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when all you got to keep is strong, move along | jufy.

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Nicky ;
« fast life, rock life, every night. »

→ crédit : © cyrine&tumblr
→ discussions : 1621
→ anniversaire : 15/11/1992
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→ arrivée en ville : 01/05/2009


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MessageSujet: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Lun 12 Juil 2010 - 23:06




« there are closets I don't care to open.
Anyway...are you hungry ? »



Allongé sur le transat du jardin, les mains croisés derrière la nuque, le regard principalement fixé sur un ciel bleu marine, presque noir, qui pousserait à réfléchir. Un passe temps que je me suis découvert durant les quelques heures où l'insomnie m'envahissait, et qu'il n'était pas nécessaire de retourner à l'intérieur. Les scènes les plus importantes de ce qui s'est précédemment passé chez les Ersley me viennent à l'esprit, comme s'il fallait remuer le couteau dans la plaie, alors qu'à une heure pareille, je dois être supposé dormir. Jude qui balance une bouteille sur un mec que je connais pas, Chelsea qui débarque dans le décor pour me coller une droite par surprise, Desiree qui est prête à donner suite au spectacle, Crystel qui attire les regards au milieu de la cuisine, ça fait pas mal de personnes à observer, ou de faits à retenir. A un moment, je me demandais réellement ce qui m'avait poussé à me rendre chez mes cousins pour profiter d'une soirée à laquelle l'humeur n'y était pas. Mais il y a eu Ryan et Desiree qui m'ont rapidement changé les idées, bien qu'ils n'aient pas eu énormément à faire. Et c'est d'ailleurs assez étrange de constater que Jasper, Julian et Jason ne sont plus tellement les personnes avec qui je traine. Question de logique pour commencer, faut dire que ce serait assez mal placé de rire à la face de Julian, alors que je suis plus avec sa sœur. En faite, j'ai simplement arrêté de me cacher à travers cette histoire. Tout le monde est au courant, et que celui qui ait un reproche à me faire, vienne directement m'en faire part. Chelsea l'a bien compris, et je pense que la partie est loin d'être terminée. En attendant, je peux m'en prendre qu'à moi-même, et j'ai vraiment pas envie de me laisser sombrer, bien que dans le fond ce sera sans doute le cas, mais de manière moins apparente. Le fait de partir durant l'entier de ces vacances, c'est ça qui a dû me pousser à rester, et à passer une soirée "normale", bien que la plupart du temps, fallait lutter pour que Déesse tienne en place. Et en parlant d'elle, je sais vraiment pas de quelle manière me comporter avec, et encore moins visualiser notre relation, même si un détail assez important réside dans ce qu'elle ne veut pas m'avouer. Il y a Crys' d'un autre côté qui était dans la même pièce, et à aucun moment j'ai eu l'impression de me sentir à l'aise. Il est vrai que je tenais pas spécialement à ce qu'elle nous vois ensemble, dans le sens physique, car même si c'est terminé, ça m'emmerderait vachement qu'elle se fasse des idées. Enfin si ça se trouve, c'est moi qui réfléchis trop en ce moment. Je devrais peut-être prendre les choses comme elles arrivent, et être moins focalisé sur mon ex-petite amie. Jude est un peu l'exemple à prendre niveau comportemental, je sais pas trop ce qu'il endure depuis qu'il n'est plus avec Kayla, mais il reste impassible, du moins il le rejette plutôt bien. C'est clair que je peux pas directement comparer nos situations, mais le final est plus ou moins pareil, surtout par rapport à l'état d'esprit. Tiens, d'ailleurs il était bien accompagné le coco, même qu'il a disparu à un moment donné, ce qui m'a presque fait sourire. Et puis en se concentrant sur la maison, il y a lieu de dire que ça doit être un gros bordel comme il y en a pas deux. En espérant que mon oncle ne sera pas de retour dans les quarante huit heures, parce qu'il y aurait de quoi flipper en ayant un avant goût de ce qui se trouve sur la pelouse. Certains se sont éclatés à caler de la pizza quatre fromage avec des shoots de Vodka, ce qui est pas intelligent, lorsqu'on sait pertinemment qu'on ne tient pas à ce…

« Nick… » Une main vient ébouriffer mes cheveux, alors que je prends une profonde respiration, voulant juste continuer à m'assoupir, ou dormir, tout dépend des points de vue. Je change de position, pour me mettre sur le flan, pensant que de cette manière, on comprendra bien que je suis plus d'humeur à me reposer qu'autre chose. Mais il semble que ce n'est pas suffisant, et la personne me le fait bien comprendre, en ayant l'intérêt de me faire chier. « Il est une heure, et ta belle-mère a pas arrêté d'appeler. » Une heure ? Belle mère ? Donc ça veut dire que je devrais éventuellement me réveiller pour me préparer à partir, en sachant que je n'ai pas fait mon sac, et que ma belle-mère est dans l'obligation de prendre de mes nouvelles vu que je vais passer un peu de temps dans la famille. Fait chier… j'ai pas seize ans, qu'elle se paie des vacances avec mon père, ça lui permettra de trouver un passe temps suffisamment intéressant pour me foutre la paix. « Il est où Jay ? » Ce que je n'articule pas du tout, mais qui est compréhensible. J'ai toujours les paupières fermées, trop crevé pour bouger. Dany est enceinte… j'allais presque oublier ce détail. Il se passe tout et n'importe quoi ces derniers temps, du coup ça ne sert à rien de se laisser surprendre par des événements de dernières minutes. « Il est sorti, tout comme ta sœur. T'aurais quand même pu nous dire que tu t'en allais, moindre des choses quand on habite ensemble, enfin à mon avis… » Je me retourne, passant chacune de mes mains sur mes yeux, oubliant presque la douleur présente sur le haut de la joue. Je fronce les sourcils, avant d'ouvrir les paupières pour la regarder. « Fais pas chier avec ça au réveil, s'il te plait. » Elle prend mon menton entre ses doigts, avant de diriger ma tête, afin de porter son attention sur ce qui est plus foncé d'un côté que de l'autre. « T'as mis de la glace ? » Tout le monde trouve la même question à poser, comme s'il fallait absolument passer par cette case avant d'enchaîner sur autre chose. Je soupire, avant d'approuver par un signe de tête, de me lever péniblement, de m'étirer, et de rentrer afin de ne pas perdre trop de temps. Je commence par une douche, avant d'enfiler caleçon et t-shirt comme toujours, pour redescendre en direction de la cuisine. Mon regard se porte sur un sac de sport qui est censé m'appartenir, calé contre le canapé, alors que je déjeune sous le regard de Dany qui arrête pas de bouffer des trucs assez écœurants. « Je m'ennuyais au réveil, et comme je savais que t'avais pas fait ton sac, ben je l'ai fait pour toi. J'étais pas censé fouiller dans tes affaires, mais remarque ça te fait gagner du temps ! » Je la regarde après m'être enfilé une cuillère remplie de céréales, essayant de lui sourire tant bien que mal, sans laisser échapper quoi que ce soit. « Chacun son truc quand il s'emmerde… non sérieusement, merci. » Elle vient de plonger un cornichon dans de la pâte à tartiner au chocolat, alors que je repousse mon bol, sans perdre un œil de ce qu'elle est entrain d'ingurgiter. C'est peut-être la bonne occasion pour filer m'habiller, voir les Ersley histoire de voir ce qu'il en est, et de les prévenir aussi. J'ai encore de la marge, mais je préfère avoir de l'avance pour une fois. Je finis par prendre Dany dans mes bras, sentant une légère forme que je n'ai jamais sentie jusqu'à présent. Dans le sens où son ventre a toujours été plat, et que ce n'est plus prêt d'être le cas. « Reste sage, et oublie pas de bouffer tout ce qui appartient à Jay, ça va le faire criser. » Bref, un dernier clin d'œil, avant de retourner dans la chambre pour enfiler un simple jeans, sa ceinture, un t-shirt gris à motif, avant de sortir de la maison, sac sur l'épaule.

