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« face the truth » parker&aaron

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MessageSujet: « face the truth » parker&aaron   Sam 9 Juil 2011 - 22:04




« it's been so long since you've heard the hurting words.
i care for you, and it's right this time.
forget your past, and see what is now.
even if you don't want to, you gotta face the truth.
you gotta face the truth.

not thinking of reality.
you make the most of your lies.
a broken heart comes crashing down,
from your stab from behind.
not willing to admit the truth?
just face the truth. »



    AARON – « Tu peux me rappeler pourquoi j’ai accepté de faire ça? »


Je traîne des pieds, nonchalant. Le son est faible, une friction minime contre le plancher poussiéreux du salon. Ma voix se porte fermement, et j’attends la réponse, en vain. Je jette un regard au divan et m’y laisse choir, par habitude. Les coussins se forment à mon corps et je soupire en réfléchissant à mon propre questionnement. Mes bras se terrent au fond de mes poches alors que mon regard se perd, ouvert sur la réalité, pourtant fermé derrière l’aspect vitreux qui s’en dégage. Une odeur m’étire de mon monde parallèle et j’émerge, comme dans un sommeil paisible. Mon corps se redresse, mes mains de nouveau libres se frottent faiblement, glissant contre l’humidité de mes paumes angoissées. Angoissées malgré moi. Je soupire bruyamment, pour chasser cette boule qui m’oppresse la gorge, qui m’assèche les lèvres. J’essaie de laisser planer une réplique, qui ne masque rien, qui dévoile un peu plus ma panique. Mais je joue le jeu, fièrement, en fixant la pizza qui se révèle sous ce couvercle en carton. La sincérité est ce qui se trame le plus dans ma remarque, parce que l’odeur me fait effectivement saliver et que mon ventre me murmure des supplices soudainement.

    AARON – « Oh right, t’offrais le souper. Fair enough. »


J’étire les bras, agrippe le couteau à pizza et agite la rondelle métallique contre la croûte gonflée. La vapeur s’échappe rapidement, le fromage déchiré en lamelles élastiques qui se brisent sous la tension. J’essaie de ne pas fixer les papiers qui traînent sur la table, abandonnés là volontairement. Des questions numérotées, des données encerclées. Je baisse le regard alors que j’abandonne mon action précédente, me glissant sur mon coussin, jusqu’à atteindre le sol, mon dos prenant appuie sur la base du divan. Droite et dure. Je glisse une jambe sous la table basse, mon second genou soulevé, sans raison autre que de supporter mon coude qui s’y appuie. Je me racle la gorge, incapable d’anticiper le genre d’interrogation qui prône son document scolaire. Je fronce les sourcils alors que le mot « psychologie » flotte dans ma tête, comme un ennemi potentiel. Comme un suspect. Je serre les dents, laissant l’air s’évader dans les fissures, difficilement. Un cours de psychologie, une initiation pour les raisons abordées en cours de justice. J’suppose que Parker déteste cette classe plus que moi, plus que tout même. Mais sur le moment, l’opportunité est tout ce qui brille dans ses iris. Je remarque enfin son corps qui s’écroule sur le tapis, face à moi. La situation l’amuse et je lâche une phrase supplémentaire, sachant pertinemment la réponse. Parker est prévisible, d’un cliché humain de curiosité. Parler d’elle, jamais. Parler des autres, toujours.

    AARON – « Et juste comme ça, j’vois pas pourquoi t’invente pas l’truc au complet, comme va le faire, eum, j’sais pas, le trois-quarts de ta classe… »


Mes doigts se glissent contre la croûte d’une pointe sélectionnée. Probablement plus grosse que celles avoisinantes, plus chargée. J’amène la pointe à mes lèvres, la mâchoire crispée contre la pâte moelleuse. Je mâche un moment, échappe un piment contre ma cuisse. J’essaie d’oublier le dilemme à venir, arrachant le légume à mon vêtement, la marque de sauce enfoui derrière la couleur noire de mon pantalon. Une assiette de plastique vole en ma direction, je soulève la main pour me protéger de la fausse attaque et fixe Parker. La bouche pleine - à déglutir sa première bouchée – elle me fait de ce regard, accompagnant le geste au silence pourtant évident. Sa pointe repose tranquillement au fond de son assiette jetable, déposée banalement contre sa paume gauche, soulevé devant moi, devant mon regard qui accepte avec orgueil. J'aggripe le rebord instable de la vaisselle éphémère et y étale mon morceau de pizza, comme un corps mou sans force. La farine de la croûte m’assèche le bout des doigts, et j’ai le malheur de frotter ma main contre mon pantalon, comme un gamin. Encore et toujours. Je rumine contre moi, contre la scène à venir. J’veux commencer, débuter maintenant, pour finir le plus tôt possible. Comme une torture incontournable. J’sais même pas pourquoi j’ai dit oui, à prime abord…

    AARON – « Et avant de poser tes 101 questions, just remember que j’ai – selon notre entente pré-établie – entièrement le droit de te les retourner. So, be careful blondie. »


J’affiche mes dents, pour dramatiser un peu ma remarque préventive. Juste le mot « blondie » alterne les traits paisibles de son visage et un rire nerveux se perd en chemin, alors que je m’ose à une seconde bouchée, aussi savourante. L’odeur m’apaise, mon crâne surchargé accepte la charge qui pèse contre mes nerfs. Peut-être parce que c’est Parker. Probablement parce que c’est Parker. Et même si j’lui dois rien, j’lui dois tout, en un sens. Je liche mon pouce, le soulageant d’une goutte brûlante de sauce tomate avant de pointer dans les airs. Mon index s’agite alors que les mots ne sortent pas encore de mes lèvres scellées, refoulées à tenir la mixture d’une pizza mâchée. Mes yeux s’alternent entre ma meilleure amie et l’objet de mes désirs. Un sachet de papier brun, mouillé de l’huile qui s’estompent des frites qui y gisent. Un repas purement malsain pour une conversation qui me rend malade de toute manière. Je baisse la tête en avalant avec presse, enchaînant avec les mots, impatient de l’incompréhension qui perdure chez Parker. Je prends une seconde pour souffler, faisant fuir l’air bouillonnant qui se refoulait dans mes poumons. La suite est un amas de mots qui apporte enfin logique à ses yeux, qui m’étire une respiration impatiente.

