des secondes qui défilaient le propulsait lui même au plus haut des cieux. Éternellement, il aurait voulu que cela dure, encore une fois. Mais leur nature avait eu raison d'eux, si bien que Chiyo se redressa une dernière fois, s'installant sur les genoux de Jude qui baissa les yeux, envahit par l'émotion, tentant de reprendre son souffle, un léger sourire aux lèvres.

    « On est fou quand même... »

    Il redressa la tête, son regard planté sur Chiyo qui enroula de nouveau ses bras autour de son cou, et qu'il n'hésita pas à embrasser amoureusement une énième fois. Baiser qui dut durer quelques millièmes de secondes, le temps qu'un strident coup de klaxon de ce qui devait être un camion de pompiers trancha le silence régnant, faisant sursauter les deux amoureux, qui échangèrent des regards intrigués, qui devinrent vite angoissés à l'idée de se faire réellement surprendre par un soldat du feu. Précipitamment, tels deux acteurs de films comiques, Jude et Chiyo durent prendre une minute à peine pour se rhabiller complètement et se retrouver l'un en face de l'autre, s'examinant presque pour trouver ce qui pourrait trahir leurs dernières activités – mis à part les ondes sonores qui s'étaient propagées quelques minutes plus tôt -. Un sourire amusé aux lèvres, Jude prononça, ses doigts sur les pans de la chemise de Chiyo.

    « T'as sauté un bouton... »

    L'adolescent déboutonna les derniers boutons du haut de sa petite amie afin de la fermer correctement puis se laissa tomber sur une des deux banquettes de la cabine, pour s'y allonger, son cœur battant toujours la chamade dans sa poitrine, tandis que Chiyo essayait de voir l'activité sous eux.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Dim 8 Nov 2009 - 17:24

    Jamais elle n’aurait pas imaginé vivre un moment pareil. Même pas lorsqu’elle avait mit les pieds dans la grande roue, pas moins de quelques dizaines de minutes auparavant. Tout cela était venu de lui-même, d’une façon assez étrange c’est vrai, presque irréelle, irrationnelle, mais c’était arrivé. Intimidée, terrifiée encore une fois par ce qui arrivait, Chiyo ne pouvait cependant revenir en arrière, encore de toute façon aurait-il fallu qu’elle le veuille, mais il était vrai qu’elle hésitait devant chacun des gestes qu’elle effectuait. Tenir les rennes n’était décidément vraiment pas fait pour elle. Plus que peur, elle avait presque honte de ce qu’elle devait faire à présent, honte face à elle-même et face à ce qu’elle montrait à Jude. Car ce n’était pas ce qu’elle était, elle se sentait hors de tout contrôle, elle faisait des choses qu’elle n’aurait habituellement jamais osé faire, et tout ça parce qu’elle en avait envie, parce qu’elle en ressentait le besoin, parce que c’était Jude et qu’aussi intimidant que cela pouvait être à avouer, elle avait envie de lui. Elle le voulait tout entier, rien que pour elle, pour toujours. Et aujourd’hui, il était à elle, entièrement.

    Elle n’avait jamais ressentit ce qu’elle ressentait aujourd’hui. La première fois avait été différente, parce qu’elle avait ressentit une douleur intense au moment si redouté. Cette fois n’était que sensation pimentées et intenses, rien de douloureux, une utopie lisse et simple. Sans bavure, sans rature. La perfection. Une union tellement puissante, leurs deux cœurs battant à l’unisson pour ne faire plus qu’un. Dieu ce qu’elle pouvait se sentir bien avec cette impression que son cœur explosait en un milliard d’étoiles illuminant le ciel au dessus d’eux. Les mains crispées sur les deux épaules de Jude, elle se redressait de temps à autres, gémissant, ne pouvant par moment pas retenir des cris étouffés trahissant la satisfaction que lui apportait ce moment privilégié. Mais toute bonne chose avait une fin et soupirant une dernière fois, Chiyo se redressa puis reprit sa place initiale sur les genoux de Jude, desserrant son étreinte au niveau de ses épaules, le visage se décrispant, le souffle encore court et rapide.

    - On est fous quand même…

    Plutôt oui. Mais encore une fois, elle n’avait que partiellement réalisé ce qu’ils étaient en train de faire au moment où ils le faisaient. Elle enroula une fois encore ses bras autour du jeune homme avec un sourire soudainement timide, le contemplant une fois de plus tandis qu’elle sentait ses joues s’empourprer. Alors, quelle était cette réaction ? Avec une grimace, elle sentit un étrange sentiment d’anxiété naître au creux de son estomac tandis qu’elle rompait le baiser que Jude venait de lui offrir. Elle eut un sursaut énorme lorsqu’un coup de klaxon rompit le silence régnant autour d’eux depuis maintenant un bon moment.

    - Rho… Connerie. xD

    Avec rapidité, elle et Jude se levèrent pour saisir leurs affaires éparpillées à droite à gauche, conscients que l’activité devait reprendre un peu, plus bas, afin de libérer tous les adolescents certainement enfermés, comme l’étaient Jude et Chiyo, dans les diverses attractions de la plage depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes.

    - T’as sauté un bouton…
    - Ha ? Mince…

    Prononça Chiyo, troublée tandis que Jude déboutonnait sa chemise afin de la reboutonner correctement.