Arrivé devant chez les Ersley, c'est limite un lendemain de fête foraine bien réussi. Cartons de pizza éparpillés un peu partout, canettes et bouteilles cassées, éclatées ou simplement déposées contre la pelouse, sans parler des détails plus liquides qui forcent à grimacer. Je sors de ma voiture, avant de faire un tour des lieux, remarquant par l'une des fenêtres que l'intérieur est plutôt calme, ce qui laisse présager des personnes encore endormies. Je pourrais très bien chercher l'une des clés cachées dans un pot de fleur pour entrer, mais j'ai plutôt envie de passer par le jardin. Évidemment, comme tout le reste, ça se résume à un champ de bataille, ce qui ne m'est pas resté en mémoire hier, et pourtant j'étais plus ou moins lucide. Bon, je fais gentiment le tour de la maison, avant d'arriver dans la partie principale, du moins celle qui l'a été hier, avant de remarquer une personne allongée sur un transat, devant la piscine, et qui me fait bizarrement penser à mon propre cas. A coup sûr, ce n'est pas Enzo, disons que dans l'attitude, ça n'a rien d'une situation déjà-vue, par rapport à Jude. Je saurais pas comment développer le fait, la famille c'est évident et suffisant comme réponse. Je m'approche de lui, alors qu'il ne semble pas se douter que je suis le point de briser le silence qu'il avait formé jusqu'à présent. Je lui donne une frappe amicale sur l'épaule, avant de m'asseoir sur le transat d'à côté. « Dis-moi que tu pensais au menu du jour… »

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○


You laugh at all I know, welcome to my show, take a seat it might be a while I'm going to steal you smile. Please take these memories don't mess around, take what I have seen and burn it to the ground and all your misery. A flame put out to sea where wooden ships would never fare. So heaven help you way out there. Please take these memories don't mess around, take what I have seen and burn it to the ground, burn it down, burn it down, burn it down, burn it down into the ground © Colour of Clouds
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MessageSujet: Re: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Mar 13 Juil 2010 - 2:15

    Je ne pouvais m'empêcher de penser à cette fille, que je n'avais jamais véritablement connue, mais qui occupait constamment mes pensées ces derniers moments. Son portrait se dressait dans ma tête avec tant de détails, que cela finissait par me choquer. Des cheveux longs, d'un blond presque blanc, toujours si soyeux, si lisses. Un visage fin, sans pour autant lui procurer un aspect pète-sec. Un nez droit, des lèvres roses enfantines, des joues encore marquées par l'enfance, et surtout, ces lapus lazulis percés de deux perles noires qui, curieuses et sincères, honnêtes et pures, fixaient, généreuses, soucieuses. Elle était « populaire », néanmoins, elle différait des autres poufiasses avec lesquelles elle traînait à l'ordinaire. J'ignore encore aujourd'hui pourquoi les « autres » qui étaient contre cette « élite » de « cool » la haïssaient. Sans doute par son « grade », et non pour sa véritable personnalité. Lucy avait ses torts, pourtant, elle était serviable et souhaitait redresser les torts que causaient ses pairs. Étrange personnage, je me suis toujours méfié d'elle, pour être honnête, comme à cette époque je redoutais à peu près tout le monde. Je craignais l'immense supercherie, la grosse plaisanterie, comme quoi, elle était un « fake », que seul le désir d'annihilation d'un pauvre nerd sans réel intérêt mais qui la battait toujours aux interrogations et examens la motivait. Je n'ai jamais été le garçon « normal » que les autres de ma famille ont été. On est tous différent, si bien que j'ai du mal à associer Nick à Enzo, ou Enzo à Maia. Mais, à l'école, c'était plus facile de cataloguer les gens. Il y avait cette espèce d'échelle d'instaurée, basée principalement sur les résultats scolaires ou les fréquentations. Nick était apprécié pour son charisme et sa personnalité assez surprenant, il faut l'avouer. Enzo par son charme, Maia par son côté ultra-sociable et affectueux. Ils avaient leur groupe, leur ami, leur soutien, leur force. Je les voyais comme des atomes qui avaient déniché leur molécule, et parce qu'ils avaient enfin atteint cette qualité plus importante, ils étaient mieux loti que le pitoyable atome – voire électron – que j'étais.