    AARON – « Passe-moi les frites please. Et tu peux commencer, pendant que j’suis encore volontaire. »

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MessageSujet: Re: « face the truth » parker&aaron   Ven 15 Juil 2011 - 23:36

      AARON - « Tu peux me rappeler pourquoi j’ai accepté de faire ça? Oh right, t’offrais le souper. Fair enough. »


    L’odeur de la pizza plane déjà dans l’appartement typiquement miteux d’Aaron alors que je ferme la porte derrière moi et que je m’approche de la minuscule table de salon qui semble traîner au milieu de la pièce et les yeux d’Aaron devant le bout de pâte me fait rire légèrement alors que j’installe le carton sur la dite table avant de m’asseoir face à lui en indien. Lui comme moi, nous savions que cette soirée allait probablement être riches en confidences, des confidences que je devinais d’avance qu’il ne voulait pas faire. Je repensais à ce cours de psychologie ridicule que j’étais forcée de terminée si je voulais finalement terminé mes études, avoir mon diplôme et exercer le métier d’avocate en toute paix. Je me souvenais encore du sourire ridicule sur les lèvres de mon professeur lorsqu’il nous avait annoncé qu’on allait jouer concrètement au psychologue, bien que plus que le trois quart de ma classe n’avait aucune intention d’exercer ce métier plus tard. Analyser quelqu’un dans notre entourage, quelle tâche chiante. Moi qui en avait marre de toujours me faire analyser, que ce soit par les psychologues ou les autres cons de mon entourage, je m’en voulais d’avance de savoir que j’allais faire subir le même supplice à quelqu’un. Et je savais qui allait être ma victime, depuis le tout début.

      AARON - « Et juste comme ça, j’vois pas pourquoi t’invente pas complètement l’truc au complet, comme va le faire, eum, j’sais pas, le trois-quarts de ta classe.. »
      PARKER - « Parce que j’ai le cobaye parfait avec qui travailler, pourquoi j’me casserais la tête à inventer des réponses? »


    J’avais offert un petit sourire innocent à mon meilleur ami, sachant pertinemment qu’il aurait de loin préféré me forcer à écouter un film carrément débile plus que de devoir se taper l’interrogatoire assez particulier que je lui avais préparé. Je connaissais Aaron, je savais qu’il était là à agir comme s’il était correct avec toute cette idée d’analyse psychologique, mais je savais que malgré tout, malgré les années passées depuis le moment où l’on s’était rencontrés pendant les sessions de thérapie de groupe de Bartowski, il n’avait pas appris à aimer les psychologues, peu importe leur degré de compétence dans le sujet. Je n’étais pas une psy compétente, je ne pouvais pas l’être, moi qui n’arrivait même pas à me comprendre, comment est-ce que j’étais censée travailler de façon à comprendre complètement quelqu’un d’autre? Oui j’étais curieuse et oui je m’étais toujours intéressée à la vie des plus complexes du jeune O’Connor, mais de là à faire une analyse complète de ses sentiments défectueux, c’était une toute autre histoire.

      AARON - « Et avant de poser tes 101 questions, just remember que j’ai - selon notre entente pré-établie - entièrement le droit de te les retourner. So, be careful blondie. »
      PARKER - « J’ai jamais promis que j’allais y répondre par contre. Toi toutefois.. »


    J’avais levé les yeux au ciel face au regard outrée du jeune O’Connor et je m’étais empressée de rajouter un léger « I’m kidding » pour m’assurer de ne pas perdre la collaboration complète d’Aaron. Manquerait plus qu’il refuse complètement de répondre à mes questions pour que je sois véritablement prise à inventer pleins de réponses inutiles. Mais je le connaissais assez pour savoir qu’il ne me laisserait pas tomber. Même si ça le faisait chier, je savais qu’il répondrait à mes questions, du moins jusqu’au moment où il en aurait assez. Pointe de pizza sur les genoux, j’avais pris une nouvelle bouchée, me concentrant plutôt sur le goût de la pâte dans ma bouche plutôt que de repenser encore et encore à ce concept débile que j’avais préparé pour ce soir. Autant il semblait nerveux à l’idée que je lui pose des questions, autant j’étais nerveuse de lui poser les dites questions. Je me savais ridicule avec la seule et pauvre idée que j’avais eu, pourtant, il allait devoir faire avec parce que je n’avais absolument rien d’autre sous la main.