    - Merci…

    Elle lui sourit timidement, rompant cependant le contact entre leurs regards, tournant la tête vers l’extérieur, se mettant à observer le sol où elle pouvait apercevoir les gyrophares de plusieurs camions de pompiers ainsi que les phares de centaines de voitures que les étudiants semblaient commencer à rejoindre. L’activité semblait reprendre en bas. La respiration plus calme à présent, Chiyo chercha dans la cabine son téléphone portable qu’elle ne retrouva pas à son précédent emplacement, ayant sans doute glissé de la poche de son jean lorsque Jude le lui avait retiré. Rapidement, elle composa un message texte, désirant prendre des nouvelles de son cousin, dont la réponse ne tarda heureusement pas :

    Chiyo a écrit:
    Des nouvelles en bas ?

    Ryo a écrit:
    Rien du tout. On est sortis tout seul puisque ça commençait à faire sacrément long, il y a environ un quart d’heure. En bas y’a plein de camions, mais on dirait que personne ne comprend ce qui a bien pu se passer. Ils sont même pas fichus de rallumer la lumière, alors c’est pas la peine d’espérer que la grande roue ne reparte avant un moment. Tu veux que je prévienne ton père de là où tu es ?

    Chiyo a écrit:
    Non, surtout pas. Qu’il vienne ou pas, ça ne changera rien en plus il est certainement au travail. Ça commence à faire long là…

    Ryo a écrit:
    Je sais bien, mais dis toi que certains sont la tête à l’envers dans les montagnes russes, et qu’ils n’arrivent pas à le redémarrer, t’es plutôt bien logée Chy. Alexis y est, il m’a dit que ça commençait à craindre, certains arrivent à vomir la tête en bas. Lui au départ il s’en foutait, mais là il commence à flipper.

    Chiyo a écrit:
    Tu m’étonnes. Bon et bien on attend, préviens moi s’il te plaît quand y’a du nouveau. Tu rentres chez toi ?

    Ryo a écrit:
    Non j’attends Alex’ et Jadyn a pas mal paniqué elle ne va pas terrible. Y’a tous les étudiants en médecines qui sont restés, pourtant y’a aucun blessés. Pf on comprend rien.

    Chiyo a écrit:
    Bon ok. Dis moi quand même quand tu rentres.

    Ryo a écrit:
    Pas de problème.

    La petite brune observa une fois encore le sol situé à bien des mètres en dessous d’elle, remarquant qu’il commençait tout de même à y avoir du mouvement là-bas. Elle se retourna vers Jude, toujours allongé sur la banquette, son torse se soulevant au rythme de sa respiration. Elle sourit puis s’installa sur la même banquette, à quelques centimètres de lui.

    - Apparemment ça bouge pas beaucoup en bas, les pompiers viennent seulement d’arriver. Et d’après Ryo il y en a qui sont la tête en bas dans les montagnes russes. Ça commence à devenir inquiétant…

    Elle attendit qu’il dirige son regard vers elle avec un sourire. Lorsqu’elle croisa ses yeux bleus vert, elle laissa échapper un petit rire nerveux avant de baisser la tête, contemplant son cellulaire qu’elle tournait machinalement entre ses doigts. Elle se sentait nerveuse, intimidée, pratiquement tout le contraire des sentiments qu’elle éprouvait quelques minutes auparavant. Elle le comprenait, à présent. Ce qu’elle ressentait dans son ventre et dans sa gorge n’était autre que le sentiment de honte qu’elle avait parfois déjà ressentit au cours de sa vie. Mais pourquoi ? Pourquoi alors que tout était terminé, avait-elle l’impression d’en avoir trop fait ? Avait-elle l’impression qu’une autre personne avait prit sa place dans son corps l’espace de quelques minutes et lui avait fait faire des choses qu’elle ne se serait jamais cru capable de faire jusqu’à maintenant ? Elle ne regrettait rien, était heureuse, comblée, par tout ce que Jude avait pu lui offrir de sa personne. Mais c’était plus compliqué que cela. Puisqu’elle s’en croyait incapable, comment savoir si elle avait bien fait ? Si Jude n’était pas déçu, ou choqué par ce qu’elle avait fait ? Après tout, c’était tellement… Contraire à son comportement habituel. Peut-être l’avait-elle déçu, parce qu’il pouvait croire qu’elle avait changé… Dieu, comment tout cela avait-il pu arriver ? N’aurait-ce pas été plus simple s’ils n’avaient fait que discuter en s’échangeant des bisous comme ils avaient commencé ? Mais pourquoi se posait-elle autant de questions, après tout ? Etait-ce la même chose de son côté ? Elle ne le saurait jamais si elle ne lui demandait pas bien sûr, mais même si Chiyo était bien connue pour ses répliques parfois étranges et mal placées, elle resta simplement silencieuse, se raclant finalement la gorge.