    Je n'aimais de l'école que les cours, lorsque le professeur était présent. J'abominais les récréations, les inter-cours, les couloirs. Partout où c'était facile de se faire brutaliser par un plus vieux ou insulter par un groupe plus fort physiquement, parce que visiblement, ils n'étaient pas des lumières. J'abhorrais ces moments que je surmontais uniquement par le sarcasme, ou en plongeant dans mes bouquins, jusqu'à ce qu'un autre de mes congénères me l'enlève et le balance quelque part. C'était drôle, avec le recul, de se dire qu'on était un des « losers » de l'école, et de se reconnaître en le pauvre type aux cheveux plaqués en arrière qui se retrouve bien trop souvent la tête dans la cuvette des toilettes ou humilié par toutes les stratagèmes possibles. Je pensais de moins en moins à cette période de ma vie, bien que je ne pourrais jamais l'oublier. Néanmoins, Lucy demeurait présente dans mon esprit, pour une simple conversation que l'on avait eue, sur les marches de l'escalier de l'école, alors que j'attendais Enzo qui avait été retenu par son professeur, à ses dires. Une bande de garçons que je connaissais que de noms était présente, je m'étais assis à l'écart, en haut de l'escalier, alors qu'ils discutaient une dizaine de marches en dessous. Lucy était avec eux, se faisant charrier par ces gamins. Je l'observais, intrigué. Leurs moqueries auraient vexé n'importe qui, mais elle, elle riait, et jouait de leur jeu. Elle les manipulait, elle s'en faisait des alliés, elle était tellement plus forte que n'importe qui dans cette école, elle avait si bien comprit le principe de la vie, que ça m'en époustouflait. Finalement, ils avaient changé leur jeu, se rabattant sur « Jude Ersley ». Des remarques acerbes que j'avais ignorées, me contentant de les dévisager sans ciller. Ils n'avaient pas eu l'occasion de se fâcher d'un comportement si « provocateur » de ma part, qu'elle les avait stoppés, prenant audacieusement ma défense. Difficile de l'oublier, comment elle les avait gentiment rembarrés, sans les froisser, juste en les charmant, et s'était approchée de moi, trébuchant sur une des marches de l'escalier, voilant sa chute par une sorte de pirouette qui faisait que c'en était juste beau, et m'avait prononcé ces foutus mots qui étaient gravés dans ma mémoire, parce que voilà que depuis ce jour, elle m'intriguait davantage :

    « S'ils t'embêtent encore, tu me le dis. Je vais leur régler leur compte, moi. »

    Son ton n'était pas dur, mais déterminé. Elle n'était pas méchante, il y avait cette pointe de plaisanterie dans sa voix, toutefois, ses yeux clamaient la vérité. Et, je l'avais crue, bien que jamais je n'avais été la voir. En aucun cas j'avais présenté mes problèmes à qui que ce soit, et en fait, je m'interrogeais sur le fait que les membres de ma famille puisse être au courant. Lorsque j'entrais chez moi avec un œil au beurre noir, je trouvais toujours le moyen d'inventer n'importe quoi pour cacher l'inavouable. Quant au reste, c'était aisément dissimulé. Le pire, je crois, avait été Alexander dans ma scolarité. C'était toute une histoire basée sur Chiyo, en fait. Sa rage envers elle était des plus flagrantes, déjà que l'oiseau était connu pour être particulièrement violent. Je n'avais jamais eu à le côtoyer, et j'en remerciais le Ciel. Néanmoins, paradoxalement, je l'avais provoqué. Refusant de voir cette petite chose sans défense et si faible comparée à un groupe d'adolescents cinq fois plus grands et costauds qu'elle être démolit. J'avais « porté le chapeau » pour elle, sans la connaître réellement. Je savais juste que c'était une copine de mon frère, mais même si elle aurait été la prochaine Hitler, je l'aurais protégée quand même, question de justice. Cette altercation-ci s'était plutôt bien passée, puisqu'un enseignant avait coupé court aux « gamineries ». Le plus marrant avait été les quelques jours plus tard, lorsque j'avais surpris Alexander se vanter d'un coup « sanglant » qu'il préparait. J'avais été faire mon rat, ma taupe, avertissant le Directeur, sachant pertinemment que ça ne marchait jamais avec les professeurs. C'était la première fois que j'osais vraiment aller voir quelqu'un que j'estimais et respectais rien que par son grade. Le but de la visite avait sans doute inhibé ma timidité. Combatif, je l'avais convaincu de tout stopper et en quelque sorte, j'avais eu le sentiment d'avoir sauvé ma mystérieuse voisine. Le revers de la médaille avait été une semaine plus tard, où Alexander et sa troupe s'était tellement vengée sur moi que je me demandais encore comment j'avais réussi à rentrer chez moi. J'avais prétexté m'être fait renversé par une voiture, et étonnement, mes parents avaient gobé l'affaire, pestant contre ces conducteurs fous qui roulent trop vite et qui auraient faillit tuer leur fils.. Amusant, lorsqu'on se dit que ce n'était pas une machine mais des humains « nus » qui avaient été à l'œuvre. J'étais resté alité pendant une bonne partie des vacances d'été pour me remettre sur pied, ce qui ne m'avait pas réellement embêté, pour être honnête, puisque je ne mourrais pas d'envie de me balader dans ces chères rues de Los Angeles. Personne ne s'était posé de question et la bagarre avait été gardée secrète. Je m'en étais remit, et plusieurs années plus tard, Chiyo avait découvert le pot-aux-roses de cette histoire. Elle devait être la seule, avec moi, Alexander et ses amis à connaître la véritable version de l'histoire. Bien qu'il y avait eu aussi l'épisode mystère de Lucy, qui, avertit par X personne, avait fait le trajet jusqu'à la demeure des Ersley pour... Moi ? Elle m'avait longuement regardé, comme si elle pouvait plonger dans la première blessure, se noyer dans mon sang et en extirper toute la vérité. Elle avait finalement longuement monologué, alors que, timide et surpris, je n'articulais le moindre mot. Mais j'avais tout retenu, surtout cette dernière phrase :

    « Le truc, c'est que quand tu sens que tu vas penser à quelque chose que tu ne veux absolument pas penser parce que ça te rend triste ou n'importe quoi d'autre, c'est de te bloquer tout de suite, et de penser à autre chose. Dès que tu sens que ça arrive, tu stoppes tout. »

    Son ton léger m'avait frappé, elle racontait cela comme si ses maux n'avaient été qu'une mauvaise note à l'école. Pourtant, encore une fois, ses yeux parlaient pour elle, et en quelque sorte, à l'heure d'aujourd'hui, je vivais sous la doctrine de ces paroles-ci. C'est d'ailleurs pour cela que je ne cessais de penser à cette fille que je n'avais pas revu depuis pratiquement une dizaine d'années. Simplement pour ses paroles, et sa force, que j'espérais pouvoir imiter un jour.

    ***

    J'avais commencé le ménage de la maison, laissant tout le loisir à mon frère de décuver de sa soirée riche en alcool. Il y avait énormément de boulot à faire, de quoi faire grise mine, mais le fait de savoir que mon père ne rentrait pas tout de suite m'encourageait en quelque sorte. On dit toujours qu'on travaille mieux dans l'urgence, mais putain, c'est si bon aussi de se dire qu'on peut prendre son temps et avancer petit à petit. Le premier étage avait été totalement désinfecté de toute preuve de fête, ce qui laissait encore le rez-de-chaussée où un véritable cataclysme avait eu lieu, puis le jardin, que j'espérais pas si « endommagé », à nettoyer de fond en comble. J'étais sortit dans le but de prendre en compte les dégâts, qui s'annonçaient « amusants » à régler, si bien que j'avais finit par m'asseoir sur un transat du jardin, un soupir filant entre mes lèvres, fixant les bégonias résistants qui poussaient alors que ma mère n'était plus là pour s'occuper d'eux.