      AARON - « Passe-moi les frites please. Et tu peux commencer, pendant que j’suis encore volontaire. »
      PARKER - « There. Et je t’avertis, j’ai mis longtemps avant de trouver le concept, alors te moque pas. J’te poserais pas 101 questions comme tu dis. Because I don’t need any question to know that you’re emotionally messed up. »


    Je lui avais le sac de frites doucement alors qu’il l’avait attrapé sans aucun problème et je m’étais soudainement sentie nerveuse, sachant qu’il me fallait commencé maintenant. J’avais de nouveau déposé ma pointe de pizza au fond de mon assiette en plastique avant de la mettre à mes côtés sur le sol et je m’étais tournée légèrement pour attraper une boîte que j’avais laissé cacher derrière mon dos. La boîte n’avait absolument rien de bien extraordinaire. C’était seulement un souvenir pourri d’un cadeau pourri que ma mère m’avait offert pour l’un de mes anniversaires pourri. Le couvert mauve, couleur que je détestais particulièrement, était noirci par mes coups de crayons volontaires et le fond creux était le seul avantage que j’avais pu lui trouver dans le but de mettre mes petits bouts de papiers. Les bouts de papiers qui allaient créer soit le plaisir ou la catastrophe de cette soirée au complet.

      PARKER - « Là-dedans j’ai plusieurs papiers sur lesquels sont écrits un seul mot. Et j’veux que tu m’dises pour chaque mot la première chose à quoi ça te fait penser. Ça peut être un souvenir, un sentiment - admettons que t’es prêt à reconnaître que tu sais à quoi ça ressemble - ou whatever. But you need to say something for each word, ok? »


    J’avais plongé ma main dans la boîte, prête à piger l’un des mots. Je savais que ça sonnait complètement débile comme concept, mais j’avais dans l’idée que ceux-ci pourraient m’aider à prouver qu’Aaron est cliniquement incapable de gérer ses sentiments et ses émotions correctement et qu’à partir de ses réponses, j’allais pouvoir prouver ma théorie. Mais il allait devoir être coopérant à ce sujet et j’espérais qu’il le serait. Je repensais à tous ces mots que j’avais mis dans la boîte, dont plus que la majorité était directement lié à lui. Des noms, des objets, des évènements. Je savais que pour certains, il aurait envie de me tuer s’ils venaient à sortir. Et pourtant, c’étaient ceux qui promettaient les réponses les plus intéressantes et les plus utiles pour mon devoir. Et peut-être que ça allait l’aider à y voir plus clair dans sa vie, une bonne fois pour toute.

      PARKER - « So let’s see.. Hum, pas trop difficile celui-là. Intense. À quoi tu penses si j’te dis intense? »
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MessageSujet: Re: « face the truth » parker&aaron   Lun 1 Aoû 2011 - 19:43

    PARKER - « Parce que j’ai le cobaye parfait avec qui travailler, pourquoi j’me casserais la tête à inventer des réponses? »
    AARON – « Cobaye? Cobaye? On dirait que j’vais être tranché en mille miettes avec des p’tits couteaux… »


Son sourire me panique presque, tellement la malice s’y imprègne. Je cligne des yeux et chasse l’image; actuelle et virtuelle. Pas besoin d’y penser, d’anticiper le désastre. Parker ne le sait pas encore, mais elle m’en doit une. Véritablement. Mes mains sont indubitablement moites et ma bouche salive en surabondance. C’est peut-être la pizza, l’odeur subtile de fromage gratiné qui m’harcèle les narines. Ma première bouchée est satisfaisante, même si mon estomac se contracte à deviner la prochaine heure. La boule de pâte descend péniblement au creux de ma gorge alors que l’écho de mes mots laisse en moi une marque indélébile. Cobaye. Une pauvre victime soumis à plus que supportable. Je redresse le coin des lèvres pour faire naître un sourire de combattant. Ma carapace englobe la pauvre victime. Je suis prêt. Plus que moins, jusqu’à preuve du contraire.

    PARKER - « J’ai jamais promis que j’allais y répondre par contre. Toi toutefois… I’m kidding »
    AARON – « You better. »


Sa posture aisée, ses muscles détendus. Des critères qui accumulent le malaise de mon propre être. Mon métabolisme qui contre l’attaque à venir, qui bouillonne de l’intérieur en dressant sur ma peau un frisson éphémère. Une deuxième bouchée, pour oublier. Retrouver le malaise d’un morceau brûlant qui glisse en moi comme une masse indésirable. La psychologie, un truc incompréhensible pour moi. Pour Parker également, tout compte fait. J’attrape le sac de frites, le papier imbibé d’huile, la vapeur qui se dégage de l’ouverture. Je chavire le contenant, accepte le contenu dans mon assiette de carton fébrile. Chacun de mes gestes est trop réfléchi, planifier pour sembler le plus naturel possible. Un échec lamentable.

    PARKER - « There. Et je t’avertis, j’ai mis longtemps avant de trouver le concept, alors te moque pas. J’te poserais pas 101 questions comme tu dis. Because I don’t need any question to know that you’re emotionally messed up. »
    AARON – « Petite question pour toi. Si une folle traite quelqu’un de fou, est-ce que ça, ça le rend pas sain?! »


Une frite s’écrase entre mes dents, un premier geste impulsif et exempt de nervosité. Je me passe une main sur la nuque, à la racine de mes cheveux. Là où un brin de sueur émerge pour me rappeler le malaise dans lequel je suis plongé. Mes cheveux épais me pèsent, et j’observe la longue chevelure incontrôlable de Parker. Je souffle entre mes dents serrées, heureux d’utiliser la comparaison pour me remonter le moral. Ça ne dure pas longtemps, une boîte plane devant mes yeux. Affreuse, par son aspect tellement négligé. Un couleur délavée, quelque chose de non-compatible avec sa propriétaire. Mon front se plisse et soudainement, la curiosité surpasse mon angoisse personnelle. Sa voix hasardeuse me ramène à ma meilleure amie. Délaissant l’objet des supplices qu’elle agite dans un son de papier froissé, avant de l’installer sur ses genoux. Loin de mon champs de vision, intercepté par cette table basse qui supporte notre souper, ses papiers et mes secrets bientôt révélés. J’suis encore un peu plus mal, mais j’écoute. Attentivement.