    - Bon c’est long là ts.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Dim 8 Nov 2009 - 19:13

    « Apparemment ça bouge pas beaucoup en bas, les pompiers viennent seulement d’arriver. Et d’après Ryo il y en a qui sont la tête en bas dans les montagnes russes. Ça commence à devenir inquiétant… »

    Jude ouvrit lentement les yeux qu'il venait de clore. Oui, bien entendu qu'il s'était douté que certains étaient plongés dans une drôle de position dans les manèges, et honnêtement, en entendant de nouveau Chiyo lui certifiait la chose, ça l'agaçait. Alors quoi ? Personne ne pouvait se dépêcher à les tirer de là ? C'était comme sur les lieux d'accidents, on « analyse » pendant dix ans les lieux, question de laisser les blessées agoniser, puis ensuite, on se décide à essayer de les sauver. Ça avait le don d'énerver Jude, tellement qu'il aurait bien tenté d'escalader la grande roue pour se retrouver en bas et essayer de mettre un terme à la panne. C'était certainement venu d'un court-circuit d'ailleurs, puisqu'il avait du mal à s'imaginer quelqu'un couper le courant volontairement. Ou alors, ce quelqu'un était un psychopathe qui avait fait peur à cette pauvre fille terrorisée au cri strident. Les yeux de l'adolescent se posèrent sur Chiyo qui émit un petit rire instinctivement, baissant la tête, d'un drôle d'air. Le genre d'air qu'elle a lorsque quelque chose la tracasse, quelque chose dont elle ne veut pas parler, mais qui lui oppresse le moral, les pensées et les sentiments. Silencieux, Jude guetta une nouvelle réaction de la part de sa petite amie, se doutant de la raison de ses nouveaux agissements. Ou en l'occurrence, de réactions normales à ces anciennes actions extrêmement téméraires pour Chiyo Kiyomi. Avec du recul, ça pouvait paraître démon, ce qu'elle lui avait fait, et ainsi, ça devenait compréhensible qu'elle se plonge dans de drôles d'états d'âme. Elle finit par se racler la gorge, ce qui n'eut pas la faculté de rassurer Jude.

    « Bon c’est long là ts. »

    Les sourcils froncés, l'adolescent observa le profil de celle qu'il aimait. Quelques dizaines de minutes plus tôt, elle s'était réjouie de l'avoir « rien que pour lui » dans un endroit où il ne « pourrait s'échapper ». Mais maintenant, c'était trop long ? Il n'y avait pas photo, Chiyo semblait avoir bien envie de fuir. Et cela, Jude devait l'éviter, surtout qu'il fallait qu'elle vienne chez lui ce soir, et cela, il y tenait dur comme fer. Tendrement, le garçon prit la main de sa petite amie qui s'était assise quelque temps auparavant sur la même banquette que lui et la baisa, question d'attirer son attention sur lui. Il avait bien une petite idée de ce qui la faisait réagir de la sorte, et même s'il ne savait absolument pas comment la « rassurer », il était déterminé à essayer et surtout, à y parvenir. Progressivement, comme s'il pesait cinquante tonnes, Jude se redressa, de sorte d'être à quelques centimètres seulement du visage de Chiyo, et entoura son bras autour de son épaule afin qu'elle tombe avec lui sur la banquette et qu'elle s'y allonge, bon gré mal gré. Les faits accomplis, ayant pour vu le plafond sombre et ovale de la cabine, Jude répliqua, caressant doucement les cheveux d'ébène de son interlocutrice.

    « Moi aussi j'ai honte de ce que je t'ai fait la première fois, tu sais. Sauf que sur le coup, j'arrivai à rien contrôler, ou peut-être que je mettais pas tout mon coeur à vouloir tout contrôler. »


    Il tourna légèrement sa tête vers celle de Chiyo, ses narines se délectant davantage du parfum de son shampoing. Vanille, il en était définitivement fan. Embrassant lentement les cheveux de Chiyo, fermant les yeux, inspirant totalement ce parfum qui sembla l'envahir de toute part et l'enivrer souverainement, il reprit dans un murmure :

    « Ça t'as dérangé, ce que j'ai fait la première fois ? »


    Il sourit, oui, lui aussi était capable de poser ce genre de questions embarrassantes aux allures cruciales qu'on voudrait bien anéantir définitivement, annihiler de la bouche de l'autre. Exactement comme celles que Chiyo posait lorsqu'elle s'inquiétait sur son état de santé avant qu'il soit admis au centre. Il les haïssait, ses pourquoi et ses comment, sans doute parce qu'il ne voulait pas en parler, parce qu'il sentait les reproches et s'en voulait que les autres le sache, lui en parle, sans compter qu'il n'avait pas envie de continuer de jouer la comédie encore et encore devant ceux qu'il aimait.

    « Parce que pour ma part, ça ne m'a pas dérangé, et j'te considérerai pas différemment après ce soir. »

    Il tourna de nouveau la tête, afin que ses yeux soit face au plafond incliné. Après tout, c'était vrai. Elle était plongée dans une sorte d'état second, d'état de désir intense, qu'on ne veut ou ne peut contrôler. Tout s'accélère, tout s'intensifie, tout s'améliore, tout se désire, tout se fait. Et aucun doute, aucune question n'arrivent à stopper ce phénomène, ou alors, très rarement. Bien entendu que Jude s'en était voulu d'avoir fait ce qu'il avait fait là-bas dans la forêt, bien entendu qu'il avait eu honte de s'être littéralement précipité sur Chiyo, d'avoir tout fait pour qu'il finisse par n'être qu'un. Mais à la base, c'était issu de pures intentions, celles de lui faire sentir comment il l'aimait, comment il serait là pour elle, comment il la voulait toute, comment il voulait lui faire plaisir et trouver son bonheur. Et peut-être – voire sûrement – qu'il s'y était mal prit, que tout avait été interprété de travers, mais cela, il n'y pouvait pas grand chose. Mis à part en parler de nouveau ce soir pour essayer d'apaiser des pensées similaires qui pourraient venir à l'esprit de Chiyo.