    Je reviens un peu sur Terre alors que j'entendais des pas s'approcher de moi. Par pure paresse, j'attendais que la personne s'approche. Une tape amicale sur mon épaule, Nick ne tarda pas à apparaître dans mon champs de vision. Je gardais le silence, laissant le soleil californien s'effondrer sur moi.

    « Dis-moi que tu pensais au menu du jour… »

    Je souris simplement, gardant le silence quelques instants. Je pensais à... Ne pas penser, comme Lucy disait. Je m'efforçais à ne pas penser à ma mère, à Kayla, à la maison, à la fête, aux bagarres qu'il y avait eu, à mes soucis avec Brittany, Gavin, Zadig, Soly, Meylinah, à l'état de Chelsea comme celui de Nick et de Desiree. J'essayais d'éviter de penser à tout ça, de ne plus me poser de questions, de ne plus m'inquiéter, juste vivre, enfin.

    « En ces temps durs, il nous faudrait des bons plats copieux de résistance. »

    J'étouffais un bâillement derrière mon poing. Inutile de vous dire que j'étais bien curieux de tout le manège qui s'était déroulé peu après la soirée, avec Chelsea propulsant mon cousin d'une belle droite vers une armoire de la maison, après avoir gratifié Desiree d'un crachat. J'étais curieux, mais je n'étais pas non plus du genre à tirer les vers du nez à qui que ce soit pour qu'il me raconte ses problèmes s'il ne le souhaitait pas. On m'avait forcé pendant plusieurs mois à évacuer les pourquoi des comment qui me rangeaient et m'avaient poussé dans une longue et sévère dépression dont j'avais souffert. Ça m'avait aidé, je le reconnaissais, mais j'avais aussi apprit qu'on ne peut forcer les gens à parler ; ça, au contraire, ça ne leur aide pas. On peut les conditionner pour qu'il le fasse, mais pas les obliger. Surtout qu'on sait tous que même sous les plus intenses tortures, on continue de taire les démons les plus destructeurs de notre être. Ainsi, je me consolais en me disant que je l'apprendrais bien un jour, que ce soit dans cinq minutes comme dans cinq ans, que ce soit par Nick, par Chelsea ou par un groupe de gazelles qui tapinent comme à leur habitude. Quoi qu'il en soit, un léger rire me prit sans raison valable soudainement, alors que je revoyais instantanément la scène du lancé de bouteille de Gavin jusqu'à sa tête d'ahuri fâché en apercevant des bouts de verre parsemant la pelouse. Dire que j'avais balancé une bouteille de rhum sur ce type, quelle cruauté... Pour la bouteille ! Je me retournais vers mon cousin qui devait me prendre pour un cinglé et riais de plus belle, articulant non sans peine :

    « Quand j'repense à la gueule d'Uttley ! »

    Je ne m'arrêtais pas de rire, possédé, imitant étrangement bien sa voix et son accent scottish dont il était si fier :

    « « Ça m'étonne pas de toi Jude ! Y a pas plus crétin ! » » Le pire c'est que je peux même pas regretter mon geste ! C'est juste... priceless. »

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MessageSujet: Re: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Ven 16 Juil 2010 - 19:31

A l'époque, j'aurais voulu que le lycée soit une formation interminable, à renouveler chaque année, sans avoir à se soucier des possibilités de quitter cet endroit, pour quelque chose de plus sérieux, d'inconnu. Un monde délimité du reste, comme si on franchissait une ligne sur laquelle peines, douleurs et tristesse étaient déposées, avant de s'embarquer pour une nouvelle journée qui promettait d'être riche en rebondissements. Pour ma part, l'envie d'aller en cours résidait principalement dans le fait que telle et telle personne serait présente, qu'un certain cours avait lieu ce jour là, et pas un autre. Je n'étais sérieux que dans les matières qui me serviraient à l'avenir, voyant les autres comme une perte de temps, compte tenu de la voie dans laquelle je voulais me diriger. Hormis le sport, j'ai toujours eu un penchant pour la littérature, où il me semblait apprendre bien plus que je ne pouvais le penser. Une simple phrase pouvait avoir un énorme impacte, fait que je repérais après réflexion, alors que les autres passaient au-dessus de ce qu'ils appelaient : détails. Mais dans l'ensemble, j'étais nettement plus branché sport, ce qui se remarquait par l'enthousiasme mis dans chacun des entrainements, et même chaque activité pratiquée. J'étais pas du genre capricieux, à vouloir sans cesse jouer au basket, parce que mes préférences étaient basées là dessus. J'aimais bien jouer au soccer, avec Jude par exemple, même si j'avais de la peine à suivre ses mouvements techniques, parce qu'il était bien plus calé que moi. Et puis, il y avait aussi ces deux filles que je fréquentais pour des raisons différentes. Aaliyah que j'ai toujours considéré comme une petite sœur, et avec qui je passais les trois quart du temps à déconner. Je me croyais encore fils unique à cette période, et je ressentais le besoin de veiller sur elle, de faire mon possible pour écarter ceux dont la mauvaise intention la visait. Il nous arrivait de trainer jusqu'à tard le soir, rien que pour résumer la journée, chose dont elle était l'auteur principal, étant donné qu'elle avait énormément à dire sur son entourage, leurs coups bas, les rumeurs, problèmes, et tout ce qu'il s'en suit. Elle se laissait rarement prendre par les émotions, étant de bonne humeur même lorsque le moral n'y est pas, ce que je remarquais sans vouloir comprendre plus qu'il ne le faut. Je savais très bien qu'elle viendrait me parler sans que je n'ai le besoin de la pousser, tout comme dans le cas contraire. On s'est juste bien trouvé. Il y a eu Gabrielle aussi, celle qui aimait revisiter le monde à sa manière, qui n'hésitait jamais à dire les quatre vérités en face, mais qui avait un bon fond, et une histoire si particulière, que j'ai pas pu m'empêcher de m'intéresser à elle, au point que la voir comme une seconde meilleure amie. On était dans la même classe, ça facilitait le contact, les activités ensemble, jusqu'à ce qu'elle s'ancre suffisamment dans ma vie, pour m'en rappeler à l'avenir. Ma première fois, et première relation qui m'a fait réaliser qu'on entrait dans la cour des grands, mais que ce n'était pas pour autant qu'il fallait se prendre la tête. Sans oublier les histoires dans lesquelles on s'embarquait généralement à plusieurs, suivant ce qu'il se passe. Si mes souvenirs sont bons, on était devenu le centre de conversation avec Jude, un vendredi soir, lorsque nos familles avaient décidé de se retrouver pour un souper, comme ils en avaient l'habitude.