    PARKER - « Là-dedans j’ai plusieurs papiers sur lesquels sont écrits un seul mot. Et j’veux que tu m’dises pour chaque mot la première chose à quoi ça te fait penser. Ça peut être un souvenir, un sentiment - admettons que t’es prêt à reconnaître que tu sais à quoi ça ressemble - ou whatever. But you need to say something for each word, ok? »
    AARON – « Okay. »


J’approuve de la tête en même temps que ma tête s’agite d’avant en arrière, les traits neutres. J’voudrais savoir les critères qui l’ont poussé à choisir les mots, les raisons des lettres qui sont grossièrement étalées sur les papiers repliés. Mais je sais, inconsciemment, je sais. Elle me connaît trop, pour ne pas y avoir installé des mots précis. Histoire de rendre son devoir convaincant, de faire planer le malaise par un seul mot, un souvenir, un sentiment qui me hante. Peut-être que soudainement, j’en veux à Parker, d’une rage non-fondée. J’ai dit oui, après tout. Je frotte mes mains ensemble, paumes contre paumes, la friction laissant planer un son qui m’arrache un frisson bref et déchirant. L’assiette devant moi perd son attrait, son contenu délabré. Plus rien n’est appétissant, mais je tiens mon visage détendu, bien peu représentatif de mon petit être entier.

    PARKER - « So let’s see.. Hum, pas trop difficile celui-là. Intense. À quoi tu penses si j’te dis intense? »
    AARON – « Je… eum, job?! »


Mes poings tombent contre mes genoux. Jusqu’ici, j’ai réussi à tenir les sujets indésirables bien loin dans mon esprit. Mais ça ne fait pas partie du plan. Je devrais être impulsif, les pensées libérées. Ça n’est pas ça, bien loin de. Mon dos s’abandonne contre la base du divan, droite et rassurante. Mon genoux se redresse, servant d’appuie à mon coude nonchalant. Ma main gauche erre contre mon visage, mon pouce frôlant mes lèvres, pour chasser une trace de sauce qui n’existe pas. Pour masquer le tremblement de mes lèvres. Je formule dans ma tête, la logique de ce qui se trame entre nous, right now. Mettre en mots le schéma qui s’ose à mon esprit; mon plus grand défi, mes plus grands échecs.

    AARON – « Tu sais, ta technique, j’crois pas que ce soit très logique et puis, tu me connais trop pour savoir mes points faibles. Et vu que je sais que tu connais mes points faibles, j’sais à quoi t’essaie d’me faire penser. Et ça marchera pas… »


Ma phrase se termine en un souffle, léger et faible. Être face à une vraie psychologue, j’aurais droit à un contre-attaque. À une forme de réplique qui me donne tort, où qui lui donne raison. Quelque chose qui me laisse dans le vague et m’oblige à développer. Une frite se retrouve prisonnière entre mon pouce et mon index, fixée par mes yeux arrondis. J’attends qu’elle approuve, ou qu’elle objecte. J’attends quelque chose et tout ce qu’il y a, c’est la perplexité dans ses yeux. Mon cou s’abandonne vers l’arrière, mes vertèbres craquent avec un brin de soulagement. J’ouvre les lèvres, attends encore un moment et je m’ose. L’exemple est simple, si facile à agripper que le sérieux de ma théorie en perd presque pied. L’espace d’un moment, j’imagine que j’suis débile. Que je refuse les questions par peur, que le point cité n’est qu’une manière d’arriver à mes fins. Mais en situation inverse, Parker approuverait, comprendrait mon point de vue, et utiliserait la même porte de sortie, avec soulagement. La vérité, s’ose sur la pointe de ma langue, une dernière phrase qui m’oblige à baisser le regard, pour éviter la rougeur sur mes joues, l’alarme dans mes iris…

    AARON – « T’as dû voir ça dans tes cours de psychologie. Le truc de « si j’te dis de pas penser à un éléphant », la première chose à laquelle tu vas penser, c’est the fucking elephant. Et tu connais « mon » éléphant, alors j’trouve pas ça fair… »



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MessageSujet: Re: « face the truth » parker&aaron   Mer 3 Aoû 2011 - 23:32

      AARON - « Cobaye? Cobaye? On dirait que j’vais être tranché en mille miettes avec des p’tits couteaux.. »
      PARKER - « Merde, tu viens de gâcher le punch d’la fin O’Connor! »


    Je ne me prenais pas trop sérieusement, du moins pas pour l’instant. Je préférais encore cette ambiance stupide qui planait dans la place, sachant pertinemment que ça ne resterait pas aussi agréable tellement longtemps. Je connaissais mon meilleur ami, le tempérament du jeune O’Connor et cette tendance qu’il avait de ne jamais s’ouvrir quand c’était important, même avec moi. J’avais appris avec les années qu’il fallait généralement que je lui arrache les mots de la bouche, chose que je ne faisais pas normalement sachant à quel point c’était désagréable de se faire harceler sur des trucs sur lesquels on ne voulait pas s’exprimer. Mais cette fois-ci, c’était différent, plus grave. Et même si Aaron allait sûrement m’en vouloir à un moment ou un autre pour cette soirée, je me doutais bien que ça devait arriver. Et j’le faisais pas pour satisfaire ma curiosité, j’le faisais pour lui. Parce que j’voyais trop facilement que ce qui lui arrivait en ce moment, c’était plus qu’il était vraiment capable d’en prendre.