    « T'as pas à avoir honte, ma crapule. J'vois c'que tu voulais y faire passer, pas ce que t'as fait. Comme moi j'avais voulu t'faire comprendre c'que j'étais capable pour toi et ton bonheur, comment j'étais capable de t'aimer et comment j'serais capable de t'aimer encore et encore et tout ce que je voulais faire pour que tu sois à moi, rien qu'à moi, toute à moi, et le demeure à tout jamais. J'voulais pas passer pour un nympho', même si les situations pouvaient s'y prêter. Et j'sais que ça en allait de même pour toi. »

    Silence. Jude saisit doucement la main de Chiyo, entremêlant ses doigts entre les siens comme elle le faisait à chaque fois qu'elle lui prenait la main. Il ne savait pas réellement si ses dernières phrases avaient du sens, ou même une raison d'avoir été prononcées, mais à moins de s'être totalement trompée sur le comportement de Chiyo, à moins que sa petite amie ait changée du tout au tout durant son départ, il pensait qu'il n'avait pas dit tout cela pour rien. Ou au moins, Chiyo l'aurait écouté, et c'était déjà ça de gagné. Laissant quelques minutes défiler, le bruit des sirènes de pompiers s'arrêtant finalement, l'adolescent finit par prononcer :

    « Maitenant, crois-tu qu'il serait trop téméraire de vouloir partir de cette cabine et descendre par les rayons de la grande roue ? »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Lun 9 Nov 2009 - 16:50

    Une idiote. On aurait pu lui accorder la palme de l’idiotie, à la Chiyo Kiyomi. Elle avait honte, si honte qu’elle ne pouvait plus croiser le regard de Jude sans rougir. Et si cette situation l’avait amusé l’espace d’un instant, elle se rendait compte que c’était bien plus sérieux qu’elle ne l’avait cru au départ. Heureusement qu’il faisait noir à l’intérieur de la cabine, sinon elle aurait eu envie de cacher son visage aux yeux de Jude, histoire qu’il ne décèle pas trace de son malaise. Mais c’était apparemment trop demandé, Jude la connaissait sans doute trop bien, puisqu’il lui prit délicatement la main, déposant un doux baiser sur celle-ci, se montrant exactement comme lorsqu’il avait conscience que quelque chose tracassait sa petite-amie. Délicat, attentionné, silencieux sans trop l’être, histoire de la laisser réfléchir, il savait la prendre, c’était certain. Savait comment agir avec elle, réussir à la faire parler sans pour autant la brusquer.

    Il l’entraina doucement en position allongée au même titre que lui sur la banquette qu’ils partageaient. Chiyo tourna la tête vers lui avec un sourire, avec l’irrésistible envie de se rapprocher plus encore de celui qu’elle aimait, de se blottir tout contre lui à la recherche de son parfum et de sa chaleur corporelle. Mais elle resta plantée là, les yeux grands ouvert, distinguant malgré l’obscurité aussi nettement que possible le profil de son petit-ami.

    - Moi aussi j'ai honte de ce que je t'ai fait la première fois, tu sais.
    - De quoi est-ce que tu…
    - Sauf que sur le coup, j'arrivai à rien contrôler, ou peut-être que je mettais pas tout mon cœur à vouloir tout contrôler.

    Elle fronça les sourcils, se demandant s’il était véritablement parvenu tout seul jusqu’au problème. Chiyo se mordit la lèvre inférieure, inspirant et expirant régulièrement, profitant du fait que sa respiration ait enfin récupéré un rythme normal. Toutefois, la douleur qu’elle avait au ventre persistait, la faisant grimacer de temps à autre. C’était exactement la même chose que lorsqu’elle attendait les résultats de ses examens, sauf que lorsque c’était le cas, elle ne s’inquiétait que pour des broutilles qui la plupart du temps, ne l’avaient pas sanctionné. Et là , s’inquiétait-elle justement ? Avait-elle, comme elle en était persuadée, du soucis à se faire par rapport à la façon dont Jude la considérait ?

    - Ça t'as dérangé, ce que j'ai fait la première fois ?

    Ce qu’il lui avait fait la première fois ? C'est-à-dire … ? Alors qu’elle était parfaitement consentante et qu’elle aussi en avait envie ? Comment parvenait-il à se poser ce genre de question ? (Et toi Chiyo, comment parviens-tu à te poser les questions que tu te poses, hein ?) x) Elle secoua la tête de droite à gauche en signe de négation en se mordant nerveusement la lèvre tandis que Jude ajoutait :

    - Parce que pour ma part, ça ne m'a pas dérangé, et j'te considérerai pas différemment après ce soir.

    Pas soulagée pour un sous, Chiyo ne quitta pas le plafond des yeux, profitant discrètement de ses caresses qu’elle sentait dans ses cheveux, respirant l’air imprégné de son parfum autour d’eux. Laissant plané un silence de quelques secondes avant de reprendre la parole, elle prit la main de Jude qui ne jouait pas avec ses cheveux dans la sienne, entremêlant ses doigts avec les siens, caressant machinalement sa paume.