Flashback.

Mon père m'appelle pour me prévenir qu'on doit passer la soirée chez les Ersley. Il a remarqué mon penchant à faire en sorte de ne jamais être présent, la preuve, je suis pas à la maison. Je suis quand même dans l'obligation de lui répondre, sinon il attaque sur mes points faibles, et il finit par gagner, parce qu'il était pareil à mon âge, et qu'il a une marge de ce côté. Je rentre me doucher, et me changer, en enfilant autre chose qu'un t-shirt ou un sweet. Une chemise s'impose, bien que ça me fasse chier, parce que j'ai l'impression de me retrouver chez des inconnus, devant qui je dois être présentable. La famille va être au complet, ce qui veut dire qu'on va plonger en pleine guerre mondiale, aux amourettes de nos grands-parents, tout ce qu'il y a de plus barbant lorsqu'on est adolescent. Évidemment le portable pourrait être de la partie, mais étant donné que certains sont dotés de yeux de lynx, on va vite se faire rappeler à l'ordre. Une fois arrivés chez mes cousins, on prend tous place au salon, après s'être faits tripoter par tout le monde, lançant la première grande conversation : les enfants grandissent. C'est la même chose à chaque fois, et je ne pense pas être le seul à ressentir ce déjà-vue, qui nous donne envie de rejoindre nos potes qui organisent des soirées un peu partout. En attendant, on a le droit à un résumé de notre enfance, et personne n'est mise à l'écart sur ce coup, ce qui vaut moqueries, éclats de rire, et légère honte pour les concernés de conneries hors normes. Bon, j'avoue que certaines discussions sont intéressantes, surtout lorsqu'il s'agit de nos parents dans des situations embarrassantes, alors qu'ils se plaignent constamment de nous. Le téléphone sonne, avant que mon oncle se charge de le faire taire, en y répondant. Soudainement, mon père quitte sa place pour le rejoindre, ce que j'observe avec attention. Une conversation prend place, alors que je ressers un verre de vin à ma grand-mère, qui plane depuis bien trop longtemps, pour que celui-ci lui fasse de l'effet. « Jude Ryan Ersley et Nick Declan Harrison, vous venez ici, et tout de suite. » On s'est laissé surprendre par cet appel qui était pourtant prévisible, d'après ce qui s'est passé dans l'après-midi. On se regarde avec Jude, comme si on se demandait ce que le sort nous réserverait, avant de rejoindre nos pères vers le couloir où est posé le téléphone, alors que les autres ont l'air intrigué de la situation. C'est mon père qui ouvre le bal, avant de se faire rejoindre par mon oncle, et j'avoue que pendant un moment, on a vraiment rien compris de ce qui était dit, étant donné les deux dialogues au même moment. « Depuis quand t'assommes des gens avec une radio cassette en plein visage ?! T'es immature, il te manque une case, ou les deux ?! Parce que le gamin à l'heure actuelle il a le nez pété, et t'as de la chance que ses parents aient pas répliqué ! » J'essaie de me justifier, mais à chacune des phrases que je prononce, je me fais remballer par mon père. « Et toi tu trouves rien de mieux à faire que suivre le mouvement, et lancer des bouquins sur les autres ? Bouquins qu'on va devoir rembourser… » Il est vrai que ça branchait pas Jude de s'embarquer dans une situation pareille, mais en voyant que je m'étais mis trois personnes à dos, en plein milieu de la bibliothèque pour un sujet basé sur la gente féminine, et en particulier celle qui m'entoure, il a essayé de m'aider. « Plus de portable, plus de Gabrielle à la maison, t'oublie le luxe pendant un bon moment. » « Mais putain ! Si tu prenais le temps de m'écouter… » Et rebelote, mon père prend le dessus. « T'as aucune excuse, alors tu vas te taire, et aller t'excuser demain matin auprès de Shane. » Elle est bonne celle là, et mon cul c'est de la mortadelle ? « Crève, je me rabaisse à ce genre d'enfoiré. Et si t'es pas content, fais ce que tu veux, j'en ai rien à foutre. » Je me taille de la cuisine, alors que le restant de la famille ignore tout de la conversation qu'on vient d'avoir. Je reprends place entre ma belle-mère et Enzo, alors que ma grand-mère se lance dans une question non réfléchie. « T'as engrossé une fille c'est ça ? Tu sais mon petit Nick, à l'époque, on n'avait pas ces bouts de caoutchouc, alors profite-en ! » Bordel, faudrait lui interdire les bouteilles à celle là. Je sais pas ce que Jude fout avec son père, mais je sens qu'on va se faire remballer jusqu'à l'heure de dormir.


Fin du flashback.


« En ces temps durs, il nous faudrait des bons plats copieux de résistance. » Si on s'inspire de la soirée d'hier, on a intérêt à s'enfiler un pouding pour le désert, au risque de se retrouver affamé en cours de route. Non sérieusement, j'aurais jamais pensé que les événements s'enchaineraient à cette vitesse. Moi qui voulais juste passer une bonne soirée, pour ne pas penser à ce qui s'était passé précédemment, je me retrouve au milieu d'une troupe dont les hormones sont en éveil. Je pense que c'est l'une des premières fois qu'on a exploité le jardin comme espace de combat, tout comme l'intérieur. Au final c'est la petite centaine de personnes qui a eu droit à un charmant spectacle entre gonzesses déchaînées, tout ça par ma faute, si résume le tout. « Copieux et simple à digérer. » De sous entendus, en sous entendus, on est bien parti pour se foutre le moral au plus bas, en tout cas de mon côté. J'ignore un peu ce qu'il s'est passé après le coup de bouteille sur le roux dégarni que je ne connais pas vraiment, mais vu que personne en a reparlé juste après, j'imagine que les esprits se sont calmés. Voilà que Jude part dans un fou rire que j'ai de la peine à comprendre. Faut dire que ça le prend pas souvent, et je vois pas ce qui aurait pu lui traverser à l'esprit. A moins qu'il soit content de faire le grand ménage… « Quand j'repense à la gueule d'Uttley ! » Ça s'explique, même si je ne connaissais pas son nom de famille, il est évident qu'il ne s'agit que du mec qui s'est ramassé la bouteille. « « Ça m'étonne pas de toi Jude ! Y a pas plus crétin ! » » Le pire c'est que je peux même pas regretter mon geste ! C'est juste… priceless. » Je souris, tout en visualisant la scène de l'endroit où je me trouvais, lorsque je ne sais quelle raison l'a poussé à balancer son projectile. En partant du fait qu'il était accompagné de Brittany, qui est proche de Jude, ça pourrait s'expliquer. Ouais, le coup du trio, ça a plutôt bien fonctionné hier soir. « Brittany a rapport avec tes envies tordues ? Ça me rappelle tes lancés de bouquins à la biblio' au lycée. A force de t'entraîner, tu t'en sors plutôt bien. »