      AARON - « You better. »


    Je ris légèrement, pas vraiment inquiète à ce sujet-là. Je n’avais pas tellement de sujets sur lequel je pourrais faire de longues et pathétiques confidences à mon meilleur ami. Il était évident que certains noms me venaient à l’esprit, quelques secrets ici et là sur lesquels je ne souhaitais pas particulièrement m’attardé, mais je préférais me concentrer sur Aaron, sur ce que lui allait devoir me dire d’une façon ou d’une autre. J’étais loin d’être convaincue de la manière dont j’avais décidé de poser mes questions à Aaron, mais il était trop tard pour revenir sur ma décision. Je pensais à ma boîte derrière moi, à ces mots machinalement écrits sur de minuscules papiers. Des mots choisis spécialement pour activer sa mémoire sur des choses en particulier, des mots que je le savais provoquerait des réactions certaines chez mon meilleur ami. Et autant j’avais peur de provoquer les choses et de tout voir déraper, autant je me disais qu’il fallait que ça arrive tôt ou tard, et valait mieux que ça se passe rapidement.

      AARON - « Petite question pour toi. Si une folle traite quelqu’un de fou, est-ce que ça, ça le rend pas sain? »
      PARKER - « La ferme, tout le monde sait que t’es pire que moi. »


    J’avais ris, le tout dit sur un ton de plaisanterie. Je disais ça, mais dans le fond, j’en avais aucune espèce d’idée de qui était pire que l’autre. Ce n’était même plus un concours rendu là, tellement nos vies avaient atteint un espèce d’horreur sans aucun retour. Pathétiques, c’est ce qu’on était, autant l’un que l’autre. Peut-être que c’était la vie qui s’était drôlement acharnée sur nos propres sorts, ou peut-être encore que nous avions créer nos propres malheurs d’une manière ou d’une autre, j’essayais de ne pas trop m’y attarder de toute façon, ayant accepté il y a bien longtemps le fait que j’étais une condamnée des trucs minables parcourant ma vie. Ma boîte avait fait son apparition, les mots prêts à prendre place entre nous, à faire remonter les souvenirs du jeune O’Connor, sans que les choses ne se passent exactement comme je l’avais prévu, comme j’avais bien voulu l’imaginer..

      AARON - « Je.. eum, job?! »
      PARKER - « Ta job? Dis m’en plus.. »


    J’étais restée perplexe devant la réponse bien peu élaborée de mon meilleur ami, et pourtant je ne baissais pas les bras. Après tout, tout le monde savait qu’il était un putain d’accro à son travail et que ça ne pouvait clairement pas être bon pour sa santé mentale déjà assez mutilée comme ça. J’attends un développement alors que je peux voir clairement le regard de mon meilleur ami changer sous mes yeux. Je sais qu’il a compris ce que j’essayais de faire, il faut dire que j’étais pas vraiment subtile. Mais il en avait besoin, et moi aussi, et j’aurais vraiment aimé que pour une fois, il se laisse prendre au jeu et qu’il soit honnête avec lui-même. Ça aurait fait changement il me semble..

      AARON - « Tu sais, ta technique j’crois pas qu’elle soit très logique et puis, tu me connais trop pour savoir mes points faibles. Et vu que je sais que tu connais mes points faibles, j’sais à quoi t’essaie d’me faire penser. Et ça marchera pas.. »
      PARKER - « Come on Aaron, tu y penses juste là. T’es supposé être avec moi, pas contre moi. »


    J’étais pratiquement suppliante alors que je le voyais déjà s’enfuir. Je savais que malgré le fait qu’il avait répondu sa job, ce n’était pas réellement la première chose à laquelle il avait pensé, pas celle à quoi il aurait dû penser s’il cessait finalement de s’empêcher de penser à elle. Elle était de retour dans sa vie et je savais qu’il s’empêchait d’y penser parce que c’était trop difficile de gérer son retour avec une gamine sous les bras. Mais plus il allait éviter d’y penser, plus il allait éviter le sujet, plus dur ce serait pour lui d’affronter la vérité en face le moment venu.

      AARON - « T’as dû voir ça dans tes cours de psychologie. Le truc de « si j’te dis de pas penser à un éléphant », la première chose à laquelle tu vas penser, c’est the fucking elephant. Et tu connais « mon » éléphant, alors j’trouve pas ça fair.. »
      PARKER - « I’m sorry dude, mais tu voulais que j’fasse comment? J’pense vraiment qu’on devrait en parler, que tu devrais m’en parler en fait.. »


    J’avais baissé la tête, honteuse du fait que j’avais pitoyablement utilisé mon devoir comme une excuse pour finalement forcé Aaron à s’ouvrir à moi, lui qui arrivait pourtant à me parler normalement. Je m’en voulais de le forcer, moi qui aurait probablement péter une crise si la situation contraire était pour arrivée, pourtant, j’étais persuadée que je faisais la bonne chose, pour une fois dans ma vie. Nous n’étions plus les petits culs d’autrefois qui pouvaient se contenter d’un silence pour tout régler. Nous étions des adultes et la vie d’Aaron le forçait une fois de plus à grandir bien trop vite..