    - Ca n’a rien à voir… J’étais d’accord alors que… Et puis… Rho si tu lis en moi comme dans un livre ouvert c’est pas marrant quoi.

    Elle fit la moue tandis qu’elle laissait échapper un petit rire nerveux avant de reprendre :

    - Je… J’sais pas pourquoi ça m’a semblé évident. Maintenant c’est dingue parce que je… Ca ne me viendrait même pas à l’esprit…
    - T'as pas à avoir honte, ma crapule. J'vois c'que tu voulais y faire passer, pas ce que t'as fait. Comme moi j'avais voulu t'faire comprendre c'que j'étais capable pour toi et ton bonheur, comment j'étais capable de t'aimer et comment j'serais capable de t'aimer encore et encore et tout ce que je voulais faire pour que tu sois à moi, rien qu'à moi, toute à moi, et le demeure à tout jamais. J'voulais pas passer pour un nympho', même si les situations pouvaient s'y prêter. Et j'sais que ça en allait de même pour toi.

    Bah merci, un nympho. Il avait peur qu’elle ait l’impression de passer pour cela ? Etrange comme ses paroles ne parvenaient pas à la rassurer entièrement. Pourtant, il avait bien comprit ce que Chiyo avait voulu au départ. L’avoir rien que pour elle et lui montrer qu’elle le désirait, qu’elle l’aimait à la folie et cela pour toujours. Qu’elle serait prête à tout pour lui et que se donner à lui toute entière n’était rien comparé à ce que lui, lui donnait. Mais ça, elle n’avait pas besoin d’être à moitié possédée pour le savoir, qu’elle donnerait jusqu’à sa vie, par amour pour lui. Dieu ce que ça pouvait être impressionnant de s’avouer une chose pareille, de se dire qu’on tient plus à la vie d’une autre personne qu’à la sienne. Et pourtant, c’était la pure réalité. Pour lui, elle serait prête à tout laisser tomber. Jude saisit son autre main, entremêlant également ses doigts aux siens, laissant planer le silence autour d’eux, brisé de temps à autre par de nouvelles sirènes qui se taisaient rapidement, plusieurs dizaines de mètres en dessous d’eux.

    - Maintenant, crois-tu qu'il serait trop téméraire de vouloir partir de cette cabine et descendre par les rayons de la grande roue ?
    - Vas-y, j’te regarde faire Spider Man, mais si on s’en tient au film, j’ai le rôle de Mary Jane, en gros je bouge pas et je hurle.

    Elle eut un petit rire tandis que le silence retombait entre eux deux, lui laissant le temps de repenser à une des choses dont elle avait longuement pensé durant l’absence de Jude. Lorsque vous êtes séparés involontairement d’une personne qui vous est chère, vous commencez la plupart du temps à vous accrocher aux moments que vous avez passé avec celle-ci, tout d’abord. Ensuite, vous vous rendez compte de tout ce que vous auriez voulu faire avec elle avant de la quitter et surtout, vous vous rendez compte du nombre incalculable de choses que vous auriez aimé lui dire. C’était ce qui était arrivé à Chiyo ces dernières semaines, étapes par étapes. Mais aujourd’hui, Jude était là, avec elle, dans une nacelle dont la surface ne devait pas dépasser les deux mètres carrés. Et s’il y avait quelque chose d’important qu’elle désirait lui dire, c’était le moment, bien évidemment.
    Doucement, elle finit par se redresser en position assise sur la banquette, laissant Jude allongé à côté d’elle. Timidement, elle prit la parole :

    - Jude ?

    Pas de réponse, il attendait la suite, bien évidemment. D’un simple mouvement de bras, elle fit comprendre à son petit-ami de se redresser afin qu’il arrive à sa hauteur, puis elle continua, la tête baissée, frôlant délicatement du bout de son indexe chaque doigt de la main de Jude dont certains pliaient sur son passage.

    - Je sais que… Ca fait naïf, un peu bizarre dit comme ça mais…

    Mais ? Continue, bécasse, on n’a pas la nuit. Quoi que… XD

    - Je sais que je t’aimerai toute ma vie. Toujours. Une fois je t’ai demandé de m’expliquer les raisons pour lesquelles tu m’aimais, et j’me suis rendue compte que toi tu n’avais jamais cherché d’explication à cela. Sans doute parce que j’suis la seule à me poser ce genre de question bizarre, rit-elle. Alors je voulais que tu l’saches. Que tu me l’entendes dire pour que jamais tu ne puisses en douter, que je t’aime. Je sais que j’ai l’air bête à te dire ça comme ça mais… Y’a des moments comme celui-ci où j’me rends compte que t’es le seul à me comprendre quelle que soit la situation. Tu sais ce que j’veux, ce que je ne veux pas, ce dont j’ai peur, ce que je pense important ou pas… Et je t’aime pour tout ça, sans parler de la façon dont tu mets tes mains sur ma taille quand je m’assoie sur tes genoux, la façon dont tu m’regardes quand tu comprends que quelque chose ne va pas. La façon dont tu grimaces quand je dis quelque chose qui te contrarie, cette grimace que t’essayes de cacher mais que je décèle automatiquement. C’est pour ça que j’t’aime. Et même si tu ne me l’as pas demandé, j’voulais que tu le saches parce que dernièrement j’ai pas particulièrement eu l’occasion de te dire tout ça. J’espère que je te fais pas flipper, toi comme moi on sait que je parle pas beaucoup de tout ça, mais j’trouve ça nécessaire, en tout cas maintenant.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Jeu 12 Nov 2009 - 17:29