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You laugh at all I know, welcome to my show, take a seat it might be a while I'm going to steal you smile. Please take these memories don't mess around, take what I have seen and burn it to the ground and all your misery. A flame put out to sea where wooden ships would never fare. So heaven help you way out there. Please take these memories don't mess around, take what I have seen and burn it to the ground, burn it down, burn it down, burn it down, burn it down into the ground © Colour of Clouds
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MessageSujet: Re: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Sam 17 Juil 2010 - 12:06

    Je me marre comme un demeuré, me revisionnant toute la scène, de la sérénité qui m'entrelaçait lorsque je lançais la bouteille de rhum dans une pure simplicité vers Gavin à la tête de ce dernier et ses acidités suivant. J'en étais fier, comme je ne regrettais pas d'avoir protégé Nick à coup de lancés de livres cette fameuse journée à la bibliothèque. Il y a des mises en situations qui ne méritent aucune réflexion, on agit simplement, instinctivement, sachant pertinemment qu'on a fait le bon choix et qu'on n'éprouvera le moindre remord avant un bon moment. Je savourais ce moment, peut-être parce que je le prenais comme une victoire, peut-être parce que cela m'avait libéré, d'enfin agir au lieu de me ramasser les coups sans émettre la moindre jérémiade. Je me vengeais, c'était lâche, puéril, mais si bon, que le goût demeurait irrémédiablement exquis. Nick vient directement au fait, évoquant Brittany, ma meilleure amie depuis mon entrée à l'université. Mon sourire s'évapore, bien que je tente de conserver ma bonne humeur.

    « Brittany a rapport avec tes envies tordues ? Ça me rappelle tes lancés de bouquins à la biblio' au lycée. A force de t'entraîner, tu t'en sors plutôt bien. »

    Je pourrais parapher pendant des siècles sur cette question. Un sourire léger apparaît alors que Nick ressasse le passé, mais mon esprit demeure sur le présent. Brittany avait complètement rapport avec mes envies tordues, c'était certain, inutile de se voiler la face et mentir à un cousin qui avait vite déniché le pot-aux-roses. Bien que tout avait commencé par le surveillant qui m'avait plutôt provoqué et que tout n'avait fait qu'envenimer rien qu'entre nous deux, le fait que Brittany entre dans cette danse morbide n'avait fait que tout exploser... Pour ma part. Gavin s'en fichait souverainement, Britt' aussi, visiblement. Elle constituait le parfait prototype de la fille aveuglée par l'Amour. Quoi que fasse le roux, il était triomphant, pur, honnête, parfait. Et puisque j'étais souvent dans l'histoire, j'étais ainsi le coupable, même si c'était moi qui, en définitive, me faisait insulter ou provoquer. J'en avais vite marre de cette situation. Pendant un moment, j'avais tenté d'ouvrir les yeux à ma meilleure amie, puis j'ai finit par comprendre que c'était dérisoire. Dans ces cas-ci, il faut les laisser souvent chuter et être là pour leur tendre un honorable kleenex, si l'envie s'y trouve. Puisque même si l'on se bat pour sauver son honneur et tenter de mettre l'autre à nu, on perd forcément et c'est contre nous que tout se rabat, si bien qu'au final, on se retrouve haït alors qu'à la base, on avait des raisons honorables d'agir de cette manière, et qu'on n'est pas le méchant de l'histoire, sans vouloir dresser un portrait manichéen du monde extérieur.

    Bien sûr, cela serait mentir que de clamer que cela ne me faisait rien. J'étais probablement jaloux, ou plutôt, vexé du fait que Britt' voue plus d'importance à un homme qui venait d'apparaître dans sa vie que moi qui avait été là depuis plusieurs années. Ça heurtait et brisait brutalement l'orgueil, l'amitié, et bien d'autres choses. C'est difficile, bien souvent, de se voir replacer au second plan par un nouvel arrivant. Si bien que la plupart du temps, on ne parviens à pardonner et on conserve cette animosité en nous, jusqu'à ce que tout s'effondre et qu'on perde notre amitié. J'ignore comment va se solder cette histoire entre Brittany et moi, tout ce que je sais, c'est que je veux m'en éloigner. J'ai la vie devant moi, et je ne souhaite plus m'arrêter sur ces histoires de conflits éternels et de bagarres. Je veux vivre à 100%, comme jamais je n'avais existé auparavant. Faire tout selon mon instinct et ne rien regretter, comme avec le coup de la bouteille contre le surveillant de UCLA. Je m'en fiche de ce que penserait les autres et de ce que je perdrais au final, tout ce qui m'importe, c'est que le lien qui me tient encore vivant dans ce monde ne se brise pas alors que je n'ai rien vu de ce dit monde. C'est mon unique souhait, désormais.

    « T'as visé juste, mais honnêtement, j'm'en fiche. C'était mon dernier coup, maintenant, je sors de son échiquier et me prépare à un autre jeu, qui me plaît bien davantage. »

    J'étouffe un bâillement et jette un coup d'œil au ciel qui s'annonce plutôt nuageux pour changer. Je redescends sur Terre, me remémorant la bataille qui avait opposé Chelsea à Nick ainsi que Desiree. J'ignore le pourquoi du comment de cette histoire, néanmoins, il y a bien quelque chose que je voudrais dire à son propos :

    « Tu sais, Nick, pour être sincère, je dois sûrement être le seul de Los Angeles à ignorer pourquoi Chelsea t'en veux, et je ne te demande pas de me le dire. Simplement, dis-toi que je serais prêt pour lancer des livres sur n'importe quel Shane. Et peu importe ce que tu décides de faire ou non, l'essentiel, c'est que tu l'assumes ou que tu le désires. Bien que, si on plonge dans la philosophie, on ne fait jamais rien sans le vouloir ne serait-ce qu'un peu au plus profond de notre être. Et puis, si tu crains les conséquences, dis-toi que quoi que tu fasses, il y en a toujours, et quoi qu'il arrive, elles disparaissent bien au bout d'un moment. Là tout le principe de la vie : l'éternel recommencement. »

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MessageSujet: Re: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Ven 23 Juil 2010 - 13:15