      PARKER - « J’crois pas que si j’t’avais demandé directement des questions au sujet de « ton » éléphant comme tu dis, tu m’aurais répondu sincèrement. T’aurais esquivé Aaron, comme tu fais toujours. And as much as I need answers for my project, I really think it would help you to talk about it. »


    Je n’avais toujours pas relevé les yeux vers lui, me contentant de sortir quelques uns des papiers que j’avais maladroitement plié et empiler dans cette horrible boîte. J’avais pris le soin de les déplier un par un, laissant trois mots prendre place à côté du premier « Intense » qui était sorti. De mon écriture généralement illisible, l’on pouvait trouver les mots « Gamin », « Enfance » et « Confiance » s’étendre sur la table. S’étendre parfaitement comme la vie d’Aaron, sachant pertinemment à quoi chacun des mots lui feraient penser au final. J’avais finalement levé mon regard sur Aaron et j’étais persuadée qu’il pouvait lire tout simplement dans mes yeux à quel point j’étais désolée. Clairement, cette idée était l’une de mes pires.

      PARKER - « I’m here.. »
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MessageSujet: Re: « face the truth » parker&aaron   Jeu 1 Sep 2011 - 17:19

    PARKER - « Merde, tu viens de gâcher le punch d’la fin O’Connor! »


Je devrais rire, mais aucun son ne traverse la barrière de mes lèvres. Je suppose que j’ai de la merde jusqu’au cou, piégé par ce qui s’en vient, piégé par ce passé qui me bloque. Je déglutis, déviant le visage. Loin de sa nonchalance, de son rire léger et inconscient. Une boule m’obstrue le ventre, me laisse cloué au sol, contre un tapis qui m’apparaît soudainement décrépît. Ma paume s’y frôle, attaqué de spasmes nerveux qui me font honte. La conversation s’enchaîne, s’éloigne, se rapproche. Tout tourne autour du sujet tabou, des conséquences de mes actes, des déluges de mes erreurs. Je sais que je dois jouer le rôle, un peu encore. Peut-être pour éviter le moment fatidique, ou simplement pour le retarder.

    PARKER - « La ferme, tout le monde sait que t’es pire que moi. »
    AARON – « Bartowski te disait ça pour te rassurer, et histoire de pas te vexer. »


Je lui offre un sourire, sincère mais tellement bref. Un souffle bruyant m’échappe alors que j’évite de nouveaux ses yeux impulsifs. J’ai pas vraiment le droit de ramener Bartowski au milieu de la conversation, mais la porte de sortie est trop accessible, alléchante. Pour une seconde, la terre cesse de tourner pour elle, pas pour moi. Mais ça n’aide pas, ni à elle, ni à moi. Alors je ne rajoute rien, et tais ce rire débile qui fait écho, encore et encore. L’ombre d’une promesse plane sur mes épaules et j’affronte la vérité. Celle que je ne m’avoue pas encore, mais qui s’impose d’elle-même. Un bout de papier, et j’essaie d’orienter le sujet loin de tout ça. D’elle, et d’elles. De cette nouvelle famille qui succédait à l’échec de l’ancienne. Un mot virevolte dans mon esprit, et j’agrippe. Désespéremment, je m’y rattache, laissant le terme s’évader de la prison de ma pensée.

    PARKER - « Ta job? Dis m’en plus… Come on Aaron, tu y penses juste là. T’es supposé être avec moi, pas contre moi. »
    AARON – « Oh, c’est tellement facile à dire ça! Tu veux qu’on parle de ta famille toi? Si j’te dis intense, tu penses à quoi?! Screw this. »


Je sais, quelque part, terré dans ma petite personne, que Parker a raison. D’une manière presque arrogante. Que sa logique surpasse la mienne. Mais la rage l’emporte, parce que c’est simplement plus facile. Mes genoux se redressent contre mon torse, une barrière supplémentaire à mes structures qui s’effondrent. Ma mâchoire se crispe, l’inconfort de mon être m’oblige à bouger. Alors une jambe s’écrase contre le sol, mes mains s’agitent dans les airs, sans direction, sans objectif. Créant une brise simplement de mes gestes hâtifs, pour camoufler mes malaises; physiques et psychologiques. Mon corps s’affaise vers l’avant, mes coudes cognant contre la table. Avec douleur, avec bonheur. Sentir quelque chose d’intense qui ne vient pas de l’intérieur. Facteurs externes qui rendent la chose impersonnelle. Mon visage se termine au creux de mes mains ouvertes, contre une peau glacée derrière laquelle mon sang bouillonne. Je me racle la gorge et j’écoute. Ses excuses, ses explications. Ce qui devrait détendre les choses entre nous, ramener l’atmosphère de confiance. Mais Parker n’est pas psy, et en tant que meilleure amie, je m’oblige à tolérer ses erreurs et ses pardons.

    PARKER - « I’m sorry dude, mais tu voulais que j’fasse comment? J’pense vraiment qu’on devrait en parler, que tu devrais m’en parler en fait.. »
    AARON – « J’ai pas besoin que tu fasses rien, Parker, alright? »


Ça sonne faux, des mots hasardeux au tremolo qui résonne à chaque syllabe. J’émerge de l’emprise de mes mains, toujours aussi moites, les lèvres presque craquelées de sècheresse. L’image de Tara s’ose dans ma tête et je ferme les yeux, durement, jusqu’à m’en donner mal au crâne. Pour changer de diapositive, pour faire fuir les tremblements visibles qui s’acharne sur mon corps fébrile. Je fixe la pizza, insatisfait. Et Parker parle, joue son rôle. Très bien, trop bien. Ça me rappelle que j’ai mal joué le mien, mal bougé mes pions, mal anticipé mes actions.