    Et il s'était mit à parler à cœur ouvert de ce dont il s'était presque interdit de discuter. Se ressasser des évènements honteux, dans lesquels on a beau avoir agit spontanément mais surtout contrairement au reste de ses principes, aussi beaux aient été les moments qu'il avait vécu avec Chiyo à la suite de ses agissements, la honte, le regret, la gène, la crainte d'être jugé différemment l'avaient saisi. Et c'est sans doute pour cela qu'une partie de lui-même s'était fermée à y repenser, comme à la plupart des moments embarrassants qu'il avait vécu. A force d'essayer de ne plus y penser, il finirait bien par les emprisonner dans cette case spéciale qu'il s'était créé, en attendant qu'il les digère et finisse par pouvoir en rire, par auto-dérision, plutôt que d'y rougir, par honte.

    Mais il s'agissait de Chiyo, sa petite amie, celle qu'il aimait, cette adolescente de dix-sept ans à laquelle il aurait tout donné, même ses souvenirs les plus troublants. Alors il avait parlé, expliqué, après avoir décelé le malaise éprouvée par Chiyo. Sans réfléchir, d'ailleurs, il n'y avait pas eu besoin de temps, seul le bonheur de sa petite amie était important. Et il avait visé juste, elle l'avait écouté, l'avait rassuré et démentit, tout en finissant par grogner, visiblement troublée par le fait que, oui, Jude la connaissait assez bien pour lire en elle comme dans un livre ouvert. Et de plus, c'était une de ses habitudes, cela, d'être empathique au point de comprendre les émotions de ses amis et pouvoir dénicher leur provenance. C'est d'ailleurs ainsi qu'il avait porté secours à Chelsea dans de nombreux moments, et bien d'autres personnes d'ailleurs, encore présentes ou désormais disparues.

    « Ca n’a rien à voir… J’étais d’accord alors que… Et puis… Rho si tu lis en moi comme dans un livre ouvert c’est pas marrant quoi. »


    Il émit un léger rire, continuant de caresser les cheveux doux de Chiyo, presque machinalement. Ils avaient poussé, aussi débile cette pensée puisse l'être. Oh, techniquement, que de quelques centimètres durant son absence de plus d'un mois, mais il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il n'avait pu voir Chiyo « grandir » durant son absence, qu'elle avait sans doute changé, mûrit. Qu'à son retour, il redécouvrirait une Chiyo différente, qu'il aimerait toujours, certes, mais qui aurait gagné en maturité, avec des cheveux plus longs ou bien plus courts, avec peut-être même un centimètre de plus, avec de nouvelles connaissances, de nouvelles façons de faire, de nouveaux goûts. Elle aurait changé, sans lui à ses côtés, lui qui était parti pour se métamorphoser également, comme si leur combinaison, finalement, n'était pas si bonne que ça. Que d'une manière ou d'une autre, leur couple en sortirait transformé, autant d'un parti que de l'autre. Déposant un doux baiser sur le front légèrement plissé de Chiyo, il répliqua :

    « J'aime bien, moi...  »

    Évidemment, deviner d'instinct ce qui tracassait Chiyo était bien pratique. Combien de fois Jude avait entendu Enzo rentrer chez eux, agacé de ne savoir ce que sa meilleure amie lui cachait et comment faire pour qu'elle aille mieux. Certes, Enzo avait apprit progressivement, vu le temps que les deux voisins avaient passés ensemble, mais Jude, lui, pouvait presque espérer être devenu encore meilleur que son frère dans cette action. Si bien que le sujet se clos, tandis que les sirènes des pompiers s'étouffaient dans l'obscurité. Dieu, combien de temps devraient-ils rester ainsi, alors que oui, il y avait des gens qui, en attendant, souffraient certainement de leur position. Ces simples pensées irritaient tellement Jude qu'il avait des envies d'homme-araignée.

    « Maintenant, crois-tu qu'il serait trop téméraire de vouloir partir de cette cabine et descendre par les rayons de la grande roue ? »
    « Vas-y, j’te regarde faire Spider Man, mais si on s’en tient au film, j’ai le rôle de Mary Jane, en gros je bouge pas et je hurle. »

    L'adolescent rit, toujours assis sur la banquette, imaginant bien la scène et calculant de quelle manière descendre le plus prudemment possible entre ces rayons qu'il avait rapidement observés.

    « Jude ? »

    Il ouvrit les yeux qu'il avait fermé pour revoir la grande roue dans son esprit, cessant ses calculs pour écouter ce que Chiyo avait à lui dire. Il l'observa un moment, alors qu'elle lui faisait signe de se redresser, ce qu'il fit, retrouvant le parfum vanillé de sa petite amie spontanément.

    « Je sais que… Ça fait naïf, un peu bizarre dit comme ça mais… »

    Mais... ? Jude fronça les sourcils, curieux d'entendre la suite. Suite qui ne tarda pas, et qui se révéla être un long et sincère monologue.