En comparaison avec la soirée d'hier, j'ai une nette préférence pour celle qui s'est déroulée au parc en début d'année. D'accord on n'était que trois, mais ce n'était pas le nombre de personnes qui importait, mais bien la manière de faire le vide, et de profiter d'un moment de « flottement » différent pour chacun d'entre nous. Ce n'est pas en buvant tout ce qui nous tombe sous la main, et en regardant les personnes susceptibles de nous faire plonger au centre du conflit, qu'on risque de passer du bon temps. Chelsea m'emmerde, on est tout ce qu'il y a de plus différents lorsqu'on y réfléchit bien, Crystel… je n'ai pas à me plaindre. Disons que c'est plutôt la situation inverse, même si après réflexion, elle a cette certitude de savoir tout à la place des autres, et que ça m'énerve. Desiree, ben je n'ai pas grand chose à dire, du moins tout se résume au comportement que j'ai eu vis-à-vis d'elle, et j'avoue que ça me met pas trop à l'aise non plus, parce qu'au final le jeu ne fait plus parti du contexte de base. Reste plus qu'à les mettre ensemble en plein milieu d'un jardin, de les laisser s'insulter dans le vent quelques minutes, et on est parti pour une bataille remplie de haine. Et puis faut savoir où se placer après, devant laquelle se mettre sans que l'autre soit prise d'incompréhension. Si je m'étais mis devant Crystel, elle m'aurait sans doute envoyé chier, et faut avouer que je passerais pour celui qui ne sait pas ce qu'il veut. Alors qu'en me mettant face à Callahan comme je l'ai fait, je pourrais pas davantage m'enfoncer, et compte tenu de la situation, c'est bien plus logique que je prenne son parti. Je sais bien qu'il y en aura pas beaucoup pour comprendre ce rapprochement, alors que je venais tout juste de rompre avec ma copine, mais comme je ne cesserais de répéter, Desiree à ce côté « légerté » qui met une touche de simplicité dans l'ensemble de ce qui s'est déroulé jusqu'à présent. Je dois sembler compliqué à suivre, et pour ne pas mentir, j'ai de la peine à me comprendre moi-même, lorsque je suis confronté à ce genre de situation. Il suffit qu'une personne dite de second rôle entre en scène, pour que ça perturbe l'entier de ce que je pensais solide. Il est évident qu'il y a un passé commun avec ce fameux second rôle, et rien qu'à l'idée de retrouver un semblant de ce qu'on partageait, m'a anesthésié. « T'as visé juste, mais honnêtement, j'm'en fiche. C'était mon dernier coup, maintenant, je sors de son échiquier et me prépare à un autre jeu, qui me plaît bien davantage. » Je regarde attentivement sa réaction, sans dire quoi que ce soit. En faite, c'était carrément logique qu'il s'agisse de Brittany en sachant que Jude est rattaché à elle, de la même manière qu'Aaliyah à moi. Apparemment, on est tous adepte au jeu, quel que soit la personne qui est principalement concernée. Jouer, parce qu'il y a une part d'adrénaline qu'on ne trouve pas ailleurs, et que tourner autour du pot devient une occupation qu'on prend le temps d'apprécier, surtout si on est en tête du jeu. C'est comme ça que je perçois les choses à l'heure actuelle, mais il semblerait que ce soit pas trop cette définition là qui colle avec ce que mon cousin, et je suis plutôt curieux de savoir ce qui se trame avec le roux au milieu, Uttley c'est ça ? « Du moment que t'arrives en tête de liste, sans te brûler pendant le parcours, et en ayant joué tout en finesse, estime-toi gagnant. Mais tu te venges de quoi dans l'histoire ? » Disons que je fais souvent attention à la manière de formuler mes questions, lorsque le sujet est plus ou moins délicat, contrairement à Jude qui sait parfaitement s'y prendre. « Tu sais, Nick, pour être sincère, je dois sûrement être le seul de Los Angeles à ignorer pourquoi Chelsea t'en veux, et je ne te demande pas de me le dire. Simplement, dis-toi que je serais prêt pour lancer des livres sur n'importe quel Shane. Et peu importe ce que tu décides de faire ou non, l'essentiel, c'est que tu l'assumes ou que tu le désires. Bien que, si on plonge dans la philosophie, on ne fait jamais rien sans le vouloir ne serait-ce qu'un peu au plus profond de notre être. Et puis, si tu crains les conséquences, dis-toi que quoi que tu fasses, il y en a toujours, et quoi qu'il arrive, elles disparaissent bien au bout d'un moment. Là tout le principe de la vie : l'éternel recommencement. » Je prends le temps d'ancrer chacune de ses phrases en tête, sachant d'avance qu'elles auront un certain impacte à l'avenir, qu'elles ressortiront à un moment donné, et je pourrais me dire qu'elles ont eu une bonne influence. Il est vrai que je me suis pas trop exprimé par rapport à ce qui s'est passé avant de rompre avec ma copine, même Aaliyah n'est pas au courant, et Jason a dû le savoir de Chelsea. Je regarde face à moi, avant d'entrer dans ma confession. « J'ai couché avec Desiree. Je l'ai voulu, et j'ai laissé tomber les conséquences sur le moment. J'étais focalisé sur l'envie de retrouver ce que je partageais avec elle, comme si le reste n'existait pas. Maintenant je me retrouve à la case départ. Je l'assume plus ou moins, mais il y a de l'incompréhension au milieu, et j'ai de la peine avec ça. L'éternel recommencement… comme tu dis, et je préfère lâcher ce qui me rattache officiellement à quelqu'un. Tout le monde est gagnant dans l'histoire. » Je sais bien qu'il me jugera pas. C'est ce que j'apprécie, et ce qui me permet de lui parler sans avoir à me justifier, ou à atténuer certaines phrases, pour pas que ça finisse en affaire d'état.

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MessageSujet: Re: when all you got to keep is strong, move along | jufy.   Jeu 5 Aoû 2010 - 1:05

    A l'issue de difficiles épreuves à surmonter, il y a un vieil adage ayant une soit-disant qualité d'encouragement narrant que « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. » Plus j'y réfléchis, plus je le prends au sérieux et lui attribue une certaine confiance. Il est vrai que l'on sort toujours plus « fort » des batailles, que l'on change à l'issue de tout obstacle et que l'on devient de cette manière plus favorablement armé en vue des prochaines. Il est véritable que l'on apprend systématiquement de ses erreurs et que les douleurs ont toujours une visée thérapeutique, qui n'apparaît que plus tard, lorsque notre tête est apte à y réfléchir convenablement plutôt qu'à se laisser atteindre par la douleur et le malheur invoqués par la faiblesse du moment.