    PARKER - « J’crois pas que si j’t’avais demandé directement des questions au sujet de « ton » éléphant comme tu dis, tu m’aurais répondu sincèrement. T’aurais esquivé Aaron, comme tu fais toujours. And as much as I need answers for my project, I really think it would help you to talk about it. »


Un froissement de papier, je m’oblige à sortir de ma propre étreinte. J’observe les mots, un après l’autre, la vision floue et incapable de focusser rapidement. Je reste inactif, les doigts crispés contre mon crâne, accrochés à la racine de mes cheveux avec vigueur. Je n’accepte rien, rien de ce qui m’arrive. J’ai une vie de merde, de A à Z, digne de soaps américains débiles. Ma tête se balance de droite à gauche, j’ai presque l’air délinquant. J’suis dans mon univers à moi, quelque part où deux Aaron se déchirent – deux versions de moi-même – le bon, et le mauvais. Et je sais que Parker veut bien faire, être là pour moi, l’ensemble des deux sections distinctes, mais c’est plus fort que moi. Hurler, me vider les poumons. Mes joues s’empourprent, mon ton s’élance.

    PARKER - « I’m here.. »
    AARON – « J’SUIS PÈRE PARKER! PÈRE. ET FUCK, J’AI MÊME PAS EU LE TEMPS D’EN AVOIR UN! Alors j’fais comment moi, pour y arriver? Et peut-être que t’es « là », mais t’es pas « là », à ma place, alors essaie même pas. »


Mon dos s’abandonne de nouveau, jusqu’au contact du divan. Ma respiration est saccadée, vestiges d’un trouble intérieur. Rien ne va, rien n’ira jamais plus. L’étrange sentiment que la chute a fini sa course, quelque part au creux d’un ravin. Mes doigts se rabattent sur mes paupières closes, pour retenir les larmes qui n’y changerait rien de toute manière. Savoir que Parker est là, c’est tout ce qu’il me reste, alors je calme ma respiration. Je n’ose pas croiser son regard, et je parle. Faiblement, mais à voix haute. M’imaginant solitaire – un peu comme j’avais l’impression de l’être face au destin de la vie – je parle. À moi-même. Révéler honnêtement mes pensées, structurer le désordre de ma tête. Mon cerveau est catastrophique, aussi amoché que mon cœur qui palpite irrégulièrement dans ma poitrine.

    AARON – « Je l’ai vu, Parker. Et elle est tellement belle. Juste, trop belle. Et ça va paraître débile, okay, mais j’ai… j’suis juste paniqué. J’ai peur, peur de… de la briser… »


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MessageSujet: Re: « face the truth » parker&aaron   Mer 7 Sep 2011 - 23:13

      AARON - « Bartowski te disait ça pour te rassurer et histoire de pas te vexer. »
      PARKER - « Va t’faire foutre O’Connor. »


    Je tente un sourire, ça n’a pas l’air crédible. J’veux pas qu’on parle de moi, j’ai encore moins envie que l’on s’attarde sur Christophe Bartowski, sur mon ex petit-ami. J’arrive pas à croire que j’ai pu tomber aussi bas, que j’ai pu me laisser tenter par ce traumatisme qu’est l’amour. Ça ne finit jamais bien, je le savais parfaitement pourtant. C’était probablement de ma faute dans ma situation, mais j’essayais de ne pas y penser. À la place, j’me concentre sur Aaron, qui lui malgré le fait que la vie lui avait trop bien prouver que l’amour n’était qu’un synonyme de problèmes n’avait pas hésité à ouvrir son coeur de nouveau à Charlie. J’ai longtemps essayé d’me convaincre, pas autant que lui j’en suis persuadée, que Maia était réellement qu’une partie de son passé, qu’un souvenir, mais aujourd’hui, on réalise bien trop vite tous les deux à quel point ce n’est pas le cas. Peut-être que ça ne l’a jamais été après tout. J’en sais rien, je ne veux pas trop penser à sa place, mais il s’enfonce tellement et il oublie de m’emporter avec lui, pour que j’comprenne, pour que j’le suive. Et ça me fait mal de l’voir comme ça, sans même comprendre. Alors j’enfonce le couteau dans la plaie, sans vraiment le vouloir.

      AARON - « Oh, c’est tellement facile de dire ça! Tu veux qu’on parle de ta famille toi? Si j’te dis intense, tu penses à quoi? Screw this. »
      PARKER - « J’pense à moi. Ou encore à toi, faut dire que tu laisses pas ta place par moments. »


    J’réponds à la question. Il s’y attendait probablement pas, mais j’ai pas vraiment pu m’en empêcher. Intense, c’est le putain de mot que Noah utilisait toujours pour me décrire, pour décrire mes humeurs de chiens, pour décrire tous ces moments où ma « maladie » me rendait moins stables, moins pacifiques si on veut, j’en sais rien. Et j’pense à Aaron qui lui aussi a tellement de difficulté à contrôler toutes les émotions qui peuvent l’habiter, incapable d’en faire le tri, se coupant intensément de tout un moment tout en explosant avec cette même intensité celui d’après. On était probablement deux fous, deux fous qui s’étaient trouvés réunis pour mieux survivre à ce que la vie leur infligeait. Mais je sais que Aaron veut pas de moi et de ma folie à l’instant, pourtant, c’est pas ce qui m’empêche de m’incruster, d’en faire toujours un peu plus, d’en faire un peu trop. Si ça avait été n’importe qui d’autre, jamais j’aurais autant insister. Mais c’était Aaron, mon putain de meilleur ami et j’pouvais pas juste fermer les yeux sur la situation.