    « Je sais que je t’aimerai toute ma vie. Toujours. Une fois je t’ai demandé de m’expliquer les raisons pour lesquelles tu m’aimais, et j’me suis rendue compte que toi tu n’avais jamais cherché d’explication à cela. Sans doute parce que j’suis la seule à me poser ce genre de question bizarre. Alors je voulais que tu l’saches. Que tu me l’entendes dire pour que jamais tu ne puisses en douter, que je t’aime. Je sais que j’ai l’air bête à te dire ça comme ça mais… Y’a des moments comme celui-ci où j’me rends compte que t’es le seul à me comprendre quelle que soit la situation. Tu sais ce que j’veux, ce que je ne veux pas, ce dont j’ai peur, ce que je pense important ou pas… Et je t’aime pour tout ça, sans parler de la façon dont tu mets tes mains sur ma taille quand je m’assoie sur tes genoux, la façon dont tu m’regardes quand tu comprends que quelque chose ne va pas. La façon dont tu grimaces quand je dis quelque chose qui te contrarie, cette grimace que t’essayes de cacher mais que je décèle automatiquement. C’est pour ça que j’t’aime. Et même si tu ne me l’as pas demandé, j’voulais que tu le saches parce que dernièrement j’ai pas particulièrement eu l’occasion de te dire tout ça. J’espère que je te fais pas flipper, toi comme moi on sait que je parle pas beaucoup de tout ça, mais j’trouve ça nécessaire, en tout cas maintenant. »

    Un doux sourire sur les lèvres, le garçon laissa un silence de quelques dizaines de secondes s'installer, question d'être persuadé qu'il n'y avait pas de suite au sujet, pour embrasser amoureusement Chiyo sur les lèvres, un baiser bien plus court que les autres, mais tout aussi franc, tout aussi intense.

    « Tu m'fais pas peur, Chiyo, quelle question... »

    Il déposa quelques baisers dans son cou, provoquant quelques frissons à la jeune japonaise, ce qui l'amusa. 

    « Crois-moi, je voulais l'entendre ce petit speech, mais j'attendais patiemment qu'il vienne de toi, tout naturellement. »


    Ses paroles tout juste achevées, une secousse se fit sentir dans la nacelle dans laquelle étaient installés Chiyo et Jude, nacelle qui se mouva doucement, grimpant encore plus haut dans le manège, alors que la grande roue semblait se plaindre de devoir finir encore un tour, tant ses articulations grinçaient. Il fallut par la suite seulement une dizaine de minutes pour que les deux adolescents puissent retrouver la sortie du manège et partir directement de la fête foraine, après avoir rassuré les secouristes qu'ils allaient bien. Passant finalement l'entrée principale du parc, Jude saisit la main de sa petite amie tout en lui demandant, sa « mission » toujours à l'esprit :

    « On rentre ? »
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Sam 14 Nov 2009 - 20:30

    Impressionnante la manière dont elle avait eu le courage de lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur depuis bien longtemps. Tout ce qu’elle ressentait à son sujet depuis bien des mois, tout ce qu’elle s’était refusée de lui dire parce qu’elle craignait qu’il ne ressente pas la même chose pout elle et qu’il ne décide de fuir par conséquent, pour éviter de lui faire encore plus de mal en la laissant espérer que lui aussi l’aimait à la folie. Mais à présent qu’il était revenu et qu’elle était certaine que leur amour était plus fort que tout, elle n’avait plus peur. Plus peur d’assumer ses sentiments face à lui, plus peur d’avoir envie que cela dure éternellement, plus peur de lui avouer qu’elle désirait qu’ils ne se quittent jamais. Alors oui, c’était la même Chiyo Kiyomi qui avait vidé son cœur face à celui qu’elle aimait, la même qui avait mit une éternité à lui dire « Je t’aime ». La différence était qu’aujourd’hui, alors qu’elle n’avait pas cru cela possible, elle était plus amoureuse encore de Jude que le jour où elle lui avait dit l’aimer. Et si en parler était comme toujours quelque chose de très difficile pour la petite brune, ça n’était plus par honte mais par sa simple réserve. Elle aimait Jude, Jude était amoureux d’elle, elle le voulait pour toujours. C’était assez intimidant à dire comme à entendre, même à penser, mais c’était la pure et simple vérité.

    Son cœur battait à cent à l’heure, si vite qu’elle avait l’impression d’entendre ses battements résonner à l’intérieur de sa tête. Elle savait que Jude devait bien se douter de la façon dont elle pouvait être amoureuse de lui, mais le lui dire, en sentant son regard posé sur elle ainsi que sa main caresser délicatement ses cheveux était quelque chose de très important à ses yeux. Jude devait d’ailleurs se rendre compte des efforts incroyables qu’elle devait fournir pour lui parler comme elle venait de le faire. Discrètement, elle jeta un coup d’œil par dessous ses cils pour observer la réaction de son petit-ami qui se faisait attendre. Quelques dizaines de secondes qui lui parurent une éternité tant elle craignait en avoir trop dit. Alors elle baissa les yeux, puis attendit qu’il brise lui-même le silence, en espérant qu’il le ferait et n’attendrait pas tout simplement qu’elle change de sujet. Puis alors qu’elle jetait une nouvelle fois un coups d’œil vers le visage du jeune homme, elle vit naître sur ses lèvres un sourire tandis qu’il se baissait à sa hauteur pour trouver le chemin de ses lèvres, l’embrassant tendrement.