    Cela semble peut-être stupide dit comme ça, mais cet été, j'ai l'impression d'avoir grandit, mûrit. En tout cas, je me sens différent. Je souffre certes encore de la disparition de ma mère, de ma romance avec Kayla et d'autres événements du même genre qui m'ont concernés de proche ou de loin, mais je parviens aujourd'hui à en tirer des faits plus bénéfiques, que je regrette même ne pas avoir découvert avant l'arrivée de ces malheurs. J'ai changé, oui. Je change tout au long de l'année, si bien qu'il y a une nette métamorphose entre celui que j'étais à mon arrivée à l'université et celui qui est assis aujourd'hui dans son jardin, que ce soit physiquement ou mentalement. Mais cette période estivale a été comme un autre grand saut. J'ai laissé beaucoup de temps se dérouler à broyer du noir en silence et me poser des questions sans réponses, et à l'heure d'aujourd'hui, bien que quelques unes restent toujours omniprésentes, je trouve un compromis et je parviens chaque jour à avancer dans la découverte de leurs solutions. Un processus évolutif permanent de bien-être et de changement, sans doute.

    « Du moment que t'arrives en tête de liste, sans te brûler pendant le parcours, et en ayant joué tout en finesse, estime-toi gagnant. Mais tu te venges de quoi dans l'histoire ? »

    Je réfléchis quelques secondes, avant d'articuler sans grande conviction, les sourcils froncés comme si ce que je disais était complètement dénué de tout sens logique :

    « De moi. »

    Je laissais s'abattre mon bras sur l'accoudoir de la chaise et, après avoir longuement observé l'herbe assoiffée du jardin, me décidais à clarifier mes propos :

    « J'ai découvert qu'en fait, c'était stupide. Je déteste Gavin, je vais pas te le cacher, mais je tiens à Britt. Je peux dire n'importe quoi à n'importe qui, je suis toujours affecté par n'importe quoi qui lui arrive, ou en l'occurrence, n'importe qui. Parce que j'aime pas Gavin, je me suis œuvré à vouloir lui ouvrir les yeux sur celui qu'il était. Sauf qu'elle le savait déjà, tout cela. Et la seule chose que j'ai réussi à faire, c'est perdre mon temps, ainsi que le sien. C'était égoïste et tout sauf amical de ma part d'agir de cette manière. C'est même vexant de son point de vue, puisque ça dénote d'un manque de confiance à son égard. J'avais peur qu'elle ne voit pas venir ce qui l'attendait, j'ai pas voulu la laisser partir, alors que mon rôle n'est pas de l'empêcher de vivre, mais de l'encourager à faire ses choix et l'épauler dans les moments durs. C'est pas à moi de vivre sa vie, la seule chose que j'ai le droit de faire, c'est d'être présent quand elle aura besoin de moi et d'être constamment tolérant. Sinon, c'est pas de l'amitié, c'est de la jalousie et de l'amertume. »

    Je chassais négligemment une sauterelle qui avait prit place sur mon bras et souriais faiblement à Nick. J'ignorais si ce que je disais avait un sens moral ou même logique, mais je me doutais que Maia adorerait que j'ai ce genre de raisonnement envers sa personne aussi. Je suis peut-être trop protecteur envers tout ceux qui m'entourent, et probablement cela est un bien vilain défaut. Pourtant, c'est tellement dur de se résigner à donner plus de « mou » aux autres lorsqu'on s'imagine les pires scénarii catastrophes rien qu'avec l'apparition de quelques nouveaux éléments. J'enchaînais ensuite sur le cas de mon cousin et en particulier son altercation de la veille avec une de mes meilleurs amies, pour écouter attentivement ses pensées du moment.

    « J'ai couché avec Desiree. Je l'ai voulu, et j'ai laissé tomber les conséquences sur le moment. J'étais focalisé sur l'envie de retrouver ce que je partageais avec elle, comme si le reste n'existait pas. Maintenant je me retrouve à la case départ. Je l'assume plus ou moins, mais il y a de l'incompréhension au milieu, et j'ai de la peine avec ça. L'éternel recommencement… comme tu dis, et je préfère lâcher ce qui me rattache officiellement à quelqu'un. Tout le monde est gagnant dans l'histoire. »

    Je m'efforçais à demeurer de marbre, ou du moins, pas aussi surpris que je l'étais intérieurement. Ça avait beau ne pas être la première fois que Nick jouait la carte de l'infidélité, le fait qu'il l'use avec Crystel, alors qu'ils n'avaient essuyé aucun soucis de ce genre à ma connaissance depuis leur date de mis en couple qui était encore plus ancienne que l'époque où j'étais avec Chiyo si mes souvenirs sont exacts, demeurait étonnant. Mais visiblement, Desiree constituait en un actrice de taille, et bien que Nick disait ne pas l'assumer totalement, il l'avait voulu, il en était conscient et cela, il l'assumait. Néanmoins, je n'arrivais à discerner avec précision la nature de l'incompréhension du milieu. Hésitait-il entre Crystel et Desiree ? Malheureusement, bien que Nick avait « de la peine avec cela », j'étais impuissant sur ce coup-là. A part l'écouter et peut-être le conseiller, je ne pouvais rien faire de plus, à mon plus grand regret. Je souris faiblement lorsqu'il avoua que tout le monde était gagnant dans l'histoire. Je savais ce que l'on pouvait ressentir lorsqu'on « perd » une personne ayant eu un rôle important dans notre existence sur une assez longue période. Je me rappelais aussi très bien comment Nick avait plongé dans une sorte de dépression nerveuse lorsque Crystel et lui s'étaient séparés précédemment. Et...Je pensais exactement pareil pour le moment, ne désirant pas m'attacher officiellement à qui que ce soit, trouvant cela plus sain et sécuritaire pour qui que ce soit.

    « On est deux de cet avis, mon vieux. »

    Je repensais furtivement à Blake. Bien qu'elle était en couple avec un autre homme, je m'étais transformé en le souverain des heures perdues et secrètes de sa vie. J'aurais jamais pensé être l'amant d'une femme en couple. C'était complètement salaud de ma part, surtout à l'adresse de son copain qui était un de mes chers amis. Pourtant, je ne pouvais m'en empêcher, n'ayant trouvé subterfuge ou volonté pour résister aux charmes puissants de la jeune McBride. Et... Il y avait Soly, aussi. Mais elle, je la laissais à Zadig. Ce qui était complètement hypocrite lorsqu'on pense que je vais bientôt m'envoler avec elle pour Paris. J'ajoutais toutefois à l'adresse de mon cousin :

    « En tout cas, si t'as envie de te changer les idées avec un névrosé ou n'importe quoi d'autre, tu sais dans quelle maison entrer. »
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