      AARON - « J’ai pas besoin que tu fasses rien Parker, alright? »


    J’lève les bras dans les airs, découragée. Je les laisse retomber à mes côtés, je retiens une réplique inutile. Les mots ont toujours été un surplus moins que nécessaire entre Aaron et moi et j’ai même plus envie de le convaincre qu’il devrait me parler, je sais qu’il le sait. Je lui ai dit une fois, c’est bien suffisant, il ne me reste plus qu’à attendre qu’il fasse le restant du travail, ce qui lui obstrue la gorge depuis trop longtemps, ce qui lui ronge la moindre de ses pensées depuis le jour où Maia c’est présenté devant sa porte avec une nouvelle plus grosse que tout ce que Aaron pouvait supporter. Et c’est maintenant moi qui allait devoir gérer avec les réactions que ça emmèneraient.

      AARON - « J’SUIS PÈRE PARKER! PÈRE. ET FUCK, J’AI MÊME PAS EU LE TEMPS D’EN AVOIR UN! Alors j’fais comment moi, pour y arriver? Et peut-être que t’es « là », mais t’es pas « là » à ma place, alors essaie même pas. »
      PARKER - « Non en effet, c’est pas moi qui ait mis ma petite amie enceinte juste avant de la laisser tomber! »


    Merde. J’ai pas pensé avant d’ouvrir la bouche, pas pensé que c’est pas du tout ce qu’il a besoin d’entendre. Je baisse les yeux sur la pointe de pizza devant moi, ferme les yeux et pour un moment, j’aimerais reprendre mes mots, sauf que je ne peux rien faire. Alors je relève la tête, croise le regard du jeune homme et mime un « Sorry » que je ne suis pourtant pas capable de dire à voix haute. J’essaie de trouver les bons mots, mais je sais que y’a aucun bon mot pour une situation comme celle-là, que malgré ce que j’essaie de me faire croire, y’à pas grand chose de concret que je puisse faire pour Aaron, pour l’aider. J’peux juste être là et l’écouter, l’aider à accepter ce qui se passe du mieux que je peux, même si je suis très loin d’être la mieux placer pour un tel rôle.

      PARKER - « J’veux t’aider Aaron, vraiment. Mais faut que tu commences à voir Tara comme un cadeau, pas une malédiction. Ça pourrait être pire, Maia aurait pu jamais te le dire. »


    J’sais que Aaron se considère pas particulièrement chanceux de le savoir un an plus tard, mais en même temps, il aurait pu ne jamais le savoir. Je n’ose même pas imaginer comment est-ce qu’il aurait pu vivre sa vie sans même savoir que quelque part, une petite fille portait ses gênes, qu’elle était une petite copie de sa personne. Je me demande étrangement comment ça se serait passé, si Maia était pas revenue comme elle l’a fait, si Aaron aurait finalement appris pour Tara un jour, par lui-même ou par sa fille qui aurait souhaité apprendre qui est l’homme qui l’a créé, sans même le savoir. Tant de possibilités sur comment ça aurait pu et ça aurait être, mais c’était aujourd’hui que tout se jouait réellement. Tara existait, Maia était de retour et Aaron devait vivre avec ce fait. Plus encore, il devait l’accepter et en tirer le plus de bénéfices possibles.

      AARON - « Je l’ai vu, Parker. Et elle est tellement belle. Juste trop belle. Et ça va paraître débile, okay, mais j’ai.. j’suis juste paniqué. J’ai peur, peur de.. de la briser.. »
      PARKER - « Écoute O’Connor.. J’sais pas quoi te dire. Tu sais aussi bien que moi que j’suis à chier avec les relations humaines et puis, j’connais rien des bébés. Mais j’crois pas qu’elle soit aussi fragile que tu crois.. »


    Mes phrases sont maladroites, mes idées peu précises. Je sais pas trop où je m’en vais avec ces idées, aucune idée de ce que je veux vraiment qu’il en comprenne, j’sais même pas quoi lui dire vraiment. Je suis simplement une présence en face de lui qui essaie de l’attraper du mieux qu’elle peut face à cette situation déstabilisante. Je me lève du coussin qui se trouve sous moi, m’approche d’Aaron toujours en restant debout, près de lui. Mon regard se pose sur le sien qu’il tient bas et je peux l’entendre soupirer. Ma voix s’élève de nouveau dans l’espace. On a oublié les frites qui trainent dans nos assiettes, la pizza qui devient froide. La conversation nous captive tous les deux, de manière effrayante et j’essaie d’être la plus sincère et douce que je peux. Mais la douceur, j’y connais absolument rien.

      PARKER - « T’as pas eu de chance avec ta première famille, tes parents, ta soeur. It sucks. Mais t’as la chance de recommencer à nouveau. Don’t screw it all just because you’re scared. »


    Je me laisse tomber à côté de lui et de cette manière qui est devenue un peu ma propre façon d’être réconfortante, je pose ma main sur son genou, comme pour lui démontrer physiquement que je suis présente pour lui, même si je sais que je ne peux pas prendre la situation en main à sa place. Je mêle mon soupir au sien, laisse le silence faire un peu de son oeuvre avant d’ouvrir de nouveau la bouche, laissant ma voix toujours si peu rassurée prendre place entre nous deux. J’apporte un nouveau problème, je redoute sa réaction. Tant pis, il doit savoir ce que j’en pense, vraiment.

      PARKER - « J’veux juste que les choses s’arrangent pour toi Aaron, whatever it means. Parce que je t’ai d’jà vu abuser de ta job, mais dernièrement, c’est pire que tout et je sais que ça un lien avec ta fille, et probablement sa mère aussi.. »
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« face the truth » parker&aaron

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