    - Tu m’fais pas peur Chiyo, quelle question…

    Bah quoi quelle question ? Il avait le droit de ne pas ressentir en retour les sentiments qu’elle avait pour lui, n’est-ce pas ? Alors oui, bien sûr qu’elle se posait cette question comme n’importe quelle autre, c’était naturel, en tout cas chez elle. Elle s’inquiétait de bien plus de choses qu’une adolescente normale prenait la peine de penser. C’était ainsi qu’elle était, et apparemment ainsi que Jude l’aimait. Elle sentit la pression retomber en elle, la faisant sourire tandis qu’elle frissonnait légèrement au ressentir du contact des lèvres de Jude sur la peau de son cou.

    - Crois-moi, je voulais l'entendre ce petit speech, mais j'attendais patiemment qu'il vienne de toi, tout naturellement.

    Un sourire éclaira son visage tandis que n’importe qui aurait pu déceler parmi ses traits un profond soulagement. Elle eut un sursaut lorsque la cabine dans laquelle elle et Jude se trouvaient émit un bruit de rouage tandis que la grande roue repartait tant bien que mal, certaines de ses illuminations se rallumant faiblement.

    - Pfiou… Drôle de soirée.

    Remarqua timidement Chiyo, repensant aux derniers évènements. Elle qui n’avait pas envie de venir au tout départ, elle avait bien fait de céder à Maia – de toute façon, ce n’était pas comme si elle avait réellement eu le choix x) – étant donné tout ce qui était arrivé ce soir. Et dire qu’elle était avec Jude ce soir, qu’elle l’avait eu rien que pour elle de longues heures, exactement comme elle l’avait rêvé de nombreuses fois pendant son absence.
    La grande roue mit quelques minutes à finir son tour. En bas de l’attraction, de nombreux pompiers prenaient en charge les élèves enfin parvenus à redescendre à même le sol afin de s’assurer de leur bien-être. A droite à gauche, certains se faisaient soigner de superficielles blessures certainement dues à leur surplus de témérité lorsqu’ils s’étaient retrouvés enfermés dans les attractions et avaient sans doute pris la décision de tenter d’en sentir par leurs propres moyens.

    - On rentre ?
    - Chiyo !

    La petite brune fit volte face tandis qu’elle sentait la main de Jude prendre la sienne et aperçu son cousin, assis sur un brancard portable, une infirmière occupée à lui bander le coude tandis qu’il tenait dans sa main libre son téléphone cellulaire duquel il ne devait pas avoir cessé de se servir l’heure passée. Observant son coude ensanglanté, Chiyo s’approcha de lui en entrainant Jude vers celui-ci puis répondit :

    - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je croyais que tout allait bien !
    - Ouais bof, c’est rien j’me suis cassé la figure en sortant du train fantôme…
    - Vous aviez pourtant reçu des consignes jeune homme…
    - Votre boulot, c’est pas de soigner sans parler ?
    - Ryo !
    - Quoi qu’il en soit, j’reste avec Jadyn, affirma-t-il en regardant sa petite amie. Et Alexis est enfin sorti du grand huit, ils ont tous été emmenés à l’hosto, tu parles d’une soirée de merde… J’pense qu’on va aller le chercher. Ca va toi ? T’as l’air décoiffée…
    - Non ça va… répondit-elle avec un coup d’œil vers Jude.
    - Oh tiens mais c’est Ersley 2, t’es revenu ? Il était temps, mon oncle disait que ça commençait à devenir dangereux pour Ch…
    - Tu veux que j’prévienne ton père ? coupa-t-elle.
    - Pas la peine, j’lui avais déjà dit que j’rentrerais sans doute pas ce soir, donc ça ne l’étonnera pas quoi qu’il arrive. Par contre j’veux bien qu’tu prennes ma veste et qu’tu la ramènes, elle m’encombre.
    - Bah hé, j’suis pas ton porte manteau.
    - S’il te plaît, fais pas ta relou…
    - Bon d’accord, donne ts. Je la laisserais sur le porte manteau chez moi.
    - Merci c’est sympa.
    - A plus.
    - Ouais bye ! Salut Jude !

    Chiyo éloigna Jude de Ryo aussi naturellement que lui permettait son état. C’était bien son père ça, aller raconter ce qu’il se passait chez lui à son oncle et par conséquent, au fils de ce dernier, soit son diable de cousin Ryo. Note pour elle-même : « Rappeler à son père de ne pas trop ébruiter ce qu’il se passait à l’intérieur de chez eux et demander à son oncle de ne pas en dire mot à Ryo, il était bien trop doué pour tout raconter, même sans savoir que c’était classé sous secret défense. »

    Main dans la main, les deux adolescents marchèrent ensemble jusqu’à l’arrêt de bus où plusieurs élèves attendaient déjà l’arrivée du prochain transport qui les ramènerait heureusement sains et saufs jusqu’à Sunset Hills.
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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   Lun 23 Nov 2009 - 9:35

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MessageSujet: Re: While you can't change the Past... Beware, Futur can always turn around... } Jude   